LUI
Ll CONSUL GÉNÉRAL DAWKINS AU VICOMTE PALMERSTON. (Reçue le 15 septembre.)
Venise, 3 septembre 1848.
Milord ,
J'ai l'honneur de transmettre à Votre Seigneurie la copie d'une proposition faite par le gouvernement provisoire de Venise , de le\'er un emprunt de dix millions de hvres italiennes (environ quatre cent mille livres sterling), en vingt mille parts de cinq cents livres chacune, portant intérêt à cinq pour cent, et qui sera appelé emprunt national italien.
Cet emprunt servira à pourvoir à la défense de Venise et à soutenir Tinsurrection dans les provinces lombardo-vénitiennes qui doivent le garantir.
Le palais ducal à Venise , et toutes les œuvres d'art qu'il contient, et l'édifice appelé les Procurati-Nuove , dans lequel se trouvent la résidence du vice-roi et celle du gouverneur, seront engagés aux propriétaires d'actions comme sécurité pour le remboursement de l'emprunt.
Les quatre commissaires chargés de négocier l'emprunt ont déjà quitté Venise.
J'ai , etc.
Signé Clinton G. Diwkins.
(Annexe.)
PLAN DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE VENISE POUR FAIRE UN EMPRUNT DE DIX MILLIONS DE LIVRES ITALIENNES.
Venise, 31 août 1848.
Un emprunt national italien de dix millions de livres italiennes est ouvert. Cette somme est destinée à soutenir l'insurrection dans les provinces lombardo-vénitiennes, à défendre Venise, et, en maintenant l'indépendance de cette ville, à préserver l'honneur et la liberté de toute l'Italie.
La dette est acceptée et garantie par toutes les provinces lombardo-vénitiennes.
Le triumvirat, élu avec des pouvoirs dictatoriaux par l'assemblée du 13 août, s'engage pour Venise ; le citoyen César Correnti s'engage pour la Lombardie : il est , en vertu de la commission du 8 août, le représentant à Venise du comité de défense de la Lombardie, qui a concentré tous les pouvoirs du gouvernement lombard , et qui a déclaré, le 18 juillet, qu'il prenait sur lui-même et qu'il garantissait, concurremment avec Venise, toutes les dettes qu'il serait nécessaire de contracter pour la guerre de l'indépendance italienne.
L'emprunt est divisé en vingt mille actions de cinq cents livres italiennes chacune , portant intérêt au taux de cinq pour cent.
Toutes les personnes qui souscriront pour dix actions en recevront une en outre gratis; celles qui souscriront pour vingt
actions en recevront deux gratis et ainsi de suite proportionnellement.
I/intérôt à cinq pour cent par an sera pnyé tous les six mois, et, dans co but, les coupons ncccssaii-es seront fixés aux actions.
Le premier payement de semestre sera fait le 30 juin i8i9 par la banque centrale de Venise, et, dansles principales villes d'Italie , dans les maisons de banque ci-après désignées.
On payera aussi le même jour l'intérêt dû sur les actions , depuis le payement de leur acquisition jusqu'au 31 décembre prochain.
Le capital de cet emprunt sera payé aux actionnaires en cinq annuités, dont chacune sera de deux millions.
La première annuité sera payée à Venise le 31 décembre 1 852. Le 30 novembre de chaque année les quatre mille actions, qui seront remboursées au mois de décembre suivant, seront tirées à la loterie dans la Loggia de Saint-Marco , en présence du patriarche de Venise, de la municipalité et du président de la banque , et leurs numéros seront insérés dans la Gazette officielle. Les parts respectives de la dette seront plus tard réparties entre les diverses provinces.
Le palais ducal de Venise avec tous les chefs-d'œuvre et toutes les peintures qui l'ornent, et l'édifice des Procurati- Nuove, sont désignés comme gages de l'emprunt. Ils sont spécialement engagés par le gouvernement de Venise aux aclionnaires, et cet engagement sera enregistré dans le Conservatorato de Venise , et l'original déposé aux archives.
Quatre commissaires ont été choisis par le gouvernement pour réunir les vingt mille actions qui forment l'emprunt total; ce sont : le comte Giuseppe Giovanelli, le comte Giustiniani, le comte Freschi et M. Todros.
Ces commissaires recevront en argent le montant'des actions, et délivreront en échange des certificats temporaires qui seront signés par les trois membres du gouvernement de Venise et par M. Correnti, et qui porteront le sceau du gouvernement, A côté du nom de l'actionnaire, un reçu du payement sera signé par les quatre autres membres du gouvernement. Les certificats réguliers seront délivrés le plus tôt possible aux actionnaires en remplacement des certificats temporaires.
On inscrira, sur un registre ouvert dans ce but, les noms des
souscripteurs , et celui de la ville à laquelle ils appartiennent , a6n que la mémoire de ces dignes italiens, qui auront coopéré d'une manière si efficace à l'indépendance de la pairie, puisse être perpétuée.
Il est fait appel au patriotisme des éditeurs de journaux pour les engager à publier ce plan et à ouvrir dans leurs bureaux des registres, avant même l'arrivée des commissaires, afin d'accélérer et de faciliter le but de la mission.
Signé M an m , Graziani, Cavedalis.
LE CONSUL GENERAL DAWKINS AU VICOMTE PALMERSTON
(Reçue le 18 seplembre.)
Venise, 8 seplembre 1848.
(Extrait.)
L'embarquement des troupes sardes à bord de l'escadre sarde a été achevé le 5 courant, el ce jour-là les navires de guerre vénitiens qui étaient avec l'escadre sarde rentrèrent dans le port de Malamocco. L'escadre sarde reste encore mouillée devant l'entrée de ce port.
Hier matin, la frégate à vapeur française, l'Asmodée^ est arrivée de Trieste. Avant de venir mouiller en dehors du Lido , VAsmodée a rallié l'escadre sarde et a communiqué avec l'amiral Albini.
On croit ici généralement que d'autres navires de guerre français sont en roule pour venir, et que l'escadre sarde ne partira pas avant leur arrivée.
Il y a plusieurs Français résidant à Venise , dont quelquesuns ont mis beaucoup d'activité à soutenir la déterminalion des Vénitiens à leur résistance.
L^ CONSUL GÉNÉRAL DAWKINS AU VICOMTE PALMERSTON. (Reçue le 18 septembre.)
Venise , 9 septembre 1848.
(Extrait.)
J'ai reçu ce matin la visite de M. de Ricaudy, commandant de la frégate à vapeur française VAsmodée.
M. de Ricaudy m'a montré la copie d'une dépêche du ministre de France à Vienne , datée du 4 courant , adressée au consul de France à Trieste , annonçant que l'Autriche avait accepté la médiation de la France et de l'Angleterre, ce qui ferait probablement suspendre les hostilités.
LE CONSUL GÉNÉRAL DAWKINS AU VICOMTE PALMERSTON. ;(Reçue le 22 septembre.)
Venise, 12 septembre 1848.
Milord ,
J'ai l'honneur de vous adresser une copie de la note que je viens de recevoir du consul français d'ici , qui apprend que trois mille hommes ont reçu l'ordre d'embarquer à Toulon pour Venise.
J'ai, etc.
Signé Clinton G. Dawkïns.
(Annexe.)