UARTWELL ET LES DIVERS PARTIS
i dans le naufi'age de la monarchie. 11 fallait donc tout louveau. Le premier titre de la mission du Sénat, i nécessité de l'œuvre ; le second, c'était l'invitation lissante de l'empereur Alexandre. Avait-on oublié la ion des souverains coalisés ? On ne contesterait pas du B droit-là. « Quand un gouvernement périt par la con- >ut cesse, tout finit avec lui, excepté ce qu'épargne id île vainqueur *. » C'était donc de l'empereur de Russie énat, conservé par lui, tenait son mandat pour donner istitution h la France. Les plus habiles et les plus s ajoutaient qu'il faut demander, non d'où vient une lion, mais ce qu'elle vaut. M. Rœderer convenait qu'il >his régulier a de convoquer des états généraux et de le goin de rédiger la Charte constitutionnelle à une ée dont tous les membres fussent en possession de et de la confiance publique ; » après cette concession l'opinion, il se constituait le défenseur de l'œuvre du ont il était membre. Puis venait l'argument le plus vif : ion n'était plus entière ; Monsieur avait récapitulé, dans ise ofticielle au Sénat, les articles principaux de la Coni, et il avait assuré que son auguste frère en accepte- }ases.
•gmneut prenait une forme plus directe dans la bouche ché, qui, intervenant vivement dans la polémique, ait personnellement au comte d'Artois, et l'adjurait d«^ • le pays par l'accomplissement de ses promesses, li du passé devait devenir une loi de l'État. 11 y avait eu es et des erreurs de tout côté ; si le trône devenait accuil serait accusé à son tour. La France entière se mouposée à se réunir sous le sceptre des Bourbons, si une tion royale et nationale garantissait avec la môme in-
^meàM. Bvnjusse, (ParU, 1814.)
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1 n*- Oii^ -^ h.'i:»rr. >.':ir i;i musée de lanadon dMmit teitpil i Li r^rnt>*ie H.inr-Lijiii^. T rmêe à Xapoléoo. TotfMÉi rAK(:r.;r ru :^ii ?i iir> III? EEut^xurnimes ne graf aient pu JMf -ur ui «'i-iir' cn^^ >>^ Bi.urtv-as le dèciloeiie d'âne EboIlM
Ain-i n^riv ù* F- Kv^h»^- parvenu aux idées et à la hnpttMj ppr-mirr»:- p;iri»- iir fii •Nimère, en mêlant. sOUS la ioW L'in:»Lni].)-ii:>Q. l\ m»rQ.ii:e aux .-ivis. et les récriminatiQHi
Entrn r»^" deux pirtis' extrêmes, dont les écrits* U-ttiv> \^-ri;aKnt trtjublrr la retraite naguère encore • l'Hartvfcrll. !•- prtrti d»=- la trmiaction proposait ses iimyen.s. M. d*^ T.^r^rand avilit prévu de bonne heure i II»- pourrait pa> f.iirê aco^rptr-r dans scin intégrité la ^rnaloriale à Linii> XVIIL il voulait au moins en consens^ partie. C'était parT-ibbé de Moatesquiou qu'il agissait sor A prit du Roi, et Tirii^trument était d'autant mieux anMtfBll l'ii'UXTe. qii^ M. de Montrsquiou était l'agent involontaR^ M. de Talleyrarid, et qu'il servait à son insu des idées pea< formes aux siennes. « M. de TallevTand me disait hier, \ait-il, que le Koi devait, en entrant, publier un édit par il déclarerait à la fois ses intentions et son entrée dans Fi iii'p de la >(m\n'n\ïU'U'*^ ne point supposer les entravesqttl (lonstitntinn p^'iii y mettre, et gouverner comme si die lion avenir. i'rWr opinion a toujours été la mienne; mai suppose f\\u* h* hoi piililierait en même temps les privilégeiJ lallation, ft f|ii'il nm^orpierait àTinstantun Corps soit relui qui r^i'str ii prrsent, soit un autre composé de veaux député**. M di* Titlh'vrand n'y met pas la même il tance que iiicpi, tiiaiu Télat des finances me décide. On se passer d'un i*iiipniiit, et il me parait impossible de s*assurer dr tout n* «pii peut lui donner une plus
PERPLKXITK DK LOUIS XVIll. 804
itie. » M* de Montesqiiiou ajoutait aussitôt après : a Bien înateurs qui ne sont pas malveillants désapprouvent toute rche qui ne s'accorderait point avec la Constitution ; ils knt qu'il faudrait l'accepter telle qu'elle est et la corriger. » uis XVIIl hésitait entre ces projets contraires, et la mul- Lté des plans ajoutait à sa peiplexité, qui s'augmentait re par l'éloignement et par le peu de connaissance qu'il des hommes et des choses. Qu'y avait-il de possible? Jus- I devaient aller les concessions? Pouviiil-il s'abandonner réserve au jugement des royalistes qui s'étaient si souvent is sur la situation , et qui, depuis tant d'années, n'avaient d'être vaincus et malheureux? N'était-il pjis plus prudent concilier les hommes de la révolution, qui s'étaient couinent montrés, depuis 89, les plus habiles ou les plus forts? d toutes les idées qui lui avaient été suggérées, il y en avait profondément antipathique à toutes les tendances de son igence et de son caractère, c'était celle d'accepter une conion toute faite des mains du Sénat. C'était une humiliation, ibdication morale h laquelle il ne souscrirait jamais '. Il il une autre idée qui le choquait moins, c'était de donner, rio motu^ selon une expression qui lui était habituelle, aranties à la France.
