‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 83 sur 172 · DISCOURS DU TRONE · texte numérisé non relu

DISCOURS DU TRONE

celles de ses talents et de ses serrices. Si cette loi salutaire exigeait une augmentation dans le budget du ministère de la guerre, interprèles des sentiments de mon peuple, vous n'hésiteriez pas à sanctionner des dispositions r\\\\ assurent à la France cette indépendance et cette dignité

sans lesquelles il n'y a ni rois ni nations Les conventions que j*ai dû

souscrire en 1815, en présentant des résultats qui ne pouvaient alors 6tre prévus, ontnécessité une nouvelle négociation. Tout me fait espérer que son issue sera favorable et que des conditions trop au-dessus de nos forces seront remplacées par d'autres plus conformes à l'équité L'époque n'est pas éloignée où il nous est permis d'espérer que^ grAce à la sagesse de mon gouvernement , i Tamour et à la conGance de mon peuple et à Tamitié des souverains, ces charges pourront entièrement cesser, et que notre patrie reprendra parmi les nations le rang et l'éclat dos à la valeur des Français et à leur noble attitude dans Tadversité... »

Ce noble et fier langage émut la Chambre, qui couvrit d acclamations unanimes les paroles du Uoi. Le rapport naturel qui existait entre l'apurement des dernières créances de TEurope, l'évacuation du territoire et la formation d'une armée dont l'effectif répondît à la nouvelle situation faite à la France reprenant sa complète indépendance, fut vivement saisi dans le public ; les cabinets étrangers s'alarmèrent de cette manifestation du sentiment national. Il fut même question de faire une représentation collective au gouvernement français ; l'ambassadeiir de Prusse prit l'initiative d'une demarche dans ce sens ; mais, quoique le duc de Wellington blAmàt l'accent énergique avec lequel le Roi s'était exprimé relativement à la libération du territoire, il refusa, comme l'Autriche peu sympathique à la Prusse, et l'empereur Alexandre sympathique à la France, de prendre part à cette démarche offensante pour Louis XVIIL

Il y eut un passage du discours de la Couronne qui réussit moins, ce fut celui où le Roi disait : « La manière dont les dépositaires de mon pouvoir ont usé de celui dont la loi les a investis, a justifié ma confiance. » Cet éloge du ministère dans un discours à la rédaction duquel, on le savait, le minis-

308 SESSION DE i817-18i8.

tère avait concouru *, parut au point de vue des couveDauce< une anomalie, et au point de vue constitutionnel un pléonasme. Ordinairement on ne se rend pas témoignage à soimême, et quant au Roi, par cela seul qu'il maintenait le ministère aux aifaires, il témoignait qu'il était content de lui.

M. de Serre, qui obtint toutes les voix dont disposait la majorité réunie aux indépendants, compta 123 suffrages sur 190; il fut désigné par le Roi pour la présidence. Le même ensemble ne se retrouva pas pour M. Royer-Collard, qui obtint 89 voix, et encore moins pour MM. Roy, Camille Jordan, Beugnot, Bellart, le prince de Broglie, Ravez, pour lesquels le nombre des suffrages alla toujours en décroissant. M. de Villèle eut toutes les voix de la droite, 66. Ceux qui vinrent après en obtinrent un moins grand nombre. Dans la droite même il y avait des nuances; il y en avait jusque dans le ministère. Nous voyons par les notes de M. de Villèle, qu'au commencement de janvier 1818, « il y eut des pourparlers entre les ministres et la minorité. Les royalistes demandaient qu'on cessât la persécution organisée contre eux d'un bout du royaume à l'autre, et qu'on mît les deux degrés dans la loi d'élection. On nous a demandé, comme condition préalable, de ne pas attaquer la loi du recrutement comme inconstitutionnelle. Nous ne le pouvons pas; elle porte atteinte à la plus belle prérogative du Roi, celle de régler l'avancement^. )>

On verra souvent encore se renouveler ces velléités d'une partie du ministère de se rapprocher de la droite?, mais elles échoueront toujours, parce que l'autre partie s'y o][5posera. C'est ainsi que, dans le scrutin pour la vice-présidence,

1 . M. Diivergier de Hauranne, qui a eu dans les mains lea papiers de M. Deeazes, raconte a^oir vu le premier projet du Roi, le projet modiflé par M. Decazes, les observations du Roi sur ce projet, enfin la rédacHon dëflnitivc.

Page 1