H. DE HONTHORENCT A VIE.VHE
SOQ conseil, U est temps de suivre M. de Montiiiureucy à Vieoue, puis à Vérone. Celait le prince de Metleraich qui
rciléi ignorée : j'en lais cbuisir uu qui ic npparle nu sujet r|iic J'ai Iraltë dms le courant de ccl i^rril.
> Apr^ que le duc Uatliieu de HnnlniorEney cul quille le mrnlBlJtre. il Jeln ■Dr le papl» riiiilorlque du ïongi it de Vérone : r'étail Jualiee. Il ; iiTail ta la plM griDde pari ; son opinion axait ilé ndopliSe jiar Ici auguelci BOUveraiiH pr^wtiU au roii^ria, et, ulon ses déifn, la guerre cronire rK>|ia^ne nvalt éli ritofvt Douob«laiil roppoilllon qu'y atail miie le goulcrnemenl anglais. SI d'autres entreprirent et conduiilrenl à Lien celle guerre, il n'en tiit pu moini le premier molenr. Les souverains, signataires au pongrès do Vérone, la retonnorent ainsi ; car. d^s que le succès de la guerre d'EKpagne fui atiuri. Ils tul en «drrurrenl leurs remercimenli et lui envojèreDt. ca ni rai renient i l'uiage (rtnfr^iuent reçu, leurs premiers ordres en léaiolgnoga de leur lallifaclion.
• l'ai tu rtXIa hUlolre du congru* de Vérone, et la candeur, la vérarilA de mon noUtuni, alad qu'une parlie de su correspondance que j'ai encore ealre le« m^ini, ne nie lalisèrcnl aucun doule sur l'eiacllludu des faili dont II ■«allait compte. Queligucs mola après sa rciraltp, son ouvrage jlant terminé, le duc Hatlileu eut rinleaUou de le Utrer au publie. Il crut nianmoins detoir pr^lablemeol le oicllre sous les jeux de Ho^istEcn, frère du roi. Ce prince la lot atcc atleDllon, et quelque* jours après II remit te manuscrit au duc Matldcu » disant que U lecture qu'il avait faite de cet ouvrage l'atail vlveuien t tntércn£i qu'il en rcconnolisail t'eiacllludu, mais que loule iMIé n'^lall pas bonne i dire, et que, craignant que la publicité de ci-t écrit n'amrniit des diismUmenta d'opinions qui pourralcnl allércr. l'union citslaot en ce moment entre let eonteiilert de h cauronne, U croyait en conscience devoir lui demander la urrinco de ion ouvrage. Le duc Ualhieu reprfseula l'avaiitigc de faire eonoattre au public la vérité loul entière. « Elle sera mal comprise, ri^pllqua HoHittca. et pourrai! créer des oppositions nuisibles à la bonne harmonie qu'il est imparlanl de niainlenir. Mathieu, cunliuuBle prince, je eoufols quelle* peuTenl être U vos justes sutcepllbllités comme auleur; annsl n'est-ce pas k l'Hilcnr que je m'adresse, c'est eu clirétlen. — llsullll, monsvlgoeur, ■ reprit ledDCi puis, s'approcliaot delà cliemlnée, 11 livra son monuacrlt au» Dimmes. ■
• Cei temps sont d^ji loin de Dout. et s'il reile encore une copie de ce pré' eUut manuscrit, si, dans tes derolcrcs volonlél, le duc Hnlhleu n'a pas oprlmé le désir que son Iravail ne fût point livré à l'Iuipreillon, Je prends la liberté d'engager ici a> noble famille à en révéler l'existence au pulilic. L'époque rapportée a>ec tant île ilmpUcUé par le due Mnlliieu joue un grund râle dan» 1UM annales contemporaines i et deux hiiioirei du coiigr/i de Vérone ne seront pu de trop. >
l.e Tieu exprimé par 1» prince do Polignac, dana ses Éluda hUiorîquci, politiqutt el moroJci, p. 431, se trouvera sallcfsil |>ar les emprunls quci nous (erona k Vèerit de M. de Montmorency sur te cnn-jrii Je Vérone, e'uet le tilre qu'il avait donné â son Iravnll. dont la leconde jurlle est intllulée : Le Jtoji de àiixmbn à Fnrii. — Ma Rtirnile.
