‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 102 sur 213 · LOUIS XVIII ET LE CORPS LEGISLATIF · texte numérisé non relu

LOUIS XVIII ET LE CORPS LEGISLATIF

sommes si heureux de vous voir occuper aujourd'hui. V. M. vient sécher toutes nos larmes , guérir toutes nos blessures. Nous lui devrons plus encore : par elle vont être cimentées les basi^s d'un gouvernement sage et prudemment balancé. V. M. . ne veut rentrer que dans Texercice des droits qui suffisent à l'autorité royale , et Texécution de la volonté générale confiée à vos prudentes mains n'en deviendra que plus respectable et plus assurée. »

C'était la théorie du gouvernement représentatif qui venait s'exprimer publiquement devant le Roi, miiii dégagée du principe* de la souveraineté populaire et des prétentions constituantes du Sénat. Le Roi, qui avait écouté avec une attention marquée la harangue du président de la députation, lui répondit en ces termes :

« Messieurs du Corps législatif, je reçois avec la plus vive ^satisfaction Tassurance de vos sentiments. Us me sont d'autant plus précieux que j'y vois le gage d'une union parfaite entre moi et les représentants de la nation. De cette union seule peut naître la stabilité du gouvernement et la félicité publique, uni- ^e objet de vos vœux et de ma constante sollicitude. »

Malgré ces paroles du Roi, la difficulté restait entière , car pas un mot dans sa réponse ne fiiisait allusion à la Constitution du Sénat. La situation qu'avait rencontrée le comte d'Artois se reproduisait, mais d'une manière plus vive, plus tranchée, parce qu'on approchait du dénoûment. M. de Talleyrand et le Sénat eurent encore une fois recours au puissant arbitre qui avait fait pencher la balance en leur faveur : l'empereur de Russie partit poin* Compiègne le l" mai, afin d'emporter dt^ haute lutte ce que M. Pozzo di Borgo n'avait pu obtenir.

Alexandre aimait à intervenir ainsi comme un conciliateur souverain dans les difficultés intérieures de la France ; cette situation d'un vainqueur populaire lui plaisait; les louanges que lui prodiguaient les voix les plus répubhcaines l'enivraient,

et l'espèce de mysticisme libéral qui était alors h tettî dominante de ses idées, et qui se trouvait d*accord avec le i vement qui avait soulevé la partie jeune, vivante et kito rAUemagne contre la domination napoléonienne, troirai satisfaire dans Taction qu'il exerçait. S'il faut en cm homme placé pour tout voir, car il eut une part acthi grandes affaires de ce temps, Alexandre, dans cet in critique, serait allé jus([u'à proposer à M. de TaUeyni mettre à sa disposition trente mille hommes pourfaicefl Louis XYIII à Calais et Tempécher de passer outre ) d'avoir fait tout ce qui convenait ' . Ainsi les Bourbou d'ôtre ramenés par l'étranger, auraient failli être arrêtés pi Alexandre arrivait à Compiègne avec la ferme iOto d'obtenir de Louis XYIII une adhésion complète aux ad Sénat. La courtoisie était le prétexte de sa visite et de cdl aiUres souverains venus avec lui au-devant du roi de h mais M. Pozzo di Borgo ne dissimula point au duc deA premier gentilhonune du Roi, en lui annonçant cette ^ qu'il y serait question d'affaires s<»rieuses. Alexandre •

1. Vok't coniuieiit d'expriiue M. du Pradt dans une Mlns éciile ciliM' par M. tle Vaiilabollc, tome \\, page 72, dation Histoire de ia

