FIN DE LA SESSION. VX
la question des passe-ports à Tintérieur et sur quelques pétitions. M. de Girardin, alléguant les vexations dont les passe-ports avaient été Toccasion, demandait leur suppression; demande peu opportune dans un temps où les conspirations se multipliaient et où les agitateurs des divers pays se mettaient en rapport. M. Benjamin Constant réclamait contre Tajoumement d'une pétition signée à Lyon, au sujet des dernières élections, et d'une autre pétition du capitaine Lafontaine rayé des contrôles de Tarmée par une ordonnance récente. Exaspéré par la manière dont son nom avait été cité dans le réquisitoire du procureur général de Poitiers, le député de la gauche ne reculait devant aucun excès de paroles. II s'écria donc : a qu'il était loisible aux députés de sacrifier les pétitionnaires comme ils avaient sacrifié leurs collègues à un ministère sans pudeur. » Rappelé à Tordre pour ces injurieuses expressions et pour avoir ajouté que aies membres de la majorité n'osaient pas répondre, parce que le ministère leur imposait silence, » il dépassa de bien loin ces premiers outrages dans un dernier débat, qui fut soulevé à la fin de la discussion du budget, sur les impôts auxquels les journaux étaient assujettis. Posant en principe que, pour être taxée, une industrie doit être libre, il déclara que celle des journaux ne Tétait pas et somma les ministres de s'expliquer sur Tusage qu'ils comptaient faire de la censure facultative. Selon lui, la marche du ministère « était un mélange d'audace et d'hypocrisie. Pas un principe qu'il n'outrageât, pas un droit qu'il ne violât, pas une loi conforme à la Charte qu'il n'enfreignit. » 11 annonça le rétablissement prochain de la censure, et Tavénement d'un système analogue à celui de la Terreur. Voici ses propres paroles :
« Quant à moi, à cette époque funeste, ni Fouquier-Tinvillo ni Marat à la tribune n'auraient pu m'effraver. On m'aurait inipli(iu«» peut-être dans quelques-unes des conspirations où ils entassaient l< urs
iïKHE DE M. DE VII.LELK.
ûs Uilli' jusqu'au lioiil l'ontro li-s Jaculiins de la i, je lutterai jusqu'au tmul entre les Jacobins àr
victimes, mais j'ai r'''piiblii]ut!. Mtsaiei la royauU'- «
M. de YillMe, auquel re\enail, je ne dirai point dans la pensée, mais du moinE dans la phrase de M. Benjamin Constant le rôle de Mural, comme celui de Fouquier-TinvOle revenait au procureur général de Poitiers, répondit, a?ec une dignité m^lée de quelque dédain, que le ministère n'hésitait pas à satisfaire la curiosité du préopinant, relativement à ce qui serait fait relativement aux journaux. Autorisé par la chambre à suspendre la liberté des journaux quand la gravité des circonstances l'exigeraii, le gouvernement ferdl son devoir si de telles circoustancee venaient à se présenter. 11 dépendait dfs ennemis du repos public bien plus que des ministres qu'il ne fut pas fait usage de cette faculté. Qu'on ne s'appliquât plus à provoquer des désordi'es, des agitations et des révoltes, et aucune atteinte ne serait portée à la liberté de la presse.
Ces paroles furent saluées d'une vive adhésion h droite et au centre, La sensation devint générale, quand M. de VJUèle, iiprèB avoir dit que ce n'était que par un riîve de son imagination que M, Beujamio Constant pronostiquait le retour prochain de la Terreur , ajouta que pour lui , si jamais un ministère entrait dans la voie des violences, il u'hésiteraît pas, dans le cas où i! ferait partie de ce ministère, à s'en séparer.
La session se ferma d'unemanière favorable pourle ministère de droite : il avait réprimé les troubles et mis les conspirateurs suus la main de la justice. Non-seulement il avait conservé u.ie forte majorité numérique, mais il avait obtenu un ascendant moral marqué par la position à la fois ferme et modérée qu'il avait prise. Le Hoi donna aux trois ministres qui avaient été le plus engagés dans les débats de la session une marque