‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 60 sur 213 · TRAITÉ PARTICULIER DU DUC DE RAGUSE · texte numérisé non relu

TRAITÉ PARTICULIER DU DUC DE RAGUSE

veraement provisoire, Napoléon ne pouvait prolonger la guerre. Jusqu'à quel point le sentiment du rôle important qu'il allait jouer et l'ambition de jouer ce rôle entrèrent-ils dans sa résolution? sa conscience seule le sut, et c'est pour cela que de pareilles actions demeurent éternellement équivoques, à moins qu'elles n'aient pour commentaire toute une vie de loyauté , d*honneur et de désintéressement ; car si les devoirs du soldat envers le général doivent se subordonner à ses devoirs envers la patrie , ce serait un tort gi^ave que d'oublier les devoirs du soldat pour un intérêt d'orgueil ou d'ambition.

Le gouvernement provisoire , dans la note adressée à Marmont, lui disait : a La prise de Paris a décidé la question militaire; la cause de l'Empereur est perdue; mais il reste la France à sauver, son sort est entre vos mains. Adhérez aux actes du Sénat et du gouvernement provisoire ; le reste de l'armée suivra votre exemple , et une paix solide, honorable, rendra enfin au pays le repos qu'il a perdu depuis vingt-deux ans. »

On était dans des circonstances critiques , où l'obéissance passive qui , dans les temps ordinaires , règle les rapports des lieutenants avec leur général en chef, fait place à la déUbération. L'Empire était mis en question , et tout devenait douteux , l'obéissance comme l'autorité. Les maréchaux délibéraient à Fontainebleau avant d'entrer dans le cabinet de TEmpereur ; ils y entraient résolus k refuser de marcher avec lui et même à lui arracher son abdication. A Essonne, le maréchal Marmont rassembla ses généraux , et, après avoir pris leur avis, résolut de traiter séparément *, et adressa au généralissime autrichien la réponse suivante :

• Monsieur le maréchal, j'ai reçu la lettre que Voire Allesse m'a fait

I. • La décision fut unanime. H fut convenu de reconnaître le gou> émettent providoire et de se réunir à lui pour sauver la France. • (Mémoires du duc de Ragutft toii«e VI, page 2G0.)

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rhonneur de m'écrirc , ainsi que tous les papiers qu*elle renfenniit L'opinion publique a toujours Oté la règle de ma conduite. L'armée et le peuple se trouvant déliés du serment de fidélité envers l'empereur Napoléon par le décret du Sénat, je suis disposé à concourir à un rapprochement entre le peuple et Tarniéo, qui doit prévenir toute chance de gnene civile et éviter l'cflusion du sang français. En conséquence, je suis prftti quitter avec mes troupes l'urmOe de rempercur Napoléon aux conditîoiif suivantes, dont je vous demande la gurantie par écrit :

« xVrticle l*''. Moi. prince do Schwurzenberg, maréchal et commandât en chef des armées alliées, je garantis à toutes les troupes françaîMi qui , par suite du décret du Sénat du '2 avril, quitteront les drapeaux de Napoléon Bonaparte, qu'elles pourront se retirer librement cnNomiaii- <lie,avec armes , bagages, munitions, et avec les mêmes égards et lei mômes honneurs militaires que se doivent les troupes alliées.

« Art. '2. Que si , par suite de ce mouvement , les événements de la guerre faisaient tomber dans les mains des puissances alliées la persomie de Napoléon Bonaparte , sa vie et sa liberté lui seraient garanties duB un espace de terrain et dans un pays circonscrit au choix des puissancei alliées et du gouvernement franrais. »

\{mi m* priiit mieux que ce (locumtait le muuvi'iueut des idtM's à fcttr époque , et re\trémité à laquellt» était réduite la lortuiie de Napoléon. Son ancien aide de camp, son >ieil ami disposait , sans h consulter, de Tannée qu'il lui avait confiée, et ré^ljiil >ans lui sa dt»stiné(? ; les (rhefs d(» corps qui avaient valeureus(Mn<Mit eondjattu devant Paris souscrivaient iinanimement à sa résolution, tant le sentiment de la lin de l'Empire était profondément entré dans tous les esprits! C/esteequi achevait de rendre la résistance impossible. Ce nVst pointarec des troupes connnandées par des hommes convaincus de ne p(>uvim'plus sauver à l'Empereur que sa vie et sa liberté que celui-ci pouvait entreprrndre contre l^uis une aventure hardie Jusqu'à la témérité. Pour vaincre, il faut croire à In victoire.

Le princt* de Schwarzenherii acct^pta les conditions posées par le duc de Kayuse, et lui en donna avis par la lettre suivante :

■ Monsieur le marv.*i'lial , je ne saurais assex vous exprimer la Ml»-

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