L. J. R. DIRECTION GÉNÉRALE DE LA POLICE
DANS LES PROVINCES VÉNÈTBS
Venise le 16 février 1848.
Note IL
Des nouvelles parvenues de Florence assurent que l'avocat Manin et Nicolô Tommaseo envoyaient des articles aux journaux de cette ville. Ceux de Manin donnaient communication des événements locaux et d'autres choses de simple narration , et ceux de Tommaseo traitaient d'améliorations, d'espérances et de demandes. Tommaseo envoyait des écrits à Vieusseux , lequel néanmoins se trouve aussi en rapports avec d'autres individus de Venise. Manin et Tommaseo sont très-répandus parmi les libéraux toscans, et on assure qu'ils entretenaient une correspondance avec un grand nombre d'entre eux.
En Toscane, on croit que l'agitation qui règne dans ces provinces est en grande partie l'ouvrage de Manin, même dans des vues privées , et l'on parle de conférences qui auraient ou lieu, le soir, dans l'étude Manin et Avesani, où seraient intervenus non-seulement le député provincial Nob. Morosini et le comte Mocenigo, mais aussi les adjoints municipaux Medin et Giustinian et autres, entraînés par les vives paroles de réformes de l'avocat Manin.
De plus , je suis informé que le comte D. G. Nani , auquel se rapporte ma note du 10 courant, n° £i£, est affilié à Florence avec les plus francs libéraux du pays et qu'il porte une cocarde, et une épingle qui représente le drapeau tricolore.
J'ai l'honneur de faire part de toutes ces circonstances à 11. R. tribunal criminel pour qu'il s'en serve utilement , mais
sous réserve , dans les investigations qu'il a commencées sur le compte des détenus Manin et Tommaseo.
Signé Call.
A l'Illustre Présidence de l'imp. Roy. tribunal criminel à Venise.