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RAPPORTS AVEC LA FRANCE ET AVEC L'EUROPE

Pendant que la France était dans cette situation ; que la Révolution semblait reparaître à Paris avec ses cris de ralliement, et quelques-uns des anciens acteurs de ses sanglantes tragé- ' (lies ; qu’au bruit des clubs et des discussions de la presse, si nouveau sous l’Empire, l’Empereur organisait tout pour une guerre imminente; que le Midi était en proie à des excès révolutionnaires, que les provinces de l’Ouest se levaient eu armes, Louis XV1I1 s’était établi à Gand, avec Monsieur, qui avait passé quelques jours à Bruxelles. Le duc de Berry commandait à Alost le petit corps français qui avait passé la frontière avec les princes.

Le 27 mars 1815, le Roi était encore h Ostende, où deux de ses ministres seulement l’accompagnaient, MM. de Blacas et de Jaucourt; le duc de Feltre les rejoignit. C’est de cette ville et à cette date que le comte de Blacas écrivait, par ses ordres, au comte de Castlereagh pour l’informcrdes motifs qui avaient obligé son maître à quitter Lille, et du contre-temps qui l’empêchait de se rendre à Dunkerque, Monsieur, comte d’Artois, n’ayant pas reçu la dépêche par laquelle le Roi donnait dans ce port français rendez-vous à sa maison militaire. Le 30 mars , le Roi était à Gand. Toutes les opinions qui s’étaient disputé la confiance du Roi ou la direction des affaires se trouvèrent bientôt représentées dans cette ville, à la cour de la royauté fugitive.

Le malheur n’avait pas mis d’accord les réfugiés de Gand: comme il arrive après les naufrages, on discutait sur les causes qui avaient amené la perte du navire. Quelques-uns des amis

LES CENT-JOURS

du comte d’Artois l’attribuaient îi la conduite du ministère ; plusieurs membres du ministère insinuaient au contraire qu’il fallait en accuser les entraves qu’avaient mises à la politique ministérielle les amis du comte d’Artois; tous ensemble, pour échapper h la responsabilité commune, devaient bientôt la concentrer sur la tète de M. de Blacas, que l’on sacrifiait d’avance à l’opinion. A côté des récriminations sur le passé venaient les compétitions pour l’avenir. Ces misères sont de toutes les époques et de tous les exils; l’homme est par lui-méme un mélange de grandeur et de petitesse, et ce mélange se reflète dans toutes ses œuvres. Bien de plus difficile en outre à soutenir que le rôle d’une royauté spéculative condamnée par les événements à l’inaction, ou tout au moins à l'impuissance, au milieu du mouvement immense de la diplomatie et des armées, et qui, cependant, a besoin de ne pas se laisser oublier. Faute de pouvoir agir il faut qu’elle parle, et ce bruit de paroles, cette agitation stérile, prêtent facilement à la moquerie.

Ceux qui ont fouillé dans les souvenirs de cette époque, quelques-uns même de ceux qui furent admis alors dans les conseils de Louis XVII 1, ont trouvé matière à sarcasmes dans les tiraillements inévitables et les côtés faibles de cette petite cour '. Cependant l’attitude de Louis XVIII, eu la prenant dans son ensemble, fut intelligente et digne ; il se montra à Gand toujours préoccupé des intérêts de la France, plein du sentiment de la grandeur de sa race et de la force morale de son droit. Si les hommes qui l’entouraient furent imparfaits comme tous les hommes, les paroles officielles et publiques auxquelles aboutirent leurs débats, et la diversité même d’origine des personnages qui, le suivant dans son nouvel exil, formaient son conseil, étaient de nature à faire impression sur l’opinion. Lise trouvaient M. de Jaucourt, ministre par intérim des affaires

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