ff On a beaucoup menti Kur eelte t^po<iue (avril et mal 181 1) et menti comme tout le monde. Un jour, Alexandre «*étant uiUà !a fenèlifé iW la rue Sain t-Floirntin, la toute s'as:*embl:iausiitùi et cria: ViveAUjUÊà M. lie Tallevrund avant paz^sé sur le balcon, on entendit quelque! crk it Sénat! À bnsl'évéqucdWutuul M. deTallexrand rentra aussitôt etM apurant à rem|>ereur do Uus^sie que c'était une machination du Iknkttf <ierinain qui préludait au renversement de ce qu'ils avaient bit. AkU n''|H)ndit qu'il saurait bien Taire re^ipecter l'œuvre de rEurope. MiislMf trations contre \v Sénat se renouvelant, M. de Tallcyrand revint à lach plaiiinant de s'être mis en avant, de s'être compromis; car, d*aprll( passiil, disait-il, il u)\ait bien que dès que l.ouis XVIll serait délMn|ili il \\\ aurait plus moven d'en rien obtenir. Alexandre essaya de la cÉl de^ protestations , et' |>oussé à bout Unit par lui dire : Jt wtU» Mi hommes à votre disposition pour le faire arrêter à son débarquêmmi^ ^ ' lâchera que quand tout iera /ini, et qu'il aura cOHsenii à /ain têÊÊUi vient, »

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ront, après les premiers compliments, la difficulté qui s*éleentre Louis XVIII et le Sénat. Ses paroles furent vives, érieuses, presque dures '.

représenta à Louis XYUI qu'il n'affaiblirait point son titre ODsentant à tenir sa couronne des mains des représentant? Miys. « Le droit divin de l'ancienne monarchie française t cessé d'être une force chez une nation qui, à en juger ceux qui la menaient depuis longtemps, croyait à peine ^u. L'impoilant était de régner, quel que fût d'ailleurs le

OUe enfr.'vue a éié racontée par M. Meiincchet dans sc8 Lettres sur la «rorion, publiées en 1832 soud ce titre: Seize ans, 18 M- 1830. M. Menneleeteur du Roi sous la Restauration , et bien placé par ses relations avec 1<^ lie Duras et le duc de Blacas pour savoir, s'exprime ainsi avant de rapr U conversation de Louis XVllI et d'Alexandre : « L'entretien a dun^ d*iuie heure. Je n'ai point la prétention d'en savoir tous les détails, mais Mnaie que le Roi honorait ajuste titre de sa confiance-, et pour qui ce.tt; nw ii*m eu rien de secret, a bien voulu m'inilier dans la conûdence qu'on lUte à cet égard. • Le personnage indiqué ici par M. Mennechet est éviaent M. de Blacas. M. Duvergier de llaurannc, dans son Histoire parlemeii- . Juge cette conversation impossible, et s'appuie sur le témoignage de M. dt^ Ues, contemporain bien instruit, dit-il, qui la déclare inexacte de tout . M. de VitroUes n'était point à Compiègne ; il avoue lui-mCmc, dans ses •cref, que Monsieur nu lui dit rien de ce qui s'} passa, et c'est une des ten- !tde son esprit de ne pas voir volontiers (|uc les autres sussent ce qu'il ne l pas. Quant à la conversation, il est d'abord très-sùr qu'il y en eut une, i Hauranue en convient lui-même. Du moment qu'il y en eut une , la urution racontée par M. Mennechet devient possible, probable même. Kn l'empereur Alexandre dut dire ce qu'il y avait de (ilus propre à déci- X»ui8 XVlll à accepter la Constitution du Sénat, et Louis XVIII dut mc»ion refus de manière ù le justifier. Il est remarquable que les idées xandre dans celte conversation sont analogues à celles qu'il avait dévelopdevant M. de Vitrolles (piand il s'agissait de dreider le comte d'Artois fk 4er la Constitution.

nu trouvons une nouvelle preuve de la réalité de la conversation de l'émir Alexandre avec le Roi dans les paroles suivantes adressées un mois après 'empereur de Russie à M. de l'a Fayette , et citées par ce dernier dans ses ^ires, tome V : « Que Vouliez-\ous que je tisse? Je voulais qu'an lieu de 6r eux-mêmes une Constitution, les Bourbons en reçussent une de la nation, Italie h Compiègne avec l'espoir d'obtenir du Roi qu'il renoncerait à ses ^f ans de règne et autres prétentions de ce genre. La dépulalion du Corps *'if y était avant moi pour le reconnaître sans conditions. Contre le Roi et palégUlatir j'étais impuissant. •

