esl le chiffre donné par te colonel Fabvier
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duc de Padoiie p-irvint. wr*: si d:vi^k•n qui tenait la droite, à r'pivndri^ si position: Li ^iuohr nt •prlqii«r> pas en aTaht. Le f«*ntre. ijiii était d;in* un tr^min «iroouvrrt vers remiemi, ayant m;irché t-n avant, qintrr K^î-tiH-us f'.-rmés eu colonne d'atta-ju»' i=^t le duc de Rasus^ ;i i*-iir trt»^ furent arrêtés par la mitraille de dmize piêcrs pUc^-e^ eu a\imt dtrs jardins de Roin linville, et mis ^-n déroute par une attaqu»- fuil vive des gre- 'laditTs de Rajewoski qui u':iA;ii»^nt pas «^^ncore combattu de la campaffii»*, et un parti de stuss»- cavalerie dont quelques chevaliers-ffardes. parmi Wsqut-is *a\ voy.iit le sénéral Miloradovich. Toute la liim*^ fut forcée aK»rs. et on prit positinn à cinq cento ti.iises eu arrière, au villisp d»- Rt-ll^-ville . la di*uite k Ménilmontaut et la irauoh»' aux pn^s Saint -«ienais. Notice centre occupait des jardins avancés. d«>ut l»^s murs, à angles droits, nous dunnainut d^ bi»us f»Mi\ croisés: le temûn assez découvi^rt et eu pi*nti* vers IViuiemi favorisait nutre artdlerie. L'enn*-mi nous attaqua sans n*lAche, mais sans succès: il enlevait qut'lfjues jardins, ou les lui reprenait aussitôt. Il nous présentait sans cesse dr nouvelles trouprs, t^t, tout notre monde étant en^'agé. on ne pouvait former des pelotons qu'avec destii'ailleni-s qui se retiraient eu désordre, mais qu'on ralliait facilement en leur montrant Paris d'une main, l'ennemi de l'autre. A onze heures et demie, le maréchal reent du roi Joseph une letirr par laquelle il l'autorisait, sa position n étant plus tena-h/e^ n faire av.i»c C ennemi une suspension d armes et une con~ vent ion pour C évacuation de Paris*. Le duc de Rîiguse envova \\\\ oriicier de son étal-major po!U' dire au roi que, si le reste (le la ligne n'était pas en phis nuunais état que notre coté, rien
I. • SI M. !•; ni.irrrli.ll iliir ili* H.iKtwi» ri M. le inarcirlial iluo dr Trévwe ne pniMcnl plii.H Irnlr, iirt Noiit aiiloriiu^ri h riilror en i>oiin>arlerit avci' reinpcreur «Je Hii-*«|r ri li« priiirt» i|o SrhwarxrnlMTj; ipil xoiit dpvant eux. Us se rolireront Hiir hi I^)tri\ Jiiitrpli. ParU . (If* Mmitinartnf , |i* 30 inarn, à dix heures du
iinliti. m
ne pressait encore de prendre ce triste pmii ; que nous avions encore Vespoir d'atteindre la nuit, qui pourrait apporter quelque changement important à nos affaires*. L'officier ne trouva plus le roi à Montmartre, il en était parti pour Saint-Cloud, et, il faut le dire, parti trop tôt....
« Sur le rapport de Tofflcier qui n'avait pu atteindre le roi Joseph, on résolut de continuer à combattre. Le duc de Trévise se défendait pied à pied à la Villette et à Montmartre qui De fut enlevé qu'à quatre heures. L'ennemi, trop supérieur, le poussait sous les murs de Paris; le général Compans, après une vigoureuse résistance à Pantin et aux prés Saint-Gervaîs, s'était placé sur la butte Chaumont. Le comte de Palheu, qui avait passé la Marne au-dessous de Saint-Maur sur Charenton et Saint-Mandé, prit du canon servi par les élèves de l'École poljrtechnique. Ces intrépides jeunes gens, quoique sans appui, se défendirent de manière à étonner les ennemis. Cette cavalerie arriva jusqu'à Charonne. Une division de grenadiers russes, venue de Montreuil par Bagnolet, chassa quelques pelotons de flanqueurs que nous avions à Ménilmontant, et marcha sur Belleville, où elle arriva à trois heures. En même temps, une autre colonne montait des prés Saint-Gervaîs. Le duc de Raguse, coupé avec tout ce qui défendait la tête du village de Belleville, réunit tout ce qu'il trouva sous sa main, et, accompagné des généraux Pelleport et Meynadier, attaqua à la baïonnette le corps qui occupait la grande rue. Nous rentrâmes en communication avec la barrière. On se fusilla d'une maison à l'autre, et, pendant ce temps, tout ce qui était en avant put nous rejoindre. Les généraux Ricard et Pelleport furent blessés dans cette attaque; les généraux Arrighi et Clusel l'avaient été auparavant; le duc de Raguse reçut plusieurs balles dans ses habits.
