‹ Histoire de la république de Venise sous ManinChapitre 34 sur 57 · MOTION DE HANOI A LA CONGRÉGATION CENTRALE VÉNÈTE · texte numérisé non relu

MOTION DE HANOI A LA CONGRÉGATION CENTRALE VÉNÈTE

Illustre congrégation centrale vénèle ,

Il y a déjà trente-deux ans qu'il existe dans le royaume lombard-vénitien une représentation nationale , puisque depuis trente-deux ans existent les congrégations centrales de Milan et de Venise, instituées dans le but et avec la mission de faire connaître au gouvernement les besoins et les désirs du pays.

Dans cette longue série d'années les congrégations centrales ne se sont jamais faites l'interprète d'aucun de nos besoins, d'aucun de nos désirs auprès du gouvernement, qui a dû croire conséquemment que nous n'avions ni désirs ni besoins et que nous vivions dans un complet bonheur, dans un parfait contentement.

Ainsi le gouvernement fut induit en erreur par le silence des congrégations centrales; car il est positif que nous ne sommes ni heureux, ni contents, que nous avons au contraire beaucoup de vrais besoins, beaucoup de justes désirs.

Ce silence des congrégations centrales vint de la crainte do déplaire au gouvernement ; mais cette crainte est injuste et injurieuse, car il est injuste et injurieux de supposer que le gouvernement ait accordé à ce royaume une représentation nationale dérisoire, qu'il ail trompé et qu'il trompe ce pays et l'Europe, en faisant des lois qu'il ne veut point qu'on observe, et poursuivant et punissant ceux qui entendent les observer.

Il est de notre devoir de respecter notre gouvernement. Celui qui le respecte doit penser qu'il désire la vérité, qu'il apprécie

ceux qui la lui font connaître et désapprouve ceux qui la lui cachent.

Il est temps désormais que les congrégations centrales se le persuadent, qu'elles se réveillent de leur long sommeil, qu'elles rompent leur long silence et montrent par des faits qu'elles comprennent la sainteté et l'importance de leur mission.

La congrégation lombarde s'est déjà réveillée et s'achemine dans le sentier du devoir. Un de ses députés a fait acte de bon sujet et aussi de bon citoyen en présentant à la susdite congrégation la note dont je joins ici la copie , dans laquelle, en constatant le fait irrécusable du mécontentement des populations, il propose qu'on nomme une commission chargée d'en rechercher les causes, d'en étudier les remèdes, et d'en référer. Si, comme je le crois, la motion est adoptée, elle devra produire des effets salutaires et empêcher peut-être de funestes collisions.

Cet exemple est digne d'être imité, et j'ai l'espoir qu'il le sera par cette illustre congrégation. Je l'en prie vivement dans l'intérêt de son honneur, de la prospérité nationale et de la tranquillité publique.

Signé Daniele Manin.

Enregistré, le 21 décembre 1847, n° 3352.

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