Bourtad

:H6 RKTARKISSEMKNT IIK LA MAISON DE BOURBON.

titre auquel on régnât. Il était difficile de s*expGquerlaiépugnance de Louis XYIII à prêtera la nouvelle CoDStiMii le serment demandé. Cette Constitution en valait une aalR,él il était raisonnable de faire quelques sacrilices en iavearA| corps p(»litique dont les membres avaieut étouffé leurs afiecliiill et vaincu leurs répugnances poui* rappeler Louis lYUl irùne. Entièrement maîtres de leur choix, il ne fiaM l'oublier, ils avaient choisi un prince dont la fainilleank njiguère proscrite par un grand uombi'e d'entre m. avaient en outre abandonné, pour le drapeau des le drapeau d'une révolution qui leur étidt encore chère. <'»chimge du service rendu et du dévouement promis, ib daient que le Roi reconnût que c'était àleur courageuse irii^ ti>e qu'il de>ait la chute du gouvernement impérial et h» tauration de la monarchie. Encore ne demaudaient-ikqM reconnaissîince implicite d'un fait incontestable. Que le ronsentît à dater son règne du jour où ils le proe roi des Français, c'était îissez. On ne pouvait d'ailleurs rhistuirr. Elle dirait que la Convention, le Diix^ctoire, l( >ids (ît Napoléon a\aient régné sur la France: qu'on s'ea ou (ju'cai s'en attristât, c'était un fait. Elle ajouterait que armes triomphantes <rAlexandre et de ses alliés avaient lé Louis XVIll sur le Irone. Ceci leur donnait Tespoir que \oi\ serait entendue, llemi IV avait acheté Paris par le <!(• sa religion. On demandait moins à Louis XYIII qu'àlleOD qui a\ait oeiiendant conquis lui-même son royaume. »

Louis XVlll écouta avec une impassible et sévère digltf «lévt'luppeinent de Tiipinion d'Alexandre. Quand celui-d épuisé ce qu'il a\ait à dire, le R(â prit la parole à suul* Il exprima irabord le regret de répondre par un refus ' première tlemandi' qu«' lui adn»ssait rempereui' de Mais l'hoimeur de sa maison et le sien lui interdisaient ^ temp^M'er au \o*u ilu Sénat. Il n'appailenait point à ses

LOtlS XVIII ET l'KiVIPEHKIH ALEXANDRE. 347

B de disposer de la couronne de France. Certes, s'ils avaient la possibilité de choisir, ce n'est point au chef de la maison Bourbon qu'ils l'eussent décernée. Le droit que l'esprit re- Bux de l'ancienne France appelait divin n'était que la conuence naturelle de la loi du pays. Cette loi, qui avait déjà né à la monarchie française plus de huit cents ans d'une ieuse existence, veut que, pour le bien général de la so- 5 et non dans un intérêt individuel, la royauté se perpétue 5 .une famille comme un héritage, sans qu'il soit permis icun de ses membres d'idiéuer la moindre partie de ce \t sacré. (Vêtait en vertu de cette loi que Louis XVIII était le France depuis la mort de Louis XVII. Si son droit an e n'éttdt pas tout entier dans cette loi, quel serait son titre r y prétendre? « Que suis-je hors de ce droit? continua U XVIII, dont l'accent devenait plus pressant et phis vif, rieillai'd infirme, un malheureux proscrit,réduit à mendier de sa patrie un asile et du pain. Tel j'étais encore il y a de jours ; mais ce vieillard , ce proscrit était le roi de ice : ce titre seul a suffi pour que la natioii entière, éclairée a sur ses véritables intérêts, le rappelât avec amour au e de ses pères. Je reviens h sa voix, mais je reviens roi ^rance *. »

es rôles se trouvaient intervertis. Louis XVIII, par cet îndant que donnent la force morale et la conscience <lu it, dominait l'empereur de Russie et semblait déjà parler haut du trftne sur les marches duquel Alexandre l'arrêtait nom du Sénat. Comme il s'étonnait d'avoir à défendre

