X. DE CHATEAUBRIAND MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
de ceUe lettre où, tout en refusant, il discutait les conditions auxquelles il> pourrait accepter, firent juger à M. de Yillèle que son refus n'était pas définitif. Un billet intermédiaire le confirma dans c^te pensée. Le président du conseil écrivit donc à H. de Chateaubriand qu'il ne pouvait se décider à porter sa lettre au Roi, sans avoir eu avec lui une conversation. Dans cet entretien, M. de Chateaubriand consentit verbalement à ttre présenté comme candidat, et le 27 à cinq heures de laprès-midi, il écrivait à M. de Yillèle :
« Si le Roi accepte , songez , mon cher ami , qu'il faut que la nomination soit connue en même temps que la démission ; autrement les journaux prendront feu, et le Roi reculera sur la nomination, en raison ^^ ce qu'il croira voir dans l'attaque une entente pour lui forcer la main, ï^enez garde à cela, le danger est réel. »
Après avoir vu le Roi dans la soirée du même jour, M. de Chateaubriand écrivait encore à M. de Villèk:
tt J'obéis aux ordres du Roi, mon cher ami, vous voilà payé de votre Wélitc pour moi. Je viens loyalement à votre secours. Mais je n'au- ^^t pas bien de ma position. Cela dépendra de vous. Le Roi m'a gardé W*ïs (l'une heure. Tout à vous , vous pouvez laissez paraître l'ordon- 'ïance. »
rhistoire qui ne dissimule rien est obligée de montrer le ^vers des médailles comme leur effigie. Le génie lui-môme ^ ses petitesses, ce sont celles de la vanité. M. de Chateaubriand qui, avec son grand talent, avait le droit d'avoir toutes les ambitions sous un gouvernement représentatif, avait la '^blesse de cacher son ambition. Ou plutôt encore avec sa
''^••... Croyez bien que le moment cal oritiquc. Vous pouvei rester vingt *^ OQ TOUS êtes, et porter la France au plus haut point de prospérité, ou vous ^uvez tomber avant deux mois, et nous replonger dans le chaos. »
'• Ces d«nx dernières lettres de M. de Chateaubriand figurent dana le dos- •**' politique de M. de Vilièle. {Documents inédits.)
CONGnis DE VÉRONE.
nature de poète, il poiirsuivait en toute chose l'idéal, el après avoir désiré passioiinémeiit être ce qu'il n'était pas, il se lassait presque aussitôt d'un but atteint et d'un désir satisfait. Il faut ajouter qu'il avait besoin de croire et de faire croire que le Roi lui avait forcé la main, pour s'excuser à ses propres yeux et aux yeux de ses amis de recueillir la succession si récemment ouverte de M. le duc de Montmorency. Il adres» à ce deruier un billet d'un style embarrassé pour lui amioncer son acceptation, et reçut de lui un accusé de réception dont il ne put se dissimuler la froideur'. Puis, comme il l'a écrit lui-même, « il passa les ponts le mardi 1" janvier 1823, el il alla coucher dans ce lit de ministre, lit où l'on ne dort guère et où l'on reste peu. »
La crise minislcnelie qui suivît le retour de M. de Montmorency à Paris nous a empêché de raconter la fin du congrès de Vérone. Du reste, les dispositions des puissances, au moment du départ de notre premier plénipotentiaire, faisaient pressentir la manière dont les choses se passeraient. M. de Chateaubriand écrivait de Vérone à M. de Villèle, à la date du 3 décembre 1822, que les affaires d'Italie étaient terminées ait satisfaction 5e la France. 11 avait été arrêté, en effet, que Tévacuation du Piémont commencerait le I" janvier 1823, e qu'elle serait complète le 1" septembre de la même
I. n Le !g (l^rimbre, dit U. de Nanlmorency, comme je ni'4Ial> retiré diK:: mon liabllalion ordinaire et altntB partir pour la campagne. j« re;ui un MU du vIcoDils de Cl>alcauliriand , que j'ai encore, et qui m'écrivait que le mlni^ 1ère lui avait été proposé avec de nouvelles InBlanope , que le Roi l'avait man^ et lui avait ordonné do l'accepter, qu'il avait dû ohéir. qu'li ne voulall q * maretier sur mes iracea, qu'il me gardait ce porlereuille , heureu» de me
V Cette dernière phrase me parut avoir peu de meiure. Je répondla qi^* D'avait pa> à f'excUEer vl>-i-vil de mol, que lut seul avall voulu me Taire lio^c mage de bod premier rerus, que je m'en rapportais ï nos amta cotamuiif au public pour appréeier le Baertflce de Bon obéiBBanca. >
Lr Jfoii itr déermbTe à Paria. —Ma rtlraite , par le duc HalMeu de M» morencj. [PocHmenli inéditi.l