G AND : M. LAINÉ ET M. DE BLACAS
fussent l’expression d’une politique sérieusement délibérée, et personnifiée et résumée dans un président du conseil.
Ce fut là le véritable terrain du débat engagé à Gand, et qui devait se prolonger jusqu’au dernier jour de l’exil. En attendant qu’il fût vidé, M. de Blacas demeura le principal représentant du Roi pour la politique intérieure comme pour la politique étrangère : c’était à lui que s’adressaient les ministres des cours, les envoyés et les émissaires du Roi auprès des puissances étrangères, comme les correspondants et les visiteurs qui avaient à entretenir le Roi de la situation de la France et des mesures qu'il était opportun de prendre. La question ministérielle, demeurée en suspens, n’empéehait pas les questions de gouvernement d’étre mises à l’étude et résolues.
Parmi les conseillers qui eurent action sur les déterminations prises à Gand, il en est un dont l’histoire a ignoré jusqu’ici le nom, célèbre alors cependant, car il venait de jouer un grand rôle dans la Chambre des députés, dont il avait été président, puis à Bordeaux où il avait accompagné Madame la duchesse d’Angouléme : c’était M. Lainé. Cet homme d’un cœur si haut, servi par une parole si éloquente, n’avait pu, quoi qu’on ait dit, demeurer avec sécurité en France, après la protestation qu'il avait publiée à Bordeaux contre le retour de Napoléon, et l’appel au refus d’impôt qu’il avait jeté aux contribuables. 11 noua dès les premiers jours d’avril une correspondance avec M. de Blacas, dans laquelle il offrait au Roi ses services et exposait ses motifs pour quitter la France sans se rendre à Gand, où il servirait moins bien que partout ailleurs la cause royale '. « Le Roi a auprès de lui, disait-il, plusieurs serviteurs fidèles et éclairés, et peut-être convient-il que le rédacteur de ces notes soit réservé pour continuer, au premier
I. J’ai sous les yeux les originaux des lettres de M. Lainé : elles font partie <1 c la collection des Papiers poUiinues de M. de Blacas.
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