‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 84 sur 172 · ADRESSE DE LA CHAMBRE · texte numérisé non relu

ADRESSE DE LA CHAMBRE

MM. de Villèle, de Bonald, de Trinquelague et de Corbière, ayant réuni de 74 à 76 voix contre MM. Royer-Collard, Camille Jordan, Beugnot et Roy, qui en obtinrent de 113 à H 6, il y eut des plaintes très-vives exprimées par ceux des ministres qui étaient opposés à la droite, et qui crurent voir, dans le chiffre obtenu par la minorité, la preuve que quelquesuns de leurs collègues avaient prêté l'oreille à des projets de transaction. Les négociations ouvertes pour le changement de la loi d'élection, et sur lesquelles M. de Yillèle donne quelques explications dans ses notes manuscrites , avaient transpiré, on en trouve la preuve dans un paragraphe du projet d'adresse rédigé par M. Royer-Collard, et qui contenait l'éloge des dernières élections.

« De nombreux collèges électoraux ont été réunis, disait ce paragraphe; partout l'ordre et le calme y ont régné; des élections libres et natiooales ont prouvé l'union du peuple et de son Roi ; elles ont prouvé qu'une affection sincère pour votre dynastie, pour cette Charte que tous avez donnée , avait jeté de profondes racines dans le cœur des Français. B

M. de Villèle promit le vote de ses amis au projet d'adresse, si Ton voulait en effacer cet éloge des élections, non moins contraire à la vérité, selon lui, qu'offensant pour la droite. M. de Serre répondit qu'une majorité, quelque faible qu'elle fût, conquise sans concession, valait mieux que l'unanimité achetée- au prix que M. de Villèle voulait y mettre. L'adresse passa à un petit nombre de voix, et l'on remarqua que plusieurs membres de la majorité de la session précédente, effrayés sans doute de l'apparition dans la Chambre d'un parti hostile à la dynastie, votèrent avec la droite. La position du ministère, que M. Decazes dans les mémoires présentés pour faire adopter l'ordonnance du 8 septembre, déclarait devoir ^tre forte et inébranlable si cette ordonnance était rendue.

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devenait donc difficile et précaire dans la session qui succédait immédiatement à la première application de cette loi d'élection dont on s'était tant promis.

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