Bit. de la Rtsliin. — T. VI. IQ
343 coNcnËs ns véboke.
avait eu l'idée de la tessioa prépai-atoire de Vieoiie, où il avail espéré attirer lord Castlereagh : celui-ci, eu effel, avait prétexté les nécessités parlementaiitis pûiir ne pas se rendre à Vérone où l'on devait s'occuper des affaires d'Italie dans UQ seos cootraire à la politique déclarée de soa gouvernement. L'empereur Alexandre avail promis de se reodre à Vieane dans le courantde septembre, et le prince de Metternich avait écrit d'une mauièrc pressaute au miulslre des aiïuires clraQgères de France, pour engager le cabinet deo Tuileries à se taire représenter ilaus ces conférences prélimiuaïres. M. ^£Ê Montmorency , désigné par le Roi , partait donc potu* Vif^oa^ avec les instructions dont les documents cités plus haut oôt indiqué la teneur, et dont ses propres notes con^meut la portée'. Il laissait l'intérim du ministère des afTaires étrangères à M. de Villèle, et cet intérim fut conféré au futur président du conseil d'une manière plus solennelle qu'à l'ordîtudre; le Rui recueillit lui-mùme les voix, elles fm-eut unanimes
1. t M. df ViHfle in'UIsiMipmiroHp pour qiio le rcpp^ni-nliinl IVaii{i!f » nmf rèt ne se prcBsM pas d'nppelrr ti^f dWib^âlioiH sur Ipb nlTalrM il'K>p*f;m, dit H. de Hoiilinnreiirj dans l'i^erll ci-deôiiiri Indiqué, pour qu'il évlUt surloDl d'^ prendre itne inlIiatlTe Irnp pronanedo et de sn Taire le rapporlrdr oncld de Ml alTiiIrei, comine le oilnUIre tu(r!chl«n avait Toiilii n Wre reloï 4m ■Rtirei de Niplea h Trappau. Il Tul fal1jtu«li|iie>oliJeclton> i}ai se pr^etiUient naturellemenl. Ellles jlaleul llrfes Je la difllnill^ qu'il n aiirill !\ ne pat énoncer les pretnlera une opinion sur un grand pTOïèi où nous non* déclarioal avec raison la [iremiire partie 1nl4reasée, h ne paa répondre aux queaHoo) inérilablei liir des rapports et une situation que noaideiluns mlcui eoDOltln
■ Il fui ntnventi que l'on s' abstiendra II de louie Initiative directe cl qui l'on Borderait, k cet égard, louir U n^erve possllile.
« Lot memtireB du conieil t'accordèrent ï ppnser qae nous ne pouvions pu eonteollr ï une déclsralion commune, Diile au nom des puinances allléea; qu'il rallail ne pas propoger el même éviter, il l'on poiitall, lea dfalaratloM parti Fiill ères ; niaU retenir plulOl loule luanllealalion scmlilable de ^rincipea ou de ■enlImenlJ, pour le moment où l'on agirait, i
Le Dianuterll Inédit auquel noue emprunlons eelte page esl tniilul^ ; ÏÏcril tur le eongrts de Vèroiie. Nous en devons la eommunlralfon h M. le duc de la Bltaclifa el à M. le vleomla de la Roelierau<auld~)>oudeau tille, pelita-lils At 11. Mfllliieu d'' Moniniurenej.