I • « L*Empereur pouvait arriver. Le duc de Raguse avait laissé à Nogent le général Souham pour couvrir et protéger sa marche. •>
404 CHUTE DE l'empire.
On prit une dernière position occupant la butte Chaumout, TégUse de Belle>ille et la rue haute qui va à Ménilmontant. Le nombre des soldats était beaucoup diminué par le combat. Le \oisinage de Paris permettait à un grand nombre d'y entrer sous divers prétextes; la défense était devenue impossible. Lee généraux crurent aloi's qu'il était temps de faire pour Paris ee qui se fiiit d'ordinaire pour les \illes de quelque populatioli; ce que le roi Joseph avait autorisé quatre heures auparavant. Trois ofliciers furent envoyés successivement pour proposer une suspension d'armes; un fut tué, le deuxième blessé, un troisième pan int enfin et rapporta le consentement de Tempereur Alexandre ; nous avions alors perdu tout le village de Belle ville. La premièi'e condition fut que nos troupes se renfermeraient dans les barrières. Il le fidlait bien, puisque nous ne pouvions plus tenir dehors. On envoya partout l'ordre de faire cesser le feu ; déjà plus de la moitié de Tenceinte était abandonnée *• »
Telle fut, d'après le récit d'un vaillant homme de guerre, k dernière journée militaire qu'on appela la bataille de Paris. Les quinze k vingt mille soldats que nous avions en ligne avaient, chose presque inouïe à la guerre, tué à l'ennemi presque antant d'hommes qu'ils en comptaient dans leurs rangs au ccMOamencement di* la bataille. Us avaient poussé leur résistance jusqu'aux dernières limites du possible; engagés contre des forces quintuples, renouvelées sans cesse par des troupes fraîches , leurs généraux n'avaient songé à une capitulation que lorsque, refoulés de proche en proche par des combats meur^ triers, ils avaient vu le champ de bataille se dérober sous leurs pieds. A huit heures et demie, on put voir, des hauteurs de Belloille, de nouvelles et formidables colonnes se diriger sur
1 . Journal du tixitme corps ptndant la campagne de France en 1814, ptr k colonel Fabvier. — Paris, 1819.
tous les points résistants de la ligne, depuis la barrière du Trône jusqu'à la Villette. Tandis que le duc de Raguse, après une défense héroïque , était acculé à la barrière de Belleville par Varmée autrichienne, et que le diic de Trévise avait été refoulé de son côté jusqu'à la Villette, Blttcher, traversant la plaine Saint-Denis à la tête de l'armée de Silésie, passait le canal et arrivait aux buttes Montmartre avec de grandes précautions. Aucun préparatif sérieux de défense n'avait été fait sur ce point; Blûcher fut donc bientôt maître des buttes Montmartre , et les couvrit de canons. A quatre heures vingt minutes, les obus et les boulets ennemis commencèrent à tomber dans les terrains où s'élèvent aujourd'hui les rues les plus brillantes de la Chaussée-d'Antin. Paris était à la discrétion des coalisés; cent cinquante pièces de douze furent bientôt en batterie sur les hauteurs qui bordent cette ville du côté où elle a des défenses naturelles, vers Montmartre et à la droite de Ménilmontant ; l'empereur Alexandre avait donné ordre de canonner la ville si à minuit la capitulation n'était pas signée. L'ai'mée ne pouvait plus rien pour sa défense, et le gros de la population ne laissait voir aucun symptôme d'une de ces résolutions désespérées qui enseveUssent les cités sous les ruines d'un gouvernement national. Dans la matinée même du 30 mars, à dix heures du matin, Joseph Bonaparte, après avoir observé, des hauteurs qui environnent Paris, les mouvements des armées ennemies, et découvert les nombreux bataillons de Blûcher s'avançant en masse , avait expédié , on l'a vu , aux maréchaux l'ordre de traiter. 11 était monté à cheval à midi avec le duc de Feltre, et s^était hâté de suivre les traces de l'Impératrice. Vers cette heure, on avait vu arriver le général Dejean qui, courant à franc étrier depuis Troyes, précédait l'Empereur. Ce fut en vain qu'il demanda le roi Joseph ; on lui indiqua la route qu'il avait prise, en lui donnant l'espoir qu'en mettant son cheval au galop il pourrait l'atteindre. 11 l'atteignit en efTet vers deux heures dans
