I. MémùiresdeM. de Lavateiie , tome II, page
assez dit. Ses yeux quittèrent les miens, et il les leva au ciel, frappant fortement le parquet de son pied ; puis, jetantun de ces ah l plaintifs que Talma tirait du fond de sa poitrine, il s'écria avec Taccent le plus amer : « Ah ! si j'avais brùléVienne ! »
Napoléon ne mettait donc pas ses espérances dans une défense de Paris, qu'il jugeait impossible, qu'il n'avait rien fait •pour préparer et qui, tout le monde le lui déclarait, ne serait pas même essayée. Il mettait ses espérances dans ime grande victoire. — « Il faut la gagner !. » dit-il avec un accent profond à M. de Lavalette, qui lui répétait, la veille de son départ pour l'armée, que c'était le seul moyen qui lui restât de tout rétablir * . Il avait fait les plus grands efforts afin de se préparer des ressources pour cette suprême campagne ; mais le pays était épuisé : c'était la troisième armée qu'on lui demandait depuis moins de deux ans. La confiance s'éteignait, le zèle même des fonctionnaires commençait à se ralentir. Les arsenaux, vidés par la guerre, étaient en retard ; les levées se faisaient péniblement, et il ne se présentait point de volontaires. On cherchait, par les nouvelles publiées dans les journaux, à faire illusion à l'Europe coalisée, et à relever les espérances de la France, tactique permise ; mais on n'augmentait point ses forces sur le terrain en les enflant sur le papier^. Napoléon, njalgré ses efforts pour se hâter, ne put être prêt à entrer en campagne que pour la fin du mois de janviei: 1814, et, bien que les gazettes eussent constaté un mouvement de deux cent mille hommes traversant Paris pour se rendre à Far-