tl. DE MOM'HOnEKCY A VIENNE. 243
eo faveur de la mesure proposée par le vicomte Mathieu de Muoliûoi'ency. Celui-ci quitta Taris le vendi-edi 30 août 1822, emmenaDt avec lui M. Bourjot, chef de la division politique du Nwrd, qui avait la correspondance habituelle de Vienne et qui avait accompagné le prince de Talleyrand au congrès de 1815 et le duc de Richelieu à Aix-la-Chapelle, M. de Montmorency lui avait adjoint M. Durand , ancien consul général à Madrid, et qui, par conséquent, connaissait bien l'Espagne. Nous trouvoiis dans l'écrit inédit déjà cité des coutidences précieuses sur l'état de l'esprit du noble pléiiiputentiaire de la France au moment où il partit puur cette difUcile mission :
" l'étili prn.^tn^ , dîl-il , lif cette pcnw^e du prince de Tnllcyriind, ^'iin fninifitiv des affairos i^trang£;ree ne peut rrpn-senter utilement SUD |ti}t dane un congrès que lorsqu'il a toute la peiuûe de EUii cab^ net «t Ul direction indépendante de son département. Je trojais ^tre dans cette double omdition. J'avais une dvforence haliituelle pour M, deViUMe, qui avaitleplua contribué à m'appeler au cjjnwil, et pour n apaâié ; mais pas plus à Pans qu'à Vienne je n'aurais supporté Vidée d'une véritable dtipundance. J'aliaie avoir atTalre aui véti^aiiB ik lit dipluiuatie. Hais la droiture et la Traucbisc ont aussi leur bat.il..-l.>. "
Fcut^lre le vicomte Mathieu de Moulmoreucy, par nu seutiatent de dignité personnelle, s^exagérait-il l'indépendance qu'un ministre des aifaii'es étrangères peut garder vis-à-vis desui) cabinet, dont il doit être après tout l'intorprète Edèle, et l'un peut soupçonner que le malentendu que l'on verra éclater plus tard dans le conseil n'eut pas d'autre origine. Eo puisant à la source qui nous a fourni ces premiers ren- «tii^nemeats, nous découvrirous les autres mobiles sous l'em* pire desquels agit le plénipotentiaire français h son arrivée k Vîenue. Il était frappé de l'empire qu'exerçait depuis 1815 le principe de la Sainte-Alliance, et de la disparition au moins ipperenle et momentanée des politiques particulières qui s'étaient comme fondue» dans ime politique générale devenue
CLISGHES DE VÉHONB.
celle de chacun, parce qu'elle était celle de tous, mfiine temps, remarqué le parti que le prince de Melternîch avait lire de ces habitu(ifs de eouféreiices iatîmes, de notes concertées entre les alliés, d'échange continuel de comi nications, qu'il avait introduites dans la diplomalie. La cellerie française n'aurail-elle pas trop souvent néj d'employer ces formes extérieures de la franchise? Ne pourrait-on pas lutter contre le prince de Metternich sur son propre terrain, en pratiquant le même art à l'aide duquel le premier ministre d'Autriche avait obtenu sur l'empereur Alexandre un crédit dominant, à dater de LaybachV Selon M. de Montmorency, la France n'avait rien à appréhender de ce système et elle avait tout à y gagner; il était de son intérêt de ne pa$ laisser rompre ou relâcher cette espèce de fédération, et de w juslilier du reproche qu'elle avait encouru, surtout à Laybach, de ue pas faire en conscience cause commune avec les autres membres de l'alliance. Elle pouvait et devait profiter plus qu'aucune autre de la Sainte-Alliance, en réparant, comme à l'abri d'un ri^trauchement protecteur, les ruines du pa^sé, en donnant toute la perfection possible à ses nouvelles institutions respectées à l'égal des institutions les plus anciennes, mais sans oublier de rassurer l'Europe contre l'influence extérieure de son exemple et le soupçon d'une dangereuse propagande. 11 ne fallait pas l'oublier : la France avait, elle aussi, des révolutionnaires à intimider et à contenir; sans doute la force morale et matérielle, prenant son point d'appui à l'inlérieur, était préférable à tout, mais il n'était pas inutile cependant de montrer à ces ennemis publics des sociétés sur l'arrière-plan de la scène la coalition permanente de toutes les forces extérieures.
Dans les lignes précédentes presque littéralement extraites des notes du vicomte Mathieu de Montmorency, on achève de voir se dessiner les divergences de sa politique avec celle
COKFBBEHCBS PRfumSAlllES A VIEKNB. 243
de M. de Villèle, Le premier, âme candide el élevée qui n'était pas sans rapport avec celle de l'emperewr Alexandre, croyait qu'il fallait entrer hardiment dans la Sainte-Alliance et y disputer le premier rôle au prince de Metlernich '. Le seiiond se défiait d'un terrain sur lequel le prince de Mollernich exerçait de longue main une iuQuence souveraine, et croyait que la France, au lieu de s'y laisser entraîner, devait se muintenii' sur SOI) propre terrain,s;»if àtraiter delà avecralUance eiu'opéenoe en conservant sa pleine liberté.