Toute cette convcrution est danit le tour des idées et dans les habitudes i^lc de Louis XVUl. Quand M. de la Maisonfort était venu lui annoncer ^ des armées étrangères à Paris et la résolution prise par les souverains " •vail ajouté : « Sire, \ous êtes roi de France! — Est-ce que j'ai jamais ^ ï'élre» • répondit Louis XVIH. {Histoire parlementaire de M. Du\ergier "^tine, tomell, fKiLe 125,)

•.*iir^ ' •nin-"-ii' a* 1îu?^t' d4*^ principes aussi ineoBterih !••-? -■- i-r^ f riiiiiir- a- iiiuifs kf ciniroDnes comme èk -raiii- Aj-^\;iiKr^ u^\iiniK-. îh m^efshé des circoDStaMl^i ..ii:n-.lf i ::d;;u - -•imf'nrt-. Aior> Louis XVIII rêpanAi ■ ---jl; - . iir nu- ô- '••uit^' l'bfriUicf desespères. «Jei

f (idir ii ^il^ armes la délîniM -ii'—itict dînait mettre à \otre iirMiiijv. iVn appellerais à la .1. 3t lit Di'thi'ai point par une I ■ I- ]ir'ii d» jour? que j'ai encwl

•liUlUi; t- }\'* nu- ■ -î ':• '..:•■ ;■ i> n;:

^ >. la

.;-r«: . nr'r\»ii:-i'iit' par la fermeté ds >.:• j:*- f-uirairement» pris par k( •' ..'-;='. L'.-r irîiranti«*s étaieut s^ ' ".r jj-'!j: rt jiTvseutatif en deux* . .. :i.i>njvij du Roi devint plus

> . irr-z^ , imt>ti par lui du titre del

) : ? 11 rT,iil d'ailleurs urgent,

•;. •z-îi'vrnïement. de faire

. "-- :- .. ■ 'îi-iiuit-. L'ancien régime

^^■. v:^Ai^M■. l'Iàupirt' veuait de tookf <

j .• ..rr - : V. ./ '.• - :' : :;. > :\: n.mrdii pouvoir? Parla î- - îi • îp:i*. L.ii.r Wlll i-j.ir.ùt ^urtuut à Siiu\egarder 1 \.- .îi' iiii^i! /:"!/• iii<.«iMiv di- Lt prérogative roYiki i» . ! i» 1 .^«j"ii *ui\ ùi?j».«-r ii ilumuT des libertés •'tt'M.iiii--. iiiii- il N.iiil'it qii>. l'initiative lui appartUt; n .ir.-i'jjtaii jiii- «i lli- ilu S^iuit. ?ans titiv pour remplir riii>-i<»ii.

On an-i\:«it {mu ii |m n >iir l>' ttiT.iiii dt* la transaction; !iiiiiMt, il y ;i\;*it nirnir inif ilifticullt*. Le Roi aurait r.iin- iin«* >iMipl<*<l«'Tlai;jtioiidiMlroits; Alexandre insistait • |iril \ eut 11114' coiistitiitioii. Il sortait engagé envers leSèMli (luiil l<.'2 <iolraii('rs lui .irri\;iiint par riiiterniédiaire deBI.A

LOUIS XYIII ET L^EMPKIIEUR ALEXANDRE. 319

leymnd ; il mettait une espèce de point d'honneur à tenir Murole donnée. Le débat se prolongemt, et Louis XVIII délira à Compiègne pendant toutes ces négociations , qui duent trois jours. Il y eut pendant ce temps des allées et i venues continuelles sur la route de Paris. M. de Talleyid remplissait auprès du Sénat un rôle en quelque sorte ikgue à celui d'Alexandre auprès de Louis XVIII : il cherlit à le prépaix^' à l'abandon de ses prétentions absolues sur Constitution; il caressait la vanité de ses membres en faisant re à leurs yeux l'espoir d'une discussion dans laquelle ils raient l'honneur d'entrer en Uce avec le Roi lui-même ; il les lena ainsi peu à peu à substituer h leurs premières exigences r l'acceptation immédiate de la Constitution sénatoriîde un Ojjet de déclaration qui ajournait le serment du Roi, lui renît l'initiative de l'acte constitutionnel , mais en lui faisant Bndre des engagements à peu près semblables à ceux qu'on rit imposés au comte d'Ailois. Ce projet, transmis par M. de Beyrand, était ainsi convu :

