‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 162 sur 177 · LIVRE CINQUIEME. i'il · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME. i'il

l'KKMIKUES RÉSISTANCES D'HUSSEIN-DEY — L'ARMÉE FRANÇAISE MARCHE CONTRE ALGER — COMBATS DE STAOUELI, DE SIDI-KHALEL, DE DELY- IIJRAIIIM, DE CHAPELLE ET FONTAINE — PRISE DU FORT DE L'EMPERECR — TERREUK DE LA POPULATION — LE DEY OBLIGÉ DE CAPITULER — L'ARMEE FRANÇAISE ENTRE DANS ALGER LE 5 JUILLET — HUSSEIN-DEY DETR(iNÉ ET ENVOYÉ EN EUROPE.

Bien que le long blocus d'Alger eût singulièrement réduit les forces d'Hussein-Dey et affaibli son influence sur ses sujets, il était loin de se croire perdu. Les coups du sort semblaient impuissants contre son imperturbable confiance. Cependant, il avait vu depuis trois ans décroître dans des proportions inquiétantes la population turque, la seule qui lui lût dévouée. D'environ quatorze mille individus, le chiffre de cette population, décimée par la mort et l'émigration, était tombé à six mille. Le nombre des janissaires avait également diminué, ainsi que leur prestige. Les indigènes, longtemps courbés devant eux, commençaient à relever la tète, demandaient au dey chaque jour de nouveaux privilèges qu'il se voyait contraint de leur accorder. En même temps, autour de lui, parmi ses créatures et les membres de sa famille, se manifestaient des symptômes de mécontentement. Une conspiration fut même ourdie contre sa vie dans son palais. Les conjurés devaient, après l'avoir mis à mort, lui donner pour successeur un de ses parents, entrer ensuite en négociations avec les Français pour obtenir le maintien de la domination Inrcjue, et, s'ils ne réussissaient pas dans leur projet, faire appel à la médiation de l'Angleterre. Le complot fut découvert la veille même du jour où il devait éclater. Sept des principaux instigateurs payèrent de leur tête la part qu'ils y avaient prise ; les autres furent exilés; le dey se crut à l'abri de tout nouveau péril, convaincu que la France se lasserait bientôt de ce blocus inu-

tile et qu'il pourrait réorganiser ses forces et recommencer ses actes de piraterie.

C'est dans' ces circonstances qu'il apprit soudain que la Hotte fran(;aise venait de quitter le port de Toulon. Il envoya aussitôt des émissaires de tous côtés pour prêcher la guerre sainte et éveiller le fanatisme des populations. Les cheilvs les plus influents appelés à Alger y reçurent de riches présents; les imans furent invités à implorer l'assistance du Prophète. De grands préparatifs de défense furent faits du côté de la mer, des batteries formidables établies le long de la côte,' les accès du port fermés par des chaînes, et, dans le fond, des navires armés de canons. En revanche, les défenses du côté de la terre avaient été négligées: Hussein-Dey ne supposait pas qu'il pût être attaqué par là, et les contingents arabes, qu'il redoutait de nourrir et de payer, furent convoqués si tardivement que, lorsque la flotte française parut devant Alger, ils étaient encore à plusieurs lieues du rivage, attendant l'ordre de marcher en avant. Grâce à cette négligence, le corps expéditionnaire, en dé- i barquant à Sidi-Ferruch, ne trouva devant lui que des I forces insignifiantes. Il n'en fut pas de même toutefois quand les troupes qui le composaient commencèrent à s'élever vers les plateaux supérieurs sur lesquels ils devaient se fraver un chemin dans la direction d'Alger. J

Jusqu'au 18 juin, la campagne consista en une longue ' série d'escarmouches, en un feu continuel entre nos soldats et les cavaliers arabes qui se jetaient à tout instant sur les avant-postes, debout sur leurs étriers, ou penchés sur l'encolure de leur cheval, tenant en mains leur long fusil dont ils se servaient sans ralentir leur course. Mais, le lendemain, dès le matin, on rencontra rarmée turque fortifiée dans son camp de Slaoueli. Elle se composait d'environ cinquante mille hommes, commandés par Taga, gendre du dey, et les beys de Constantinc et de Tittery. A midi, les vingt mille hommes (|uc le général de Bourmont avait pu

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