M. de Muulmorency arriva à Vienne le 6 septembre 1822. Ce n'était pas sans quelques appréhensions secrètes qu'il se trouTÛt ËO présence de ce cabinet renommé par sa vieille babiÎ9\é; curieux spectacle que celui de cette Ame loyale A pure faisant un effort sur elle-même pour analyser la nature subtile et pleine de dextérité du diplomate autrichien, qui conduisait souverainement les affaires eitérienres de son paye", et par le levier de la Sainte- Alliance celles de l'Europe. Son influence sur l'empereur de Russie assuiait , en effet , à l'Autriche le connuurs de la Prusse, son ancienne rivale. Le
1. ■ Qut poul <<lglgn«r cle l'alliaiice il» eiprits [[ue Ju Beml Tenté d'accuser de pi IIlHicf La crilnle itue U Friiiic« n'y Jone un Me leraDiIaire et ns M lal«e entraîner k Ur« nii'aum conlrslrei ù mn rfg\mt Inl^rieDri malt TA&^lerre iir >'i.'ii< iinslaisa^udélnurner pur de iiareila molira •fallIanEn lontÀt4lToll<uai(v de» eauvnnlententa aboolua. ■ (EilriII de Téeril déj^ elle du IftWlnln Miltitm de HonluDri^nc; iiir It congrès de Vérone.)
' . I L'«iupercur d'AulrlcIie, dit M. Hilhivu dv Hontuiorcnc; dam l'^cril liaal cil', remet enllèremenl la direction dea alTalrei dlraugèrei à ion d'£lal , H. de HcUcniïcli , el cet aliiiidoD aoulufiu , dil-on, H conaclencc. H. de Hellcrniili, liouinii: de plaisir el île auccèii iluiis U facK'té, eu (I<:*eDU un liomine d'Etal liabilc. Il a acqiila aurloul depuis ISH, el pw l«t DésoclaUona dana les congrèi Bucceaaira. celle répulatlun d'hablIsU qui cet dcjit nne Tnri'n. Il rè^ne «ur la pollllr|Ui! do l'Allemagne el v.'ul Ngoer lur cellt de l'Euroiie. Il a la paaijon de» alTalrei. Sri <"i opérai »ura HDt bien cliolalai paraît euk, on dlslingne H. ài: GeMt, donl 1rs outragea, les lalenlsel les |.r<<lenlioni sont bien eoiinuea. Le> loanièresde M. de Heilernlcli •DDt digne*, a^ililc): il eil plein dBa.<garllâ, de Unexe, etclierche i simuler rabaodon. Son «iNiuce a quelque eiiiNie d'un peu prfsomplueui ; on remarque chu lui la conUaoee du tuct^, el ccllE ccnllaiice csl encouragée par la petite
U6 COÏtClfcS DE TtscniE.
cabinet de Berini, élroftemenl attaché h celui de Sannl-Pétere- " bourg, De gongeaît. à cette époque, qu'à proloD^er ao repos r^iaraleur, à refaire ses finances, h fortifieT ma jumée, ft iriter tout ce qui pouvait l'oblî^Trà compter awc l'opinioo intérieure, disposée à lui demander des instîtations plus larges que celles qu'il voulait accorder. Il croyait plus facile, moins dangereux et plus utile à ses intérêts de s'entendre avec rAutriche pour exercer un pouvoir dictatorial à Francfort que de tui disputer ce pouvoir. Malgré la différence des institutions, l'ancienne alliance de l'Angleterre avec l'Autriche persistait, parce qu'elles avaient dès lors un grave intérêt commun en Orient; — toutes deux voulaient, en effet, empêcher la succession de ITmpîre ottoman de s'ouvrir au profit de la Hufsie, — et parce quecet intérêt commun n'était altéré pnr aucune rivalité maritime. M, de Mettemicli se trouvait donc exercer une sorte de médiation entre la Rusâe et l'Angleterre ; plus intime en apparence avec la première, D était plus utile en réalité à la seconde. Oniot à la France, le vicomte de Montmorency ne pouvait se faire aucune illusion sur les sentiments du prince de Metternich à son égard; le premier ministre autrichien ta craignait et ne l'aimait pas. Il appréhendait la contagion des idées révolutionnaires qui fe> mentaient encore dans notre pays; il ne craignait guère moins la contagion de nos institutions libérales, que raftrail qu'a tonjours exercé la France en Europe pouvait rendre irrésistible; enGn, il surveillait avec un sentiment de défiance les progrès des forces naturelles de la France renaissant k la prospérité , sous le gouvernement réparateur des Bourbons.
