LE CONSUL DE SARDAIGNE A VENISE AU GOUVERNEMENT PROVISOIRE
VENÈTE.
11 avril 1848.
Le ministre des affaires étrangères de Sa Majesté le roi de Sardaigne , auquel je me suis empressé de faire parvenir la note diplomatique du 28 mars dernier , m'annonce la reconnaissance officielle de votre gouvernement par celui de Sa Majesté , et il m'invite à conformer mes rapports à ce nouvel état de choses.
RÉSUME DUNE DÉPÊCHE DE M. CITADELLA, ENVOYE OFFICIEL DU GOUVERNEMENT VENÈTE AUPRÈS DU ROI CHARLES-ALBERT.
14 avril 1848.
.... 11 cite Tardeur des troupes piémontaises durant les engagements de Goito , Monzambano et Borghetto. 11 insiste sur
' Rebizzo , homme irès-inlelligent , très-lionnôle et très-dévoué à la cause iialienne, était intimement lié avec Manin. — Il est donc présumable que ce choix fut fait avec intention. — Les premières instructions de ce chargé d'affaires sarde lui enjoignaient déjà de pousser Venise à la fusion. Ainsi, dans le même temps qu'on envoyait une dépêche en apparence si amicale , on envoyait un ferment de discorde civile.
le courage du roi et de ses lils toujours au plus fort du feu quand il commence à bombarder Peschiera, non pour la prendre, mais pour tâter les dispositions des troupes autrichiennes. Le ministre, aj ou te-t-il , en exaltant les sentiments généreux du roi et de ses fils , lui fait entendre que le Piémont ne peut être indéfiniment guidé par un pur esprit chevaleresque , et qu'il attend une compensation de tous ses sacrifices. Il ne dit pas en quoi consiste cette compensation; mais beaucoup d'adhérents du roi font entendre ouvertement qu'on formerait du Piémont , du royaume lombardo-veneto , un royaume constitutionnel avec capitale à Milan. Ce projet trouve naturellement un obstacle dans la forme de notre gouvernement ; aussi sommes-nous vus d'un œil défiant. ... Nous avons été présentés au roi ; comme roi il paraît qu'il nous a bien reçus, cependant on nous assure que d'autres l'ont été mieux. 11 n'a touché aucune question politique, seulement il nous a fait quelques questions sur la marine, les troupes et le corps commandé par Zucchi (qui lui était dévoué) ; ses manières sont courtoises (du roi) , mais froides ; il a encore ajouté qu'il était venu secourir ses frères (mot de la proclamation), et ses dernières paroles ont été pour l'indépendance italienne. A la déclaration que nous faisions que notre gouvernement était disposé à seconder de son mieux les généreuses intentions du roi , il a répondu par un froid remercîment. Au résumé , ce mot de république lui déplaît, à lui, à ses ministres et à ses troupes. Celles-là surtout sont royalistes dans le sens le plus étroit de cette opinion. Le projet de former du Piémont, de la Lombardie et de la Vénétie un seul royaume plaît à quelques officiers génois et lombards, d'autres cependant manifestent un sentiment contraire, et préféreraient former des pays lombards et venètes un État seul et
A l'appui de ses impressions personnelles , Citadella joignait à sa dépêche le supplément de la Gazette de Parme du 11 avril 1848, contenant la note du 6 avril adressée par le ministre de la guerre sarde Franzini à M. Martini, chargé d'affaires du gouvernement de Milan près Charles- Albert.
Cette note indique que le roi, en reconnaissant le gouvernement provisoire de Milan, et en traitant avec lui, a entendu
avoir à faire à un pouvoir qui tirait son autorité de la force impérieuse des circonslances et de la haute opinion qu'on avait des personnes composant le gouvernement; mais Sa Majesté ne pouvait s*empêcher de remarquer que le droit de déterminer la forme de son gouvernement appartenait exclusivement au peuple qui, avec tant de bravoure, avait su se délivrer du joug étranger. Par cette raison (ajoutait la note), le roi désire que le gouvernement provisoire prépare dans le plus court délai possible la convocation de l'assemblée élective qui devra décider souverainement des futures destinées de ces belles provinces italiennes. Sa Majesté désire aussi que l'assemblée émane d'un système d'élection très-large et très-libéral , afin que ses décisions puissent vraiment être considérées comme l'expression la plus sincère de la volonté générale. Le gouvernement de Milan était invité à communiquer cette note aux gouvernements provisoires des autres villes de la Lombardie et de la Vénétie, et à ceux de Plaisance, de Reggio et de touteslesvilles qui signifieraient leur adhésion au gouvernement de Milan. De cette manière , Sa Majesté Charles-Albert exprimait le désir que la capitale lombarde fût le siège de cette assemblée.