CHAPITRE IV
amis cinq cents cavaliers, mais comme c’était sur la demande des grands et sans la participation de la commune, le peuple s'inquiète et la commune les renvoie.
Arezzo, informée desévénemens de Florence, se soulève; Pisto'ia recouvre de même sa liberté et reprend Seravalle; 'Vollerre et plusieurs châteaux retournent à leurs anciens maîtres, ce qui a fait dire à Machiavel que Florence perdit en un jour son seigneur et sa domination.
Cependant l’évêque et d’autres bons citoyens avec les plébéiens font sonner la cloche du palais du podesta et réunissent un parlement pour réformer le gouvernement de Florence. Le parlement se rassemble armé dans l’église de Santa-Reparata, et avec le plus grand accord, élit quatorze citoyens, sept grands et sept plébéiens, leur donnant l’autorité de réformer la ville, de créer les charges, les lois et les statuts.
Cependant le duc est toujours assiégé, on combat jour et nitit, quelques-uns de ses agens sont pris et taillés en morceaux par le peuple ; les quatorze et l’évéque négociaient avec le duc, et au grand déplaisir du peuple quelques-uns d'eux entraient an palais assiégé. Mais le peuple refuse tout accommodement, à moins qu’on ne lui livre trois des agens du duc les plus exécrés, Asciesi et son fils et Cerreltieri. Le duc refuse d’abord, mais il est forcé par sesBourguignons à livrer les trois hommes ; les Asciesi père et fils atroces dans leur tyrannie passée, sont coupés en morceaux par le peuple exaspéré qui s'égare jusqu’à manger de leur chair crue. CerreUieri, la troisième des victimes, se sauva, car la fureur du peuple était calmée, et il s’enfuit, quoiqu’il ne fût pas le moins coupable des trois. Le 3 août enfin le duc SC rend; il remet le palais à l’évéqueet aux quatorze, sauf la vie des siens ; il renonce sous serment à sa seigneurie, et après avoir attendu trois jours encore que le peuple fût calmé, il sort du palais accompagné des Siennois et des citoyens nobles et plébéiens, et quitte Florence pour jamais.
Dés qu’il est parti, la ville s’apaise, les citoyens déposent les armes, défont les barricades, les paysans et les étrangers partent, les boutiques s’ouvrent et chacun retourne à
son tfavail. Admirons sans cesse cette plAbn flôreiitine qui reul la liberté, combat pour elle, se maintient forte, et qui . sait rentrer dans l’ordre dès que son but est atteint. j Cette révolution pourtant laissa après elle une vive agi- ! tation ; nous suivrons la crise jusqu'au bout en racontant les événemens qui furent la conséquence d’un si violent mouvement. i