Mur qa\ l'entoure. Ftic st tampote de (llplomales 4\*lli\giiiê , àt feni di leUre*. d'arililu «1 de quelqnca Temaiu do k Kx^lélé qui cherchent ft l« blr« Tilolr. M, de Hellernkli eil une paUnnre de mIod. Od dll qo'll pnla qndquifola en htiFiron d'ImmurBlilé publique; jamait 11 n'a lenu devant nwldet prvpoB da e« genre, r
COHPÉIESOB ntUHnitlBS A ViEÏIXE
La position de h Fiance «i congru se trouvait {Hir là difficile. Au fond. eHe Ataît ''r face A'vWe M. dv \\v\lvnach qui, pcrson ascendant sur Aleiandir qui entraînait la l'nis^ du» •onoriiite, menait ral)iaoc« contiiientale. el etie n'iiTailpas la Rssoarte de j^'e-nteodre arec l'AnglpiPTre compléta ment opposée k notre politique en Espagne, et secrètcmeat liée avec l'Autrifhe par un anta^ooisme rommiiD contre la France et )■ Tlu^e. Les instructions de réserve ei de prudence données , par \e gouvi-roemeiit frapçais à son pléBipotciiliaire étaient donc motivées. L'idée de celui-ci, de rîmiiser avec M. de MeUetnîcb d'empressement et de déférence envers raliiancc. n'étant pas heureuse, parce qu'au fond celait M, de Metteraicb qoi conduisait le char, et qu'en s'y asserant avec trop de coofiAnce un risquait d'être conduit où il voulait.
Dans la première conférence avec M. de Montmorency, M. de Mettoruich insista beaucoup sur deux jioiiils : la nécessité de maintenir les choses légalemcot existantes, celle de conserrer à tout prix et de fortilier, chaque jour, les liens de l'alliance, el les devoirs de con&nuce récipmque qu'elle imposait. Tout en tenant ce langage, il accusa le comte de Capo-d'Utriu d'avoir provoqué à Ti-oppnu lu fameuse contredéclatation de lord Castlervagh en insistant maladroitement pottr faire formuler des décluratiuns générales en désaccord avec les habitudes pariementaires de l'Angk-terre , ei il in^Dua qu'avec un peu plus d'habileté et un peu moins de roideiir on aimiit pu éviter ce malencontreux différeud. Quant aux affaires lurco - russes , il en parla en termes fort dégagés. Il ne fallait pas, dit-il, s'exagérer le succès qu'avait obtenu tord Strangford àCoustanlinop[e;maisenBa on avait obtenu le principal en prévenant une rupture entre le cabinet de Saiut-Péter^ourg et la Sublime-I'orte. D'après les dernières dépêches de lord Strangford, on s'acheminait vers une amnistie concertée entre les Turcs et le patriarche grec
S48 CONGRÈS DE VËnONB.
nouvellement élu : Alexandre pouvait et voulait bien prendre ' les choses à ce point. Cependant on s'occuperait encore à déblayer devant lui le terrain, — c'était l'expres&ion favorite du prince de Metlemich, — c'est-à-dire à obtenir du Divan quelque garantie pour le sort futur des Grecs et une démarche auprès du cabinet de Saint-Pétersbourg, qui permit au czar de renvoyer à Conslanlinople un ambassadeur'. Apit la condescendance qu'il avait montrée, c'était le moins qù*i) pût faire.
Daus cette première conférence on n'avait pas abordé'l question d'Espagne ; M. de Montmorency, qui avait peu p et beaucoup écouté, s'était réser>é pour la seconde ; il trouTI la question espagnole assez grave pour être traitée h part. Le pi nipotentiaire fraïuais s'expliqua nettement dans cette secobde " conférence sur quelques points essentiels. Il déclara à M. de Mettemicb que la France croyait nécessaire de maintenir son armée d'observation sur la frontière franco-espagnole; elle ne demandait pas de conseil sur ce point, elle portait à la connaissance de ses alliés nu fait hors de toute discussion. Le eabinet des Tuileries avait la certitude que les mouvements royalistes dans l'intérieur de l'Espagne pourraient prolonger la guerre, la perpétuer, sans pouvoir amener une solution. Le plénipotentiaire français saisit cette occasion d'affirmer du ton le plus absolu, parce qu'il savait que des bniits contraires avaient été accrédités par M. de Metlernich, que ni duos les provinces espagnoles, ni à Madrid, au mois de juillet précédent, la France n'avait rien encouragé, rien fait au delà de ce que la loyauté la plus sévère pour elle-même pouvait permetti-e. Le Roi aurait, en elfet, éprouvé une répugnance invincible & favoriser des résistances armées contre un gouvernemei auprès duquel il entretenait un ambassadeur. No
■I <]« M. <If Monliii.
confébe:(ges préliminaires a vienne. S49
étions donc bornés à exercer indistinctement une hospitalité impailiale envers les réfugiés de tous les partis. Il exprima enfin, au nom de son gouvernement, la conviction raisonnée que Tétat actuel de ses relations avec TEspagne ne pouvait se prolonger longtemps, sans entraîner pour la France des inconvénients plus graves que ceux d'une rupture ouverte.
