LIVRE CINQUIÈME. i
chef. Il recourut même aux bons offices du consul d'Angleterre, qui ne craignit pas de se joindre au parlementaire quand celui-ci vint retrouver le comte de Bourmont. Mais le général écarta vivement tout essai de médiation et remit à Sidi- Mustapha un projet de capitulation dont quelques instants après Hussein-Dey dut écouter la lecture.
C'est à ce moment qu'il se sentit définitivement vaincu. Il n'essaya pas d'obtenir des conditions plus douces. Il demanda seulement que l'entrée des troupes françaises fût retardée de quelques heures. Pour prix de cette concession, il dut mettre en liberté sur-le-champ les naufragés du « Silène » et de « l'Aventure », qui furent conduits au quartier général. A dix heures, la capitulation était signée. Elle garantissait au dey sa liberté et ses richesses personnelles ; la même garantie était donnée à ses soldats et aux habitants d'Alger. L'exercice de la religion mahométane était assuré ; les troupes françaises devaient entrer dans la Casbah le même jour à midi.
Au camp français, on s'apprêtait depuis la veille pour cette entrée, et, à l'heure dite, les portes de la ville s'ouvraient devant l'armée, qui touchait au but de l'expédition après une campagne de vingt jours. Disons-le immédiatement à l'honneur de nos soldats et de leurs chefs, ils furent aussi modérés dans le triomphe qu'ils avaient été vaillants dans le combat. On n'eut pas à punir la moindre agression ni contre les personnes, ni contre les propriétés; les commissaires français prirent possession du trésor de la Casbah, qui s'élevait, en monnaies et en lingots d'or et d'argent, à quarantehuit millions six cent quatre-vingt-ijuatre mille cinq cent vingt-huit francs, sans compter les denrées, les munitions, les armes, les étoiles précieuses, les marchandises, et en rendirent compte fidèlement. Quand plus tard l'esprit de parti essaya d'imprimer une llétrissure à l'armée (jui avait conquis Alger et l'accusa d'avoir mis la Casbah au pillage, une enquête ordonnée par le général Clauscl, successeur du DAUDET. — Histoire de la Restauration. 28