406 CHLTK DE i/RMPIBE.
le bois de Boulogne, et lui communiqua Tordre de FEmpereur de tenir jusquW son amvée; mais il ne parvint pas à lui faire tourner bride. Joseph répondit h toutes ses instances qu*ilM resterait pas dans une ville sans défense. « Que dirait FEmpercur, ajouta-t-il, si son frère demeurait en otage dans les maiai de l'ennemi? » Le général Dejean ne trouva personne à Paris qui eût qualité pour recevoir les dépêches de FEmpereur. Le gouvernement impérial était dissous : tous les fonctionnaiM avaient disparu, il ne restait fi leur poste que le préfet de h Seine, le préfet de police et les maires des douze arrondifl0^ ments.
La vie parisienne n'était pas suspendue par rextrénûté dei circonstances. Les boulevards avaient été couverts, pendant h bataille, d'une foule de personnes qui, debout ou assises, «h tendaient des nouvelles et de\îsaient sur les événements. Il y avait des paroles plus vives sur l(»s boulevards qui bordent k$ quartiei's populaires, mais pas d'action. Les notables du commerce parisien, et à leur ttHe MM. Laffitte et Perregaux, se pn^ nonçaient avec insistance pour la nécessité d'une capitulation qui sauvait les immenses intén^ts que renfermait la capitale.
Ce fut dans ces circonstances que le duc de Raguse, à boutde voies, envoya à quatre heures un premier parlementaire, pr^ cédé d'un trompette, pour proposer une suspension d'armes. L(» colonel Labédoyère, chargé de cette périlleuse mission, revint bient/^t après; il n'avait pu passtîr, son cheval et celui éa trompette îivai<»nt été tués : «Le combat, dit-il, était trop vifi»* ment engjigé sur ce point pour qu'un parlementaire eût chantif d'arriver. » Alors le duc de Raguse envoya un aide de camp an génénil (lompans, mieux placé pour entrer en communication avec renuenii , < ar, étaWi au pied des buttt^s de la Villette, ses avant-postt'S occupaient l'entrée de la grande route, et lui prescrivit de chercher à ouvrir la négociation. Le premier parlementaire, comme le dit le colonel Fabvier, fut tué, le second
SUSPENSION d'armes DU 30 MARS AU SOIR. 407
blessé grièvement; le troisième, M. deQuelen, aide de camp du général Compans, arriva jusqu'au quartier général des coalisés, alors à Bondy. L'empereur de Russie répondit, à la demande d'un armistice, qu'il n'avait pas l'intention de faire le moindre mal à la ville de Paris : « Ce n'est pas h la nation française que je fais la guerre, ajouta-t-il, c'est à l'Empereur Napoléon. » — « Pas même à lui, reprit le roi de Prusse, mais à son ambition. » Deux officiers des armées coalisées reçurent l'ordre de suivre M. de Ouelen jusqu'à la Villette. La conférence pour une suspension d'armes s'ouvrit dans la seconde maison à gauche de la barrière, au sortir du faubourg Saint-Denis. C'était un cabaret ayant pour enseigne : Au petit Jardinet.
Du côté des coalisés, MM. de Nesselrode, Orloff et de Paar assistaient à cette conférence , où les deux maréchaux étaient venus * . Il était cinq heures de l'après-midi quand la suspension d'armes fut signée , après une convei'sation où les bases de la convention d'évacuation furent posées. II fut stipulé qu'elle durerait quatre heures, et que ce temps serait employé & régler la retraite des troupes, ainsi que les conditions d'une capitulation pour Paris.
Les troupes commencèrent immédiatement leur mouvement rétrograde. A six heures, le duc de Raguse parut dans son hAtel de la rue de Paradis-Poissonnière. Sa barbe était longue de huit jours ; un bras en écharpe , blessé à la main , noir de poudre, couvert d'une redingote en lambeaux, exténué de fatigue, il avait fait tout ce que pouvait humainement faire, dans cette journée , l'héroïque général de cette poignée de soldats héroïques qui représentaient, à cette lutte suprême, nos bataillons décimés par la guerre ^. Au moment où il entra dans