« Louis, par la gi-âce de Dieu, roi de France et de Navarre, ^us nos féaux et fidèles sujets, salut : « Rappelé par l'amour de notre peuple au trône de nos ïes, histruit par l'expérience, éclairé par les malheurs de la tion généreuse que nous sommes appelé à gouverner, jidoux ' sa prospérité plus que de notre pouvoir, pénétré de la îcessité de consen er autour de nous ce Sénat aux lumières iquel nous croyons devoir en partie notre retour en notre yaume, et résolu enfin de faire pour la tranquillité publique it ce qui ne portera pas atteinte aux droits de notre maison, isi qu'à la dignité de notre couronne, avons déclaré et clarons ce qui suit :

«c La monarchie dont nous sommes le chef souverain aura e Constitution, gage mutuel et sacré de la confiance des mçais en leur roi et de son amour pour eux. Nous main-

lŒTAlUJSSKMK.NT l>K LA MXISU.N DE B0URB05.

tiendrons le gouvernement représentatif tel qu*il existe «qi» d'hui, divise en deux corps, le Sénat et la Chambre des d^iii des départements . »

Venait ensuite rémunération des gtiranties pronûieitf exartemt'Ut reproduites d'après la déclaration du comte fl^ tois. Le projet se terminait ainsi : n Tels seront les priocfi; sur lesquels sera établie la (lliarte ([ue nous jurerons etfaiij jurer d'observer dès qu'elle aura été consentie par les CM|lj représentatifs et aeceptéf» par le peuple fnuH'ais *. »

yuoicpie ce projet lut beaucoup en deçà des premiiTe8|i^' tentions du Sénat. Louis XYIII refusa de Taccepter. Cefqil faisait intervenir le Sénat dans Ta'uvre de la constitution p*«|

consentement, et il somnettait cette constitution à riicceotfii

du peuple français. Kn outre, d après la teneur de rîicte,kl>] reconnaissait le gi »u\eniement représentatif comme evistaii temps de IKnipire. il ue construisîut piis Tédilice, ilyeilA] Kntin on hii faisait riM'onnaître que c'était au Sénat quil' son retour dans son royaume, assertion peu conforme i' con\iction et à la \érité des faits, carie Sénat avait [Juitti rinstrument de la force des choses que le moteur v( des é\éneinents. il fut donc seulement con\enu entre Alei et Louis XVIII qu'il y aurait une r.onstitution, que cette tution renfermer;iit les principales garanties promises f^ comte d'Artois, et quiuie déclaration jvdigée à donnerait publiquement cette assurance. Il y eut trois p>i sur lesquels le lloi demeura inflexible: la question de b< règne, qu'il \oidut reporter au jour de la mort deLouisi la (piestion de l'intitulé de ses actes, pour lesquels il conserver rancienne fornnde : Par la grâce de Dieu^f^^ France et de Navarre; entiii la ({uestion du pouvoir

1. Voir la iiolc ilf M. l)a>ul, agent de M. I(> prinre de Béii^«Hil IrHirfil Tuilrrii'H pt |iiil»lii*i' iluiix Ii> Muniirur du 15 a\ril 1815.

DU PLAN DE CONDUITK A SUIVRK. 3ÎI

;, qu'il s'arrogea lui-même plutôt que de le laisser usurper i Séoat.