• de VitroUrs cl Bciij^not aflirnient dans leurs Méwoins i\uc h* Roi était traire disposé à accepter la Constitution du Sénat, et que même les letr lesquelles il inTormail le gouvernement provisoire de sa détermination , prêtes quand M. de Bruges arriva. Ces deux assertions dénuées de toutes • ne sauraient prévaloir contre Tévidence contraire résultant dcstenconnues, des idées et du caractère de Louis XVlll. M, de Vitrollesne poufi affirmer de vhu, puisqu'il était à Paris et le Roi à Londres, et il veut, et Mémoires, se donner le mérite d'avoir, par sa correspondance, cliangé M de Louis XVIIl. M. Beugnot, qui était aussi à Paris et qui appartenait anee opposée, e(>dc à la tendance naturelle aux membres du gouvernement lire d'accuser les royalistes de tons les actes du Roi qui ne plaisaient pas NiTeniement, et à la tendance de son esprit, qui était de croire que tout l an peu par liasard.
302 ntCTAULISSKMENt DE LA .MAISON DE MCIIIIOBi.
Mais quelles devaient être ces garanties ? Ici le doute mençait. Pendant que Louis XYIII était dans cette incertitaà^ Tarrivée de deux personnages politiques, accourus de PMîéI llartwell avec des missions contmdictoires, accrut enccm M anxiété. L'un était M. Pozzo di Borgo, envoyé par Tempenv j Alexandre ; Tautre M . le comt^ de Bruges, envoyé jet b comte d'Ailois. Les sénateurs avaient rappelé à remperev à Uussie ses engagements, et ils lui avaient fait un point d'h» iieur d'exercer son ascendant sur Louis XVIII pour ToU^lj accepttM' la Constitution rédigée à son instigation, et, ooforf] le dire, avec le concours d'un ministre russe, le comte delfcfrj selrode. C'était le renouvellement de la manœuvre empbjAj contre le comte d'Artois. M. Pozzo di Borgo, pai'seàprie^j dents de l'Assemblée constituante et par ses liaisons politiq^j appaileuait au mou\cment d'idées qu'il s'agissait de senip;] son opinion hautement déclarée en faveur de la Restai depuis plus de deux ans, lui donnait des titres h h «►] fiance de Loui.-- XVIII. II devint auprès de lui ravooali^ dent de? prétentions du Sénat, et ne cessa d'iusister, iMj t(»ute Tautorité (jue lui donnait la contîance de remj Alexandre , sur la nécessité de présenter des gages luanmes nouveaux . de prendre les engagements de recoiiiKiitre des actes irrévocables et de ne pas soiigtf^ s'appuyer sur les royalistes, que leur petit nombi^e et leur! éloigneiiient des all'aires rendaient incapables de soutenir gouvernement. Le comte de Bruges, au contraire, a\ec les instructions du comte d'Artois et les recoi dations de plusieui*s royidistes qui, en présentant des di\ery entes, s'accordaient &ur cette pensée que le Roi éviter de prendre des engagements avec le Sénat. On hâte de sortir du provisoire et d'entrer dans le définitif Louis XVIII était attendu avec tant d'impatience, que, qu'il Ht et (ju'il ap[)ortAt. il Mirait le bienvenu. Qu'il * '•""l
HONNEUBS RENDUS A LOUIS XYlll PAR l/ ANGLETERRE. 30&
S de Tenir ! 8a présence lèverait des difficultés insolubles on absence. Louis XYIll se décida à partir, et d'Hartwell à Mhien il devait cheminer entre les deux ambassadeurs ieax opinions contraires.
