‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 166 sur 177 · IIISIUIUL UE LA UESiALKAllUN · texte numérisé non relu

IIISIUIUL UE LA UESiALKAllUN

général de Bourmout, vint démontrer le caractère calomnieux de cette accusation et prouver que tous ceux qui avaient pris part à l'expédition en étaient sortis les mains nettes.

La prise d'Alger avait eu lieu le 5 juillet. Cinq jours plus tard, Hussein-Dey s'embarquait avec ses fennnes et ses serviteurs pour iSaples, où il prit terre le 31 juillet. En y arrivant, il apprit que le puissant monarque dont les troupes avaient précipité sa chute, chassé comme lui de ses États, errait fugitif et allait demander asile à l'Angleterre, comme lui-même venait demander asile à l'Italie. Du moins, avant cette catastrophe, Charles X avait osé déclarer, à la face de l'Europe et malgré le gouvernement britannique, que la France garderait sa conquête. En des temps moins troublés, un événement de cette importance aurait sufli pour rendre sa popularité au pouvoir le plus compromis. Mais, après les irréparables fautes du ministère Polignac, trop de passions étaient déchaînées pour que les cœurs pussent s'ouvrir aux émotions que donne la gloire ; la nouvelle de la victoire de nos armes passa presque inaperçue à Paris.

C'est plus tard seulement que la nation française devait connaître et apprécier tout ce que contenait cette victoire. A cette heure, elle était toute à son ressentiment; aucun des membres du gouvernement ne trouvait grâce devant elle, pas plus le roi que ses ministres, pas même le comte de Bourmout, qui venait d'être élevé au grade de maréchal de France, en même temps que le vice-amiral Duperré était fait amiral, mais dont la carrière était désormais finie. Après avoir eu l'honneur de planter sur le sol arabe, avec le drapeau français, le premier jalon de la civilisation, il devait à quelques jours de là, remplacé par le général Clauzel, s'éloigner obscurément, sur un navire étranger, de la belle armée qu'il avait commandée, à peine salué par quelques coups de canon que son successeur eut la générosité de faire tirer pour saluer son départ, et n'emportant d'autre prix de

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