ut-être aurait-on évité plusieurs des inconvénients qui rent, en se plaçant plus hardiment dans la situation vraie hoses. n y avait une question de principe, une question it, et une question de politique qu'il n'aurait pas été imble de concilier. Il était vrai en principe que le droit du pésidtant de la tradition nationale, ce n'était point l'appel énat qui lui communiquait le titre indélébile en vertu lel il remontait sur le trône. Il était vrai en fait que, malgré •oit, resté inaltérable dans la sphère morale du principe, avait point régné sur la France pendant les années qui ient écoulées depuis la mort de Louis XVII jusqu'à la chute Empire. C'était encore un fait incontestable que, pour que règne commençât, il avait fallu que la Providence fit er les étonnantes péripéties qui rendirent le retour de la on de Bourbon nécessaire, et que le vœu de la France, pminé par ses intérêts les plus chers, se manifestât hautet et entraînât les souverains, Alexandre tout le premier, « hommes mêmes de la révolution. Il était enfin inconble que Louis XVIII ne pouvait continuer l'Empire qui wdt; que la monarchie de l'ancien régime ne pouvait se er telle qu'elle était avant 1789, et que ceux qui demanit le retour de l'ancienne Constitution française évitaient cliquer à quelle date ils la prenaient, si c'était avant ou i les états généraux de 1789, avec ou sans distinction des 5S, avec ou sans la division par provinces, avec ou sans stinction entre pays d'états et pays d'élection, avec ou la périodicité des réunions des états généraux, avec ou les parlements, avec ou sans l'intervention du clergé nue corps constitué dans la politique. Il fallait donc qu'il y me déclaration convenue et concertée sur les choses ([ui lient entières dans la société et sur les changements ({ue

Hitt. de U Rfttaar. I. 21

393 HÉTABLISSEME.NT DE LA MAISON DE BOtRMIN.

le temps, les événements, les circonstances avaient rendus iiiévitabl«*s , sur les progrès à conser\er, sur les abus à biit ïlisparaltre.

Louis XVIII aurait sauvegardé la question de principe enie disant rui par la grâce de Dieu, ce qui est M'ai pour tous kl pouvoirs humains, car tous i*clèvent d'en haut, doublemeil vrai poiu' lu) prince rétabli sur le trône de ses pères par m ciincours d'é\éiiements si é\idemment providentiels. Uaunil iv/i dans le même sons en datant, non sou règne, inaisM a\énement du jour de la mort de Louis XYII, car de ce jourJI il était roi, non de fait, mais de droit; par là, il aurait shHsannnent repou>sé la prétention du Sénat à lui conférer la dh gnité royale.

Après s'être placé dans la vérité du principe, il aurait poK placer dans la \érité des faits, en laissant de côte cette dénoaih nation siu^année de roi de Navaire, sans application, puisfi la Navarre if était plus son royaume, en distinguant ladateà son règne de celle de son avènement, en datant sa dcclaniNi de la ^ingt et unième année de son avènement et de lap^ mière de son règne, w qui eut fait disparaître la juste olge^ lion de l'empereur Alexandre sur F impossibilité de chaqpr l'histoire. 11 aurait pu également trouver une formule quioprimât ce fait incontestable que, roi par la grâce de DieU|ij remontait au trône de ses pères par le désir de son exprimé par racclamation umverselle.

De cette manière, la vérité des faits comme la vérité principes l'usseut été sauvegardées, et il n'y aurait plus eu la que>tii»n politique à résoudre. La politique est l'art de les choses possibles en se rapprochant , autant que les cireofe] stances le permettcait , des choses désirables. Il était donc ak ce^>aire de se rendre d'abord un compte exact des ciitai*j stances. Les pcânts culminants de la situation étaient ceux-d:. il y a\ait ime force étrangère maîtresse par ses armées dak

ou PLAN DE CONDUITE A SUIVRE. 323

aie et de la plus grande partie de la France ; on était obligé »mpter avec cette force. Cette force se trouvait mise, dans certaine mesure, par Tempereur Alexandre, au service corps politique, débris du gouvernement impérial, le t, qui avait des intérêts d'ambition et de vanité, des préats, des tendances, des idées, des défiances révolution- (S , fort distincts des intérêts , des tendances , des idées de ance. Il y avait en dehors de ces deux éléments une force inion très-favorable aux Bourbons ; c'était celle de la gélité des esprits qui , sans avoir des idées bien arrêtées sur jime qui convenait à la France, aspiraient à un gouvernet modéré où les intérêts fussent garantis, où les progrès ïés fussent conser\'és, où la sécurité générale et la sûreté idueUe ne fussent pas à la merci d'une volonté unique, pensable, arbitraire.

