‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 102 sur 155 · GUERRE UES USCOQUES · texte numérisé non relu

GUERRE UES USCOQUES

ni les dîmes, ni le produit des capitaux engagés dans un grand nombre d’entreprises; et pourtant il ne formait que le centième de la population totale! Une telle situation était intolérable : elle eût hâté la chute de la république , comme elle a causé la mine de l’Espagne ’. Quoique Venise approchât de sa décadence , ce ne fut pas le seul avantage dont elle allait avoir à se féliciter.

Les invasions consécutives des Turcs avaient réduit nombre d’habitants de la Croatie , de la Dalmatie et de l’Albanie à chercher un asile sur des points à peu près inaccessibles du littoral de l’Adriatique. Ces Uscoijues’ , ainsi qu’ils s’appelaient , et l’histoire leur a conservé cette désignation , retirés dans la forteresse de Klissa , non loin de Salona , furent accueillis à Segna , petite; ville du golfe de Quamero, par le comte Frarigipani, seigneur feudataire du roi de Hongrie, puis placés sous la protection de l’archiduc Charles de Gratz. Privés de toute espèce de ressources, pour subvenir à leur subsistance ils se firent, les uns bandits, les autres pirates, et l’Empereur les considéra bientôt comme d’utiles auxiliaires contre les bandes de Martoloses qui infestaient ses frontières du côté de la Turquie. Les courses des Uscoques ayant porté une grave perturbation dans le commerce maritime des Ottomans, une escadre partie des rives du Bosphore vint ruiner l’établissement de Klissa, et les vainqueurs ne s’en seraient même pas tenus à cette insuffisante répression si Segna n’eùt été immédiatement approvisionnée et fortifiée par l’archiduc d’Autriche. Jusque-là Venise avait fermé les yeux sur les déprédations de ces forbans, dont ses navires marchands n’avaient que fort peu à se plaindre , et les croisières du golfe s’étaient bornées à quelques expéditions qui sans extirper le mal le réprimaient momentanément : faiblesse coupable , quand on considère que Venise se prétendait souveraine de l’Adriatique et seule capable d’y faire respecter la navigation. I.a Porte, qui voulait être délivrée de ces incommodes ennemis, envoya au sénat un de ses chiaoux, pour lui déclarer que si les Vénitiens ne voulaient ou ne pouvaient purger la mer, elle s’en chargerait elle -même. « Ou que Venise laisse la mer libre à tous, ou « qu’elle la tienne à l'abri des pirates » , tels étaient les termes du message. Afin de détruire tout soupçon de connivence , la Seigneurie donna ordre' à ses galères de courir sus aux Usçoques; on coula bas quelques-unes de leurs barques, dont on pendit les équipages ; mais lcsTurrs n’étaient pas encore satisfaits, et l’on finit par leur répondre que Segna étant sous la protection immédiate de l’Autriche, la république ne pouvait diriger une expédition en règle contre celte place. Alors les Turcs , irrités de la tolérance de l’archiduc , attaquèrent la maison d’Autriche par la Hongrie. Au milieu de ce conflit, les incursions des pirates devenaient

1. Il ne faut pas se le dissimuler, c’est h tr«r grande concentration (te U propriété entre les mains du clergé gui a liülé là décadence de l'Espagne ; ce sont les innombrables bénéfices attribués au clergé anglican sur le territoire irlandais (|ui plongent ce malheureux pays dans toutes les angoisses de la misère et de lu faim. La France est dix fois plus prospère depuis qu'elle a aliéné les biens de mainmorte.

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