‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 193 sur 213 · SAXE ET POLOGNE : VETO AUTRICHIEN · texte numérisé non relu

SAXE ET POLOGNE : VETO AUTRICHIEN

rendre à cette dernière le protectorat qu'on venait avec tant de peine de lui arracher.

Cette fois, ce n'était plus un consentement dubitatif accompagné de restrictions , c'était un veto. L'Autriche, en s'oppo-

*8ant formellement à l'annexion totale de la Saxe à la Prusse, présentait un tableau des territoires dont la monarchie prussienne devait, selon elle, être composée. La Saxe ne figurait sur ce tableau que pour un tronçon de quatre cent trente-deux mille quatre cents habitants. Le reste se composait du district de la Pologne que l'empereur de Russie avait offert de céder, mais en y ajoutant la ligne de la Wartha, de Dantzig, d'une partie de la rive gauche du Rhin , du duché de Berg, du duché de Westphalie.

Deux motifs avaient encouragé le prince de Metternich à se prononcer avec cette fermeté, et l'encouragèrent à maintenir son veto. D'abord il s'était assuré de l'adhésion des princes allemands qui s'unirent à l'Autriche, les rois de Bavière et de

-Wurtemberg en tête, pour protester contre l'incorporation de la Saxe à la Prusse. Ensuite, et c'était pour lui la considération déterminante, il venait de jeter avec la France et l'Angleterre les bases d'une alliance offensive et défensive pour régler la question allemande, sinon dans les termes précis, au moins dans le sens de sa déclaration. La France n'avait mis à son concours dans cette circonstance qu'une condition , c'est que l'Autriche entrerait en négociation avec elle sur la question du rétabUssement de la maison de Bourbon sur le trône de Naples. Mais cette question devait être traitée à Paris et non à Vienne.

La déclaration du prince de Metternich sembla un moment devoir dissoudre le congrès de Vienne , et l'on put croire que la guerre allait sortii* de cette réunion destinée à assurer la paix du monde. L'empereur Alexandre refusa la ligne de la Wartha, pp-la hautement de faire marcher cinq cent mille

hommes , et le grand-duc Constantin incita les Polonais i se réunir pour défendre leur existence politique, en leur préseBtant Tcspoir de Tunion de la Pologne russe avec la Pologne grand-ducale ; M. de Nesselrode déclara au congrès que U millions d'hommes s'armaient en Allemagne pour leur indipendance. L'Autriche, de son côté, concentrait des troupes a Moravie, et le gouvernement français , tenu au courant des jngrès de la négociation par M. de TaUeyrand, rappelait sous ks drapeaux une partie des soldats congédiés. Louis XYIII Tojal, dans les mouvements qui semblaient se préparer, un moyende faire jouer un rôle important dans les affaires européenos à la France qui, deux mois auparavant, semblait n*étre adnitt que par tolérance dans le congrès de Vienne. Il y avait peu 4 sympathie entre ce prince et Tempereur Alexandre, et Toeeision de secouer le joug d'une protection bienveillante m» hautaine lui paraissait devoir être saisie. Il espérait enfin qv Tententc qui avait maintenu le roi de Saxe sur son tite replacerait Ferdinand sur le trône de Naples, et les deux pw cipaux buts de sa poUtique semblaient se trouver ainsi atteinlk Pendant tout le mois de décembre et dans la première piitie du mois de janvier 1815, les rapports entre les deux campi qui partageaient le congrès restèrent aussi aigres et aussi bofttiles , quoique la Prusse , qui désirait passionnément Paeqasition de la Saxe , cherchât , en maintenant fermement ses prétentions, des compensations à offrir au roi Frédéric-Anguste et des satisfactions de natui'e à déterminer Passentiniert du prince de Metteruich. Dans une note du 16 décembre, k prince de Hardeuberg se plaignait amèrement de ce qu'iris avoir adhéré , sous certaines conditions que le cabine de Rerlhi oifnut de remplir, à Tincorporation de la Saxe à h Prusse, par sa note du 22 octobre, TAutriche ne lui ofti plus maintenant qu'une faible partie de ce pays. Après contesté Texactitude des évaluations du projet autrichien

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