DISCUSSION DE LA CHARTE : LIBERTÉ DE LA PIIRSSE. ICT
VOUS en ayez sûrement dans la commission. Je trouve simple que M. Boissy-d'Anglas ait défendu les protestants et singulier que M. Tabbé de Moûtesquiou n'ait rien dit pour les catholiques. Je devine Texcuse qu'il vam'apporter : le mieux est que rarticle soit passé ; mais il est fort mal placé. — Il dépend du Roi, répondit M. Beugnot, de rendre à chaque article sa véritable place, et je le ferai s'il daigne m'y autoriser. — Non, reprit le Roi, si nous le pouvons, il ne faut pas toucher aux articles arrêtés par la commission, ni môme à l'ordre qu'elle suit. »
Ainsi fut emportée cette question par l'ardeur convaincue de M. Boissy-d'Anglas, l'hésitation de M. de Montesquiou, et le peu d'autorité des membres qui soutinrent les droits du catholicisme. Un protestant fervent eut raison de catholiques tièdes et sans ferveur. Si les philosophes ne prirent poiiit la parole dans la discussion, leurs sentiments parurent au vote, qui fut aussi influencé, chez quelques ^mes chrétiennes, par le désir de ne pas se refuser à l'adoption d'une proposition qui était présentée comme devant cimenter l'union de tous les Français ' .
L'article suivant, relatif au payement des ministres des divers cultes par l'État, fut adopté sans discussion.
Dans la séance du lendemain (23 mai !8i4), on aborda
Farticle 8, qui reconnaissait à tous les Français le droit de
publier et de faire imprimer leurs opinions , en se conformant
tnx lois qui doivent réprimer les abus de cette liberté. Sur cet
article encore la discussion fut vive. Cependant, d'après le
témoignage d'un des commissaires du Roi, qui prit une part
active à cette discussion , personne ne croyait que la Uberté
des journaux fût comprise dans ce mot générique de liberté
fïe la presse^. Il ne s'agissait, dans l'opinion générale, que