GAND : NÉGOCIATIONS DU ROI AVEC L’ESPAGNE
sur son trône. Cette nécessité de prendre un parti sur le langage à tenir se présentait avec un caractère d’urgence d’autant plus marqué, que presqu’eu arrivant à Gand, c’est-à-dire dans la première quinzaine d’avril, on avait fondé un journal sous le nom de Moniteur , dont la direction avait été confiée aux deux frères Berlin, obligés de fuir devant l’Empire renaissant. 11 est vrai que, sur la réclamation du gouvernement des l’ays-Bas, qui avait représenté qu’il ne pouvait y avoir deux Moniteurs dans son royaume ', on avait remplacé le premier titre par celui de Journal universel , mais ce n’en était pas moins l’organe ofliciel de Louis XVIII.
Le roi avait auprès des grandes puissances des représentants naturels : à Vienne, le prince de Talleyrand, qui assistait au congrès au moment du 20 mars; à Londres, le comte de la Châtre, ambassadeur de France, et le prince de Caslelcicala, ambassadeur du roi des Deux-Siciles, chargé de suivre auprès du gouvernement anglais une négociation active pour le déterminer à consentir à la déchéance de Murat, réclamée par la France et l’Autriche, négociation qui venait d’être couronnée de succès peu de temps avant le 20 mars. Bientôt madame la duchesse d’Angouléme, arrivant en Angleterre, prit la suprême direction de tous les rapports qu’eut la cour de Gand avec le gouvernement anglais. A Madrid, le prince de Laval, ambassadeur de Louis XVIII près la cour d’Espagne , devint l’intermédiaire naturel des instances de 1a cour de Gand auprès de Ferdinand VII pour qu’il envoyât une force auxiliaire à madame. la duchesse d’Angouléme à Bordeaux; puis, quand elle eut été obligée de quitter la France, au duc son mari. Lorsque
I. M. de Fagcl écrivait à ce sujet à M. de ISIacas ; • l.c conseil général île l’intérieur trouve des dilTkuités ù la publication d'un journal qui contiendrai! des actes officiels qui ne seraient pas ceux du gouvernement du pava où il s'imprime. Ccsl la seule objection au projet dont Votre Excellence m'a Tait l'honneur de m'entretenir. » Celle lettre est datée du 7 avril I81ù.
LES CENT-JOURS
le duc d’Angoulême, réduit à son tour à sortir de France, fut arrivé eu Espagne, ce fut lui qui devint l’intermédiaire des rapports du roi son oncle avec Ferdinand Vil.
Dès l’origine, il fut clair qu’on n’obtiendrait rien de la lenteur espagnole. Le 3 avril 1 813, le prince de Laval écrivait au comte de Blacas pour lui annoncer qu’il avait fait en vain les plus grands efforts pour décider l’Espagne à accorder à madame la duchesse d’Angouléme les secours qu’elle demandait, en insistant sur la nécessité de publier un manifeste dans lequel on déclarerait la guerre à Bonaparte sans la déclarer à la France, et l’on ajouterait que la plus exacte discipline serait maintenue ; qu’on observerait, quand l’armée espagnole entrerait en France, tous les égards dus à un pays ami, et que la couleur blanche s’unirait sur les drapeaux de cette armée auxiliaire à la couleur rouge de l’Espagne. « Cevallos, qui montrait-, quelques jours auparavant, des sentiments si animés pour le Roi, ajoutait tristement le prince de Laval, devient froid au moins en action. 11 oppose le manque d’argent, conteste l’authenticité de la déclaration devienne (celle du 25 mars), attend les dépêches du comte de Labrador et les résolutions des puissances européennes »
Des efforts de la même nature furent aussi infructueusement tentés pour obtenir les secours dont le duc d’Angoulême avait besoin dans les Pyrénées-Orientales. Le roi Louis XVIII avait écrit le 18 avril 1815 une lettre de sa main, dans laquelle il disait à Ferdinand : « Le duc d’Angoulême peut seul indiquer à Votre Majesté les véritables moyens de conduire la guerre d’après les principes solennellement adoptés par les États qui veulent agir comme mes alliés, et par conséquent comme des amis ii l’égard de mes sujets. C’est ce caractère que l’Ame de Votre Majesté et la générosité delà nation espagnole donneront