I i9 avril 1814, Louis XYIII quitta le chAteau d'Hartwell, ittfait passé les plus longues années de son exil. Le prince ut et la population anglaise lui rendirent des honneui*s exrdinaires. Le 20 avril, quatre voitures royales, du nombre pelles était le carrosse de cérémonie du Régent, partirent r Stanmore avec plusieurs autres voitures destinées à la B du Roi. Le même jour, le prince régent lui-même quitta lon-House vers midi pour aller au-devant de Louis XVIII [a*à Stanmore ; les postillons de la voiture du prince anglais latent des vestes blanches, des chapeaux blancs, couverts Mcardes blanches. Au moment où il arriva, la ville prétait un aspect extraordinaire ; on eût difficilement trouvé i seiUe maison qui ne fût tendue en blanc. La noblesse les personnes de distinction {gentry) de la viUe et des irons avaient formé une cavalcade pom* aller au-devant Louis XVllI ; toute la route d'Edgeware était couverte toitures, de piétons et de cavaliers portant la cocarde iche. Quand Louis XYlll parut, il ^e fit une immense amation, et, à quelque distance de Stanmore, le peuple la la voiture du Roi et la traîna pour la faire entrer $ la ville. Louis XYlll rencontra les mêmes démonstrations la route de Staimiore à Londres, où il se rendit dans la ure du Régent ; la duchesse d'Angoulême et le prince de dé y avaient pris place avec eux. Le duc de Bourbon occuun second carrosse ; les ducs d'IIavré et de Granunont, et omte de Blacas, précédaient le cortège dans une troisième ure. Lorsqu'on entra à Londres, les acclamations dépasmt tout ce qu on avait entendu sur la route. La foule t immense, et dès que la voiture du Roi paraissait, des
304 RKTABLISSKMliINT l>K LA MAISON DE BOURBOX.
vivat s'élevaient jusqu'au ciel ; liiutes les fenêtres ë garnies de feiiunes élégammeut parées qui agitaienl mouchoir. Ou arriva ainsi à ThAtel de Crillou, pr pour recevoir Louis XVIII et sa suite. Le Roi, en desoeo trouva cent hommes de la garde anglaise qui {usaii haie ; leur étendard et leur drapeau étaient ornés de n blancs, et tous, ofiiciei*s c(»mme soldats, portaient la oo i)lanche.
Le prince rép:<>nt conduisit le Roi dans le principal sal rii(^teU et là, Louis WIII sV'tant assis, ayant le prince r et la duchesse dWngouléme h Sîi droite, le duc d'Yori gauche, le prin<*e de Coudé et le duc de Rourbon en Cm personnes de la suite du Roi, les ministres iuiglais, les ai sadeui-s irAutriche, <rKspagiu*, de Russie, de Portuga niant le ct»rcle. b» prince régent prit la parole eu ces tel u Votre Majt^sté nie penneltra de lui adresser mes fâieîti sur le grand événement (|ui a toujoui*s été l'un de mei haits les plus sincères, «t cjui doit immensément contri non-seulement au bonheur des peuples de Votre Ifa mais fiicore au repos et h la prospérité des autres natim puis ajouttu' avec confiance que mes sentiments et mes pri'somiels sont en harmonie avec ceux de la nation fa niquf tout t^ntière. Lo triomphe et les transpoi*ts qui s leiHuit TtMitrée de Votn» Majesté dans sa propre ca pourront à peine surpasser Tidlégresse que la l'estauralif Votre Majesté sur le troiie de ses ancêtres a fait naître di capitale de l'empire britannique. »
Sans doute les pi'uples sont enclins à saluer le bod nuus il faut ajouter cependiuU que la restauration de antiqui* maison dont le peuple anglais avait été Thdte pca de longues annét^s offrait un de ces grands speclaclBi remuent profondément le cœur humiûn. En outre, pourl «rletern^ comme pour tous les peuples européens fatignésd
HONNEURS RKNDIIS A LOUIS Wlll RN ANGLETERRE. 305
