‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 163 sur 177 · LIVRE CINQUIÈMK · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈMK

nietlro en lii;ne étaient victorieux de celte armée. Elle fuyait en désordre, laissant derrière elle son camp rempli de richesses et de munitions.

Ce i;rand et rapide succès décida du sort de cette mémorable campagne ; les combats livrés les jours suivants, terminés tous à notre avantage, eurent pour conséquence de nous rapprocher progressivement du but de l'expédition. La France préludait ainsi aux luttes glorieuses qu'elle devait soutenir sur la terre algérienne, que devaient parer d'un mémorable éclat tant d'épisodes héroïques. Alors commençait la longue série des dévouements admirables et des audaces généreuses qui allaient pendant quinze ans illustrer les guerres d'Afrique.

La nouvelle de la bataille de Staoueli consterna la population d'Alger. Sur la foi d'un premier récit, elle avait cru à la défaite des Français et demandait déjà que l'on coupât les oreilles aux prisonniers pour les renvoyer ainsi mutilés au roi de Fran(;e. Mais des fuyards formant l'avant-garde de l'armée en déroute arrivèrent bientôt et firent connaître la vérité. A les entendre, les Turcs avaient été trahis par les troupes kabyles et s'étaient débandés après avoir eu cinq mille hommes hors de combat. Comme pour confirmer la vérité de ces lamentables récits, ils ramenaient avec eux quinze cents blessés, pour lesquels aucun secours n'avait été préparé et qui reçurent les premiers soins d'un jeune médecin allemand captif à Alger et de quelques infirmiers improvisés, choisis parmi des barbiers juifs et maures.

Hussein-Dey était terrifié. Ignorant que le général de Bourmont avait résolu d'attendre sur le théâtre de sa victoire les transports, les vivres et les munitions qui lui étaient nécessaires pour entreprendre le siège d'Alger, il redoutait de le voir apparaître aux portes de la ville, protégée seulement par le château de l'Empereur, vieille construction du xiv" siècle, qu'il jugeait, il est vrai, imprenable. Il réunifie même soir ses ministres et ses princiitaux officiers ; la mise

en défense immédiate du fort fut décidée, et Ton y procéda pendant la nuit, tandis que des courriers étaient envoyés pour rallier les troupes éparses dans la campagne.

L'immobilité des troupes françaises, que la prudence du général en chef et un léger dissentiment survenu entre lui et l'amiral Duperré, par suite des retards apportés dans le débarquement des munitions, prolongèrent durant cinq jours, eut pour effet de rendre quelque confiance aux troupes du dey. Le 24 juin, elles vinrent attaquer les retranchements français sur le plateau de Sidi-Khalef, en avant de Staoueli. Mais, vivement repoussées, elles durent battre en retraite, poursuivies par la division Berthezène et la brigade Damrémont, jusqu'au delà d'un profond ravin où celles-ci purent, au milieu des plus redoutables périls et des plus graves difficultés, prendre une forte position' sur les hauteurs boisées qui forment comme un jardin autour d'Alger. C'est dans cette affaire que fut atteint de la blessure dont il devait mourir le lieutenant Araédée de Bourtnont, le second des quatre fds que le général en chef avait amenés avec lui. Il tomba en combattant frappé d'une balle en pleine poitrine.

Les jours qui suivirent furent signalés par des combats de moindre importance, à la faveur desquels le corps expéditionnaire put s'avancer encore dans la direction d'Alger. Enfin, le 28, l'artillerie de siège et les détachements du génie étant arrivés, toute l'armée reçut l'ordre de marcher sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle l'exécuta le lendemain à la pointe du jour. Le même soir, après une marche des plus pénibles, rendue singulièrement périlleuse par les attaques incessantes d'Arabes et de Turcs embusqués dans les nombreux défilés qu'il fallut traverser, l'avant-garde arrivait en vue du fort de l'Empereur, dernière et suprême défense d'Alger. Les apprêts du siège de cette forteresse commencèrent aussitôt par l'établissement de batteries qui, jnalgré plusieurs sorties de l'ennemi, purent ouvrir leur feu, le 4 juillet, dès l'aube, tandis que, dans la rade, une division

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