LE CONSUL FRANÇAIS A VENISE AU CONSUL GÉNÉRAL DAWKINS
Venise, 12 septembre 1848.
J'ai reçu l'avis que le gouvernement français, ignorant l'acceptation de la médiation des cabinets d'Angleterre et de France, avait donné des ordres pour que des frégates à vapeur embarquassent à Toulon trois mille hommes de troupes pour être ensuite dirigées sur Venise, mais probablement elles n'arriveront pas, car je crois qu'on aura eu le temps de les retenir, la nouvelle de l'acceptation de l'Autriche ayant dû se connaître assez à temps à Paris pour changer cette disposition.
Je suis heureux de savoir que nos deux gouvernements marchent parfaitement d'accord.
Signé Vasseur.
LE CONSUL-GÉNÉRAL DAWKINS AU VICOMTE PALMERSTON. (Reçue le 2 octobre.)
Venise, 20 septembre 1848.
Milord ,
Le vaisseau français le Jupiter et la frégate la Psyché sont arrivés à Trieste dans l'après-midi du 15 courant. On ne connaît pas les ordres qu'ont reçus ces bâtiments , mais il paraît qu'ils s'attendent à des hostilités, car en passant près de l'escadre autrichienne , au large de Parenzo sur la côte d'Istrie , faisant route pour Trieste, le Jupiter s'est disposé au combat. Pendant toute la durée du samedi 16, VAsrnodée, frégate à vapeur française, qui était mouillée près duLido, s'est préparée au combat , et avait de la vapeur , prête à faire route au premier avertissement. Les Vénitiens en concluent que le» navires français se disposent à repousser toute
attaque que pourrait tenter contre Venise l'escadre autrichienne.
I.a frégate à vapeur de Sa Majesté, la Terrible^ est partie de Trieste , pour Corfou et Malle , le 15. Le vapeur français le Soloii a quitté Venise, pour rejoindre l'amiral Baudin , le 17 du courant.
J'ai, etc.
Signé Clinton G. Dawkins.
LE CONSUL-GÉNÉRAL DAWKINS AU VICOMTE PALMERSTON
(Reçue le 2 octobre.)
Venise, 1\ septembre 1848.
Milord ,
Le 13 au soir, mille deux cents hommes sont arrivés ici, une partie d'entre eux servait sous les ordres du i^énéral Durando, quand cet officier capitula avec les AïJtrichiens à Vicenco.
Ces troupes ont l'air martial et sont mieux équi[)ées que la plupart des corps de volontaires qui sont venus ici.
Venise renferme maintenant seize mille hommes qui sont soldés par le gouvernement provisoire.
Les dépenses journalières du gouvernement provisoire, pour tous les services, montent à 100000 livres italiennes, ou 3350 livres sterling, et, pour pouvoir y faire face , il a eu recours à un autre emprunt forcé de 5 000 000 de livres, environ 165 000 livres sterling, qui sera levé de la manière suivante :
Quarante des principales maisons de Venise garantissent 3 000 000 délivres, s'engageant à payer cette somme entre le 1"" juillet et le 31 décembre 18^9, et sur cette garantie la nouvelle banque de Venise va émettre pour une somme égale de papier-monnaie. Les deux autres millions seront émis de la même manière , et la garantie sera acceptée par une grande quantité de maisons qui ne sont pas encore désignées.
Je suis coQvaiiicu qu'on al'idce do proclamer prochainement la république, afin de se concilier le gouvernement français et de rendre plus certain le secours que les Véniliens attendent
de la France.
On a fait et on fera tous les efforts pour obtenir ce secours.
Toutes les hostilités entre les forts vénitiens de terre ferme
et les avant-postes autrichiens ont cessé, mais le blocus par
terre est maintenu aussi strictement que jamais.
J'ai, etc.
Signé Clinto> G. Dawkins.