‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 192 sur 213 · SAXE ET POLOGNE : PROCLAMATION RUSSE · texte numérisé non relu

SAXE ET POLOGNE : PROCLAMATION RUSSE

li jugé, ni interrogé; qu'il n'existait aucun tribunal compétent pour le juger; que la Saxe demandait son retour, que 'Allemagne réclamait l'intégrité des droits de tous comnromis par le sacrifice de la Saxe ; que le feu couvait sous la sendre, et que, s'il éclatait, la France ne pourrait demeurer spectatrice impassible de l'incendie*; que si l'annexion demandée s'effectuait, on verrait renaître la rivalité de la Prusse si de l'Autriche, et que la tranquillité de l'Europe se trouverait compromise. «Enfin, le plénipotentiaire français indiquait comme la seule base raisonnable de l'arrangement à intei^venir, la cession de la Prusse méridionale jusqu'à la Vistule parla Russie. En même temps un mouvement très-vif d'opinion se manifestait en faveur du roi de Saxe en Allemagne ; les publicistes de ce pays se prononçaient pour, la plupart en sa faveur; il en était de môme en France ^, et bientôt ce mouvement d'opinion gagna l'Angleterre et agit sur le ministère, qui commença par appuyer plijit^aiblement le roi de Prusse, et finit par l'abandonner tout à fait.

La Russie et la Prusse, inquiètes de ce mouvement, entreprirent de trancher la question par un coup de parti. Dans une proclamation datée du 8 novembre 1814, le prince Repnin, gouverneur militaire de la Saxe au nom de la Russie, annonça que, par suite d'une convention arrêtée entre la Russie et la Prusse, et du consentement de l'Autriche et de la Grande- Bretagne, il remettait provisoirement l'administration de ce

1. Préci:<(^ment à cette époque, le V9 octobre, M. de Tallevrand écrivait au miniftre de la guerre : « Knvoyez-moi, comme par hasard, au Iraveru d'autros cboMS, un état de nos troupes di.^poniblcs sur-le-champ, et disponibles plus tard; c'est une lettre que je voudrais pouvoir négligemment montrer. » ( Documents inédits communiqués par madame la comtesse Dupont.)

2. Dans' un écrit publié par le baron Bignon, en décembre 1 8 1 4 , sous ce titre : Exposé comparatif de l'état financier de la France^ on lisait ce qui suit : « On lime à se persuader qu'il est impossible qu'un sénat de rois puisse Jamais signer \ê détrônement du roi de Saxe. Ce serait un attentat contre la justice naturelle, qui n*est pat oième autoriaé par la justice politique, etc. • (Pages 240-246. )

royaume aux délégués chargés par le roi de Prusse de h nu- Yoir. Un long murmure s'éleva en Allemagne; la sensatkmfÉ profonde dans TEurope entière , et TAutriche, affermie das sa résistance, fit entendre des menaces. Le prince de Bmdemberg, qui, pour apaiser cette résistance, avait en wnpi»-' posé, à la fm de novembre, à Fempereur Alexandre de céèr la ligne de la Wida et de la Wailha, produisit une dédaratioa à lui portant (( qu'en rétablissant la Pologne sous un seqbe russe, en lui donnant une existence propre et un goureiw particulier, il avait cm donner des garanties suffisantes i ici voisins, et que son projet était par conséquent d^incoiponri son empire les villes de Cracovie et de Thom ; mais lesenîilei inspirées par ce dessein le décidaient à y renoncer, à coailion que ces deux villes jouiraient de la même indépendace que les villes hanséatiques sous la protection des alliés, qutli Prusse obtint la Saxe entière, et que Mayeuce devint une âe ses forteresses fédérales dans la Confédération germanique. > Le 1'' décembre 1814, le piînce de Mettemich réponditci désapprouvant Térection de Cracovie et de Thom en nfci libres , qui deviendraient des foyers de troubles , et deanili qu'elles fussent soumises à la Prusse et à rAutriché. Ponrli première fois, il s'opposa formellement à TincorporatioD » tière de la Saxe à la Prusse. Sou refus, ajoutaitril, n*étûl|M motivé par la crainte de raccroissementquerannexionpropœêe donnerait à la Prusse, mais pai* d'autres considérations : MM annexion serait une pierre d'achoppement à Funion intime k l'Autriche et de la Prusse; les principes de TEmpire, lesfiw de famille les plus étroits, les rapports de voisinage et de ftàr tion de T Autriche protestaient contre cette combinaison. Enfii la France s'était prononcée contre cette prétention, les princes de l'AlIeinagne, et si l'Autriche et la Russie s^ saient pour empoiler de vive force l'annexion, elles couRWÉt l<s risques de jeter ceux-ci dans les bras de la France ilèl

■^iiàÊ

Page 1