ux qui ont dit qu'en 1814 Louis XVIII n'avait qu'une

à faire , c'était de se coucher dans le lit de Napo-

en en changeant les draps , ont bien mal connu l'esprit

n en général, et en particulier l'esprit de la France à

poque de sou histoire. La dictature s'épuise par son

léme, et les gouvernements arbitraires et despotiques

t d'avoir vécu. Les blessures que le despotisme avait

tous et à chacun étaient trop récentes et trop cuisantes

'on pût raisoimablement songer à continuer le même

sn changeant son intitulé impérial contre un intitulé

ique. Ce n'était pas seulement un changement de

était un changement de gouvernement comme de

(ue réclamait la situation.

ence d'une situation pareille, le parti le plus pru-

»té d'indiquer dans une déclaration préalable les

ncontestables et incontestés : le droit de la nation

' dans le vote de l'impôt et des lois par ses députés,

de rin\iolabilité dcî la libeiié individueUe mis sons

324 RKTAB1JS8EMKNT l>F. LA MA1S0> l>R WU'IIRO^.

la garde des lois et des tribunaux, rinviolabilité des jurid lions , l'admissibilité de tous aux emplois et la partieipttkw tous aux charges ; puis seraient venus ces droits nés des tn sactions qui ont fermé nos guerres religieuses : la liberté conscience, la liberté acquise aux cultes qui ont conquil droit de cité en France; ou n'aurait pas oublié ces autres |i cipes, pallie intégi*ante de la probité publique : le maintin la dette, le maintien des militaires dans leurs grades, dans h pensions; entin,le principe de conciliation déposé danskt tanient de Louis XVI , Toubli complet des opinions, des ad des votes dans la période révolutionnaire.

Quant à la question d'organisation politique, il y tiA \ ligne de conduite générale qui se trouvait naturellenMrt diquée par la connaissance de la situation : c*était d*éii ciutant que possible, de faire rien de définitif avec le SA qui avait des places de sûreté à prendre pour lui-mdme, intérêts égoïstes, des prétentions personnelles ou révoW nail^'s. Mais pour cela il fallait, en acceptant à titre de | visoire tout ce qui existait, le Corps législatif comme le Sfi entrer avec une franchise résolue dans la voie ouverte |i déclaration des puissances, qui avaient annoncé que lafti serait consuhée, et tout renvoyer à une grande qui serait élue librement par les départements, et qui vî de concert awv le Roi, établir sur les assises à la fois chiques, nationales et représentatives, résultat du Irafal siècles, des institutions mûrement méditées, pour mettn vigueur les principes énoncés dans la déclaration royde.

De cette inauièns on dégageait la parole de Temps Alexandre, et on ôtait au Sénat son principal argumeML Ultime temps on faisait une chose bonne en soi , néeen dans les circonstances où Ton se tmuvait ; on évitait de I du délinitif en vue de circonstiuices transitoires; on dM à la France et on se doimait h soi-même cet instnirosÉl

toutes les choses dumbies, le temps, e\ on trouvait roiiire les prétentions et les eiûgeuoes du Sénat un refuge daus les droits et les intérêts de la France.

Ce plan, dont Thistorien éclairé ^iv Texpérienee aperçoit la convenance et la possibilité, surtout si Ton eût souscrit avec les membres plus influents et les plus honorables du S(*nnt des arrangements individuels qui les aumient rendus moins sensibles au refus de reconnaître, à priori^ le Sénat imp<;rial comm^* partie intégrante de Tédilice nouveau , ne se présenta pf>int à Tesprit de Louis XVIII h Compiègne, ou fut écarté par le czar. Le Roi partit donc de cette résidenct» pour Saint-Ouen aver une seule pensée bien aiTétée : ctJIfî de faire le moins de concessions possibles au Sénat, etde fain», au moins fu apjwr^n/^»', proprio tnotUy celles qu'il ne pouvait pa«< t-Vité-r, \ Ssmrf-^m^if^, les discussions se renouvelèrent, et Ton r.ofntftfiuffit '^ /^r^rMr** de ne pouvoir pas s'entendre. Alor?» Y^^tff^r^nf %>^uA4i''* intervint encore une fois, «'t ne carrh;* ptiw U pi^twi^i» 4^ j %»>poser à l'entrée de Louis XVIII à Parii». f-wr-f '*?•> x a m^ot ^-ic siMiscrit une déclaration de nature 4 ^t^U..** •» ^f^nut. *î Mn en outre, annoncerait la promuli^intii'yfij j^?^.i*":4v/»» <•♦ ■« '-.t.o-»

constitution.

