‹ Histoire de la RestaurationChapitre 169 sur 325 · I.ES CENT-JOURS · texte numérisé non relu

I.ES CENT-JOURS

sur elle tous ceux qu’il avait perdus. Les hommes qui restaient ainsi fidèles à la monarchie n’étaient point de simples individus, ils représentaient des nuances tout entières.

Le Roi et le conseil dont il s’était entouré ne manquèrent point d’occupation à (Jand. D’abord, il fallait expliquer aux divers cabinets, qui tous avaient accrédité des représentants dans cette ville1, les derniers événements, et s’assurer des dispositions des grandes puissances après le 20 mars. Puis, dans ces premiers jours, on s’efforça de procurer des secours à madame la duchesse d’Angoulême, à Bordeaux; à M. le duc d’Angoulême, dans les Pyrénées-Orientales; à M. le duc de Bourbon, qu’on croyait en Vendée. Plus tard, quand ces suprêmes espérances se furent dissipées, on eut des correspondances nombreuses et des émissaires dans le Midi, l’Ouest et le Nord, afin de provoquer une action royaliste à l’intérieur, pour ne pas tout devoir aux étrangers et pour les obliger à compter avec la royauté armée d'une force qui lui fût propre. A mesure que la politique des cabinets se dessina, il y eut des négociations à suivre avec les puissances, soit pour leur donner les explications qu’elles demandèrent, soit pour rendre la guerre moins onéreuse à la France, en leur rappelant que dans la déclaration du 25 mars, elles s’étaient engagées à traiter le Roi, et par conséquent son royaume, en alliés; soit enfin pour déjouer les intrigues que certains partis, et surtout le parti révolutionnaire, qu’on soupçonnait de vouloir substituer le duc d’Orléans au Roi, pouvaient essayer de nouer à Vienne ou à bondres. Enfin il fallut parler à la France, lui rappeler le passé, lui donner le programme de l’avenir, et arrêter les principales mesures qu’il y aurait à prendre lorsque le Roi remonterait

I . M. de lilaras écrivait le I n avril 1815 4 madame la duchesse d'Angouléme, alors encore en France : « Déjà le llol a vu accréditer à Garni auprès do lui le chevalier Stuarl au nom de l'Angleterre, le comte Porzo au nom de la Russie, M. Fagel au nom du roi des Paj s- lias. » [Papiers politiques de M. de lilacas.)

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