« Nous prévoyons donc ia guerre , coutinua-t-il , non-seulement comme possible, mais cunmie rendue inévitable par les intérêts de notre dignité et ceux de notre sûreté. Nous avons la confiance c|ue nos alliés s'en rapporteront à nous pour cette décision et le choix du moment où elle doit être prise. Mais nous devons désirer connaître leur avis, leurs intentions, l'appui moral et tous les autres secours que nous poavons espérer d'eux dans tous les cas^ »
Dans ces dernières paroles, que nous citons textuellement, M. de Montmorency s'éloigne déjà de la lettre des instructions qu'il avait reçues, et il n'y a rien là qui puisse surprendre. On ne peut guère espérer qu'un homme en exprimant une idée ne lui donnera pas le tour particulier de son sentiment personnel, et qu'il ne fera pas prévaloir sa nuance dans la couleur générale. Le plénipotentiaire français ne devait présenter la guerre que comme possible, il la déclare inévitable ; il devait attendre les propositions des puissances, il les provoque par le même discours, et cela dans une conférence préliminaire avec M. de Mettornich dont il n'ignorait pas les dispositions peu bienveillantes pour la France. La manière dont ses ouvertures furent accueillies dut lui faire comprendre qu'il avait fait fausse route. Ici nous lui laissons encore une fois la parole :
« Le prince de Metternich, dit-ii, sans me donner aucune réponse précise, se rejeta sur son thème de tout rapporter à rAlliance : avec elle et par elle tout serait bon. Nous a^ririons sans être vérital»lement
1. Ecrit sur le cougràn de Vérone ^ par M. de Monlmorenc}- : Séjour à yienne. — Documents wé.lils.
ennemis de l'Espagne, Undis que nous sciions ses ennemis si noos sttissions seuls. 11 rapprocha notre situation présente Je celle de l'Autriche fk Troppau, sans dissimuler les diiïêrCDces entre les afTaïres de Naples et celles d'Espagne. 11 paria d'un mémoire que nous ne puuTions pas nous dispenser de présenter à la conférence apris l'arrÎTée de tous les intéressés pour faire ctinnailic k nos oUiés ce que nous savions nécessairement mieux qu'eux, ce que nous désirions de leur part. U s'offrit à concerter avec moi les moyens de ménager les susceptibililûs de l'Angleterre et d'obtenir son acquiescement dont il osait se rendre garant jusqu'à l'action exclusivement.
fl J'étais conduit à une marche que, d'après mes instructions , j£ devais éviter. Je déclinai la proposition. Je répondis que je jours prêt h répondre fi toutes les questions, mais que je i pas me (iiire le rapporteur de cette difficile affaire'. »
Le vicomte Mathieu de Montmorency refusait de glisser jusqu'au bas de ia peute que ses iustruclious avaient signalée comme dangereuse , m»is il s'y était mis et TA. de Metlemicb en profitait. Le reprégentant de la politique autrichienne évita môme de reconnaître par des paroles précises qu'il appartenait à la France de décider seule de la nécessité et du momeat de la guerre. Il n'abonda dans son sens que sur un seiil point, r impossibilité de faire passer des troupes étrangères sur le territoire français pour aller réprimer la révolution espaguole : « Il serait dangereux pour votre gouvernement et par conséquent pour l'Europe , répéta-t-il plusieurs fois , qu'une moustache éti'angère se montrât sur le territoire de la France et qu'im canon étranger le traversât. »
La conversation du duc de Wellington avec M. de Villèle a fait coiuialtre la politique de l' Angleterre dans la question espagnole ; celle de l'Autriche vient de se dessiner dans les deus conférences du prince de Melternich avec le vicomte de Montmorency. Reste la politique personnelle de l'empereur Alexandre dont nous allons chercher l'expression dans les entreliensque M. de Montmorency eut avec ce prince à Vienne.