Ainsi les négnciation?- a^^ii^-nt «^Mi^j ht u»**:»* muimj,. ,*... Louis XVIII qu'avec le comt/r d A/iz/i' ï>-' ^-^jy^iuk*.* r ';• ^/ ■ « avaient provoqué la rési^tm^r^ h i^r ♦.•»t.„ 4,tj Kv ' ^n,* » ■* • tion de l'empereur de Ra-^ie ^^-j/ 'V/»-»»?»Uà» î* '♦,.f,r..^ .. •* Cette tnuisaction n'était p;L* t/'IVr, ij ' ri .t^. ♦^..» a..».- "mi.

et que l'avait espéré le S^-nat; il ) 4^4$^ •u c*.- ^♦tu ■ * *» . quels h. résistance de Loui- Wlll réi^ju* ff**.»*!'^!» .ut"» «•!.• M. de Talleyi-and iusir-tait -urrifii|^/rl<iii*^ «j*. i • ..u».ii' • « que le Roi coiisentit à jurer la 0#fi^i^«U";.. lynu } \ih répondit, en le rou>Miit d un t*"tijt^} j/*« t '-• '.o«i /• ' • « Monsieur de Tidle>rand, A je jur^iu» U 0//>/'')'.o<j//^ . "^ seriez a>>is et je *ier"" ' f> l^ Joni** #«/<w * . ^ .»i

tage de Louis XYIII, mais le Sénat obtint le fond de contenu dans la déclaration qui devait poser les bases de constitutionnel.

L'accord s'étant enfin produit, le Sénat se présenta i soirée du 2 mai à Saint-Ouen; le Roi devait faire, le main matin , son entrée à Paris. M. de Talleyrand ad Louis XVIII un discours où la métaphysique politique ti sa place et l'enthousiasme général son écho, mais où piraient, pour des regards exercés, les débats qui avaiei cédé la déclaration.

« Sire, lui disait- il, le rcloiir de Votre Majesté rend i la Fn gouvernement national, et toutes les garanties nécessaires à son i uu repos de TEuropc.

a Tous les cœurs sentent que ce bienfait ne pouTait être dû qn' mCme; aussi tous les cœurs se précipitent sur votre passage. II joies qu'on ne peut feindre; celle dont tous entendex le trant] une joie vraiment nationale.

n Le Sénat, profondément ému de ce touchant spectacle, hes confondre ses sentiments avec ceux du peuple, vient comme loi * au pied du trône les témoignages de son respect et de son amoni

« Sire, des fléaux sans nombre ont désolé le royaume de vei Notre gloire s'est réfugiée dans nos camps ; les armées ont sauvé 11 français. Kn remontant sur le trône, vous succédez à vingt ani A et de malheurs.

« Cet héritage pourrait ell rayer une vertu commune ; la rtf d'un si grand désordre veut le dévouement d'un grand courage;. des prodiges pour guérir les blessures de la patrie; mais nous l vos enfants, et les prodiges sont réservés à vos soins paterneb.

« Plus les circonstances sont difliciles, plus l'autorité royale A puissante et révérée. En parlant à l'imagination par tout Tédat é cieus souvenirs, elle saura se concilier tous les vœux de la raîM derne, en lui cMnpruntaut les plus sages théories politiques.

' Une (Iharte constitutionnelle réunira tous les intérètfl i 61 trône, et fortifîera la volonté princière du concours de M volontés.

c Vous savez mieux que nous, Sire, que de telles instltatiom» éprouvées chez un peuple voisin, donnent des appuis et noadesbi aux monarques amis des lois et pères des peuples.

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