LIVRE CINQUIÈME. il'J
que la France a connues; elle contenait en germe tons les progrès. Si le parti de la cour avait en plus de modération, le parti de l'opposition plus de sagesse, la maison de France régnerait encore sur cette nation. Sa chute, quelles qu'en aient été les causes, ne saurait faire oublier cette vérité.
Il faut ajouter que la Restauration eut l'art d'engendrer toute une admirable école d'hommes d'Etat et d'orateurs : ralleyrand, Richelieu, Decazes, Pasquier, Martignac, Laine, Eloyer-Collard, le général Foy, de Serre, Villèle. Sous son :ègne, les lettres et les arts fleurirent comme aux plus beaux emps de la Grèce. Les œuvres de ce temps n'ont pas été lépassées. Chateaubriand, de Maistre, de Bonald, de la \Iennais, Augustin Thierry, Sismonde de Sismondi, de Ségur, rhiers, Mignet, de Barante, Guizot, Yillemain, Cousin, Balanche, Paul-Louis Courier, Benjamin Constant, Laplace, Biot, Ampère, J.-B. Say, Cuvier, Champollion, Quatremère le Quincy, Sylvestre de Sacy, Arago, Cassini, Mathieu, ^lourens, Victor Hugo, de Lamartine, Alexandre Dumas, !lmile Deschamps, Mérimée, Alfred de Vigny, Casimir )elavigne, Béranger, Berryer, de Genoude, Vitet, Sainte- Beuve, s'illustrèrent à cette époque ou commencèrent alors eur carrière. Les peintres s'appelaient Gérard, Gros, Ingres, )elaroche, Delacroix, Horace Vernet, Léopold Robert, Ary khefi'er, Schnetz, Blondel ; les sculpteurs, Pradier, Bosio, Inde. Les choses de l'art et de l'esprit exerçaient un presige dont l'empire est aujourd'hui perdu. La société tenait ses issises chez M"" Récamier, chez la marquise de Montcalm, hez la duchesse de Duras, chez la marquise de Raigeourt, chez la marquise d'Aguesseau, chez M. Pasquier, hez le duc de Broglie, chez la duchesse de Mouchv, hez M. de Lacretelle, chez M""' Lebrun, chez le peintre iérard, chez Charles Nodier, chez M'"* Ancelot et dans cent utres cercles où présidait toujours quelque femme remar- (uable.
[{appeler ces illustres noms et les glorieux souvenirs UAi'DET. — Histoire de la Restauration. 29
qu'ils évoquent, c'est dire que jamais la vie intellectuelle de la France n'avait eu un aussi saisissant éclat. C'est là un titre de gloire pour le gouvernement à l'ombre duquel tant de talents et de grâces purent s'épanouir, un titre inoubliable qui doit aider à défendre devant la postérité un temps et des hommes pendant de longues années calomniés et sur lesquels nous avons voulu dire la vérité dans ces pages nnpartiales.