‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 10 sur 155 · I.I-S VÉXf.TES · texte numérisé non relu

I.I-S VÉXf.TES

(nient ii mettre il profit ces dissensions pour fondre sur la république; la Vénétie maritime semblait être arrivée au moment de sa ruine; mais un peuple libre et doué d'énergie trouve toujours des ressources en lui-même , et une situation fâcheuse, qui parait devoir i'épuisor, détermine souvent sa régénération complète. C'est dans ces graves circonstances qu'il fut résolu que l'assemblée générale de la nation se réunirait à Héraclée pour remédier au danger dont l'État était menacé.

Ou était principalement irrité contre les tribuns, qui dans l'administration des affaires publiques n'écoutaient que leur ambition ou leur intérêt personnel ; d’un autre côté, on trouvait trop faible ce pouvoir divisé entre tant de mains, et l'on sentait le besoin de changer une forme de gouvernement qui maintenait la liberté, il est vrai, mais qui compromettait l’indépendance nationale. Christophe, patriarche île (ira do , ouvrit l'avis de concentrer le pouvoir suprême entre les mains d’un magistrat nommé à vie , à qui l’on donnerait , non le litre de roi , mais celui de doge [dus, chef) , qualification qui, excluant toute idée de royauté, indiquait seulement un grade militaire équivalent â celui de général. Cette proposition fut vivement accueillie , on procéda sur-le-champ à l’élection du nouveau chef de la république. Il fallait tout l'excès du mal causé par une démocratie turbulente pour produire une révolution si radicale parmi des hommes qui, jusque-là, s’étaient montrés si jaloux de toute supériorité permanente conférée à un de leurs concitoyens.

Page 1