CAMPAGISË DE 1814 : PREMIÈRE PHASE
(le la pensée napoléonienne, les négociations ne se nourrissent que de restitutions, de compensations et d'échanges; peutêtre ce qui nous reste de la possession de TEurope entrera-t-il en déduction des sacrifices qu'il faudra faire à la paix*. »
Ici apparaît la véritable pensée de Napoléon. Il ne voulait pas encore s'avouer la portée et le caractère de ses revers. Après la journée de Leipsick, il était indiqué que la France îtllait avoir à se défendre chez elle. C'était à cette époque que le mouvement nécessaire pour couvrir nos frontières aurait pu être fait utilement. L'ai^mée d'Italie eût couvert la France du côté des Alpes. Les gtuiiisons laissées sur TElbe et de l'autre côté du Rhin auraient couvert notre frontière de l'Est et du Nord. 0"iiiit à Tarinée de Soult, elle avait été ramenée par les événements de la guerre sur la ligne de l'Adour, où elle était utilement placée pour défendre nos départements du Midi. Si les deux autres frontières eussent été ainsi couvertes, la campagne de 1814 n'aurait point commencé au cœur de la France, et Napoléon aurait eu le temps de former derrière ce
nie foraielleraent. Il allègue le témoignage du lieutenant général d'Anthouard , premit^r aide de camp du prince Eugène , venant à Pappui des confldenced de Napoléon lui-même qui , en arrivant de Vitry, dit au duc do Raguse qu'il avait donné l'ordre au prince Eugène d'évacuer TUalie , après avoir fait un armistice ou trompé les Autrichiens et fait sauter toutes les places , excepté Mantoue , Alexandrie et Gènes. Ces paroles de Napoléon n'ont rien de concluant, parce que , obligé d'avouer que le camp de Chàlons , sur lequel le duc de Raguse avait compté, n'existait que sur le papier, il pouvait chercher à lui donner une autre espérance, en faisant briller à ses yeux l'arrivée prochaine de l'armée du prince Eugène. Le témoignage du général d'Anthouard aurait une tout autre valeur, mais cet offlcier n'a rien laissé d'écrit. Jusqu'à ce que des documents plus décisifs viennent trancher celte question, la version la plus conforme à l'ensemble des faits, la plus vraisemblable , à en Juger par les illusions que Napoléon conserva dans toute cette campagne, est celle qui présente le prince Eugène comme ayant reçu l'ordre de ne pas quitter l'Italie. Qu'au moment de la chute de TEmpire , le prince Eugène ait cherché à agir pour son compte et h se faire proclamer souverain indépendant en Halie , c'est là une autre question distincte de la première , et qu'il est difTlcile de ne pas résoudre adlrmativement après avoir lu sa proclamation.