L. J. R. DIRECTION GÉNÉRALE DE LA POLICE
DANS LES PROVINCES VÉNÈTES
Venise le 21 janvier 1848.
Note I.
Deux autres lettres sont arrivées ici de Florence par la poste, une pour l'avocat Daniele Manin , l'autre pour Nicole Tommaseo, homme de lettres, et je me fais un honneur de les remettre incluses à l'Illustre Présidence afin qu'elle en fasse l'usage qui lui paraîtra le plus opportun.
En même temps il est de mon devoir de vous informer, que je viens de recevoir de Florence, par une voie confidentielle, la nouvelle que le parti modéré qui a ici pour chefs les avocats Daniele Manin , Jean Avesani , et Nicolù Tommaseo , homme de lettres, se trouve en parfaite relation et correspondance avec les exaltés de l'Italie centrale. On m'assure, en outre, que le mouvement révolutionnaire, qui a éclaté à Livourne du 6 au 7 courant et qui a amené l'arrestation de l'avocat Guerrazzi et d'autres complices, avait pour but de soulever toute l'Italie et de constituer un royaume dont on voulait créer roi le prince Charles-Bonaparte de Canino. Le vrai promoteur de cette tentative aurait été Mazzini , le chef si connu de la Jeune Italie qu'on soupçonne maintenant caché à Livourne , et Guerrazzi aurait agi d'accord avec lui.
L'Illustre Présidence aura à apprécier si la comparaison qu'a faite l'avocat Avesani , dans son instance du 14 courant, présentée à la congrégation centrale vénète , de notre gouvernement avec celui de Napoléon , comparaison tout à l'avantage de ce dernier, peut mériter une attention particulière , vu la possibilité d'une connexion entre les tendances des révolutionnaires de Livourne et le but auquel visait Avesani, en
Uivulgant ici son instance susdite dont une copie se trouve parmi les papiers saisis chez l'avocat Daniele Manin.
Signé Cali..
A l'Illustre I. R. Présidence du tribunal criminel à Venise.