‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 14 sur 213 · NAPOLÉON A SON DÉPART POUR LA CAMPAGNE DE · texte numérisé non relu

NAPOLÉON A SON DÉPART POUR LA CAMPAGNE DE

vait seule faire pardonner la rudesse, que la France était fatiguée à l'excès , qu'il était impossible qu'elle pût longtemps encore supporter l'intolérable fardeau dont elle était accablée, et qu'elle se déroberait à son joug pour se livrer, selon son triste usage, à la nouveauté, sa divinité favorite'. »

M, d'Hauterive, chargé de l'intérim des affaires étrangères par suite de l'absence de M, de Caulaincourt nommé plénipotentiaire de l'Empire au congrès projeté de Manheim, eut avec. l'Empereur une conversation pkis significative encore : « Nous nous promenions dans son cabinet, dit-il; il ne parlait guère, ni moi non plus. C'était le moment où il allait paitîr pour la campagne de 1814. Tout à coup il s'arrête, et me dit, en plongeant son regard si perçant et si sûr dans mes yeux : — Est-ce qu'on ne pourrait pas enfin jeter du phlogistique dans le sang de ce peuple devenu si endormi, si apathique? — Sire, lui Jis-je, il y a longtemps que tout ceci dure. Il y a eu une guerre de vingt et un ans ; il y a eu, dans deux de vos campagnes, plus d'argent dépensé, plus de sang répandu que dans cette guerre, qui fut la plus acharnée des vingt-deux derniers siècles. Nos vingt et un ans de bataiUes ont été un siècle de désastres et de souffrances, et l'on est impatient de le voir finir. D' ailleurs, vous avez fait la guerre noblement. Vous avez régné sur toutes les capitales de l'Europe, ^ voici ce que diront les bourgeois de Paris : Quand l'empereur Napoléon entra dans Vienne et dans Berlin^ les habitants n'avaient aucune peur de lui; ils se portèrent sur son passage pour le voir. Tant qu'il y resta^ ils firent tout ce qu'ils faisaient avant qu'il y vint: ils déjeunaient^ ils dînaient, etc.. Il en sera ainsi quand F empereur Alexandre etitrera dans Paris.

« Napoléon ne me laissa pas poursuivre. Un mouvement de contraction que je vis sur sa figure m'annonça que j'en avais

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