si longue lutte, la Restauration de lammson de Bourbon était le signal d'une paix nécessaire au monde, et populaire à Londres cmiune partout. Louis XVII 1, sous Timpression de cette réception enthousiaste, du discours affectueux du prince régent qui 8*était toujours montré son ami, et à la vue de ces rues pavoij sées de drapeaux blancs et de cette population qui avait arboré : la cocarde blanche, ne voulut pas rester en retard de cour- » loisie : « Je prie V. A. R., dit-il au prince régent, d'agréer les ; plus vives et les phis sincères actions de grAce pour les féliri- [ tations qu'elle vient de m'adresser. Je kii en rends de particu- Jières pour les attentions soutenues dont j'ai été l'objet, tant ' de la part de V. A. R. que de celle de chacun des membres dv ▼otre illustre maison. C'est aux conseils <le V. A. U., à ce glorieux pays et à la conliance de ses habitants, que j'attribuerai toujours, après la Providence, le rétahhsseinentde notre maison sur le trône de nos ancêtres, v\ cet h(nn'eu\ état de chose^,
t* qui promet de feruK^r les plaies, de calmer les passions et d(î rendre la paix, le repos et le bonhem* à tous les peuples *. » Paroles appropriées à la cireunstance, en harmonie a^ec , Tinipression du moment dans ime dr ces journées où tous les ; peuples semblaient ne former qu'ime seule famille qui avait i un ennemi unique. Napoléon. Plus modérées même que celles l du Sénat devant l'empereur Alexandre, comparé à Antonin et à Trajan, et exahé comme un Ubérateur au moment où il entniit à Paris en conquérant ; justes d'ailleurs envers le prince régent, qui avait toujours montré une amitié sincère au Roi et un dévouement chevaleresque à la famille de Bourbon, ces paroles sm*faisaient cependant la reconnaissance de Louis XVIll envers le gouvernement anglais, dont il avait eu souvent à se plaindre et dont il s'était plaint ^, et elles avaient
I . Il y a plusieurs veréions ; noiu prenons celle du Mouiteiir,
7. I^ui» XVin écrivait, on 1799, dans ses Réflexions nu sujet de Vaijencc de
llitl. de 11 ResUur. I. 30
30<> BÉTABLISSEME.NT l>R LA MAISON DE BOl-RBO?!.
en outre le grave iiicoinviiieiit de sacrifieràreffetpréseut Teftl à venir. Ku effet, une fois renivreinent de la paix tombé, Mil pouvait le? tourner eonlre le Roi de France, et les refiié- H iiter connue un acte de vasseiage envers rAngleterre, eu les détachant de la circonstance où elles avaient été dites, du&murs du prince régent qui les avait pi'ovoqiiées, comme ea ti.Liinvs tjui, otées d'un tableau où elles sont encadi*ées, perdenl h*nr physlouoniie.
Louis XVIII donna au prince Uéf:enl l'ordre du Smut-Es{irit, t't reçut de lui l'onlre de la Jarretière. Le prince au^liûs vouhrt reconduire son hôte jusqu'à I)ou\res, lieu choisi pour sou enhanpieinent. Toute la route, depuis Londres jusqu'à ce port, était eou\erte d'une populatit>n qui prodiguait à Louis XYDI ^es; témoignages d(» synqjathie. (les manifestations de\initeBt encore plus vives à Douvres, comme si rAngleterre se h&taitde prolitei' des derniers instants. (Vêtait une de ces heures bioi iar«'S dans l'hisloire, où la paix se fait dans les cœurs, coniHM dans les hitéiéts. et t>ù les peuples se remettent mutueUemol lem's \ieu\ souM'uirs <le discordes et de haines, et ces lousnitt olessures ([iii ont ^aiglîé ^ur toutes les pages de leuiv anuak», pour se rnpprler qu'ils appartiennent tous à la grande famifc Inniiaine, \einie de Dieu et appelée à se trouver un Jour réunk dans sou >ein paternel.
Le 23 a\ril 1811, L(Uii> \VIII s'endjarqua avec niadiunela •hichesse d'Angoulémr. I«' prince dr (londé, le duc de BouT- !M>n rt les lidrles sen ileurs de si»n exil, sur le Royal-Sovereign; le dur (!»• C.larene»' re-cnrtail. sur la Frégate leJason, avec huit
Siiimlu, ii\\ff>r,'f à M. tl.' >,iiiil-rrii'>t : « J<; rrois i\\w U: iiiinfMôre brilaniik|K ;. rniiifiiir- I t |i«iit i-trc |ia,N<' Ii> ( •tiniiiriii'riurnts «le la ri^\olutioii, mail Je cnk •tu si (pril :i •'iinii >i iili ><iii I r<i[»i-(> daiivici'. Mais cr st'iitiiiiont est .'u-rompi^ <!<- «li-ii\ aiilii's t|iii m <iilra\riit ]o^ iiioii\('iiit>iils : l '^ rorjfucil qui lui pemiil ipi'il priit tout l.ijn* à lui si'ul ; 'J'' l'iMIc aiicimno jaUiii»io qui lui Tait eniRÉn i|.i • 1.1 i:» iiùi» !.ii' Iiriil.' »! - rcit»'> «lu'll \n\\ (IrpIoviT à la n^puMiquo. »