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moment, les fonctions qui lui sont dévolues1. Son crédit et son influence diminueraient beaucoup en France s’il se trouvait dans les lieux d’où les armées se dirigent contre la France, quoiqu’elles ne soient envoyées que contre son oppresseur. Ceux qui l’ont engagé à se soustraire momentanément à la tyrannie, Font pressé de vivre ailleurs dans la retraite comme ignoré, afin de se réserver pour le Roi et pour la France. » Cependant M.' Lalné, outre le concours de ses lumières, proposait ses services actifs pour toutes les négociations dans lesquelles il pourrait servir utilement la cause du Roi, sans compromettre le prestige moral de sa position. Voulait-on le charger d’une négociation avec l’Angleterre pour obtenir que les bâtiments pris sur les négociants de Bordeaux fussent restituês à leurs correspondants ? Préférait-on l’accréditer à Londres auprès de Madame la duchesse d’Angoulême, qui l’avait honoré de sa confiance, et le charger de suivre une négociation afin d’obtenir que la Martinique et les autres colonies françaises fussent immédiatement placées sous le gouvernement d’un prince français qui s’y rendrait, ce qui ôterait aux Anglais la tentation de s’en emparer? il était prêt. Il irait partout ailleurs qu’à Gand, parce que, utile ailleurs, il devenait inutile au centre des préparatifs et des armements européens.
Il parut cependant à Gand, mais personne, sauf M. de Blacas, ne fut dans la confidence de cette courte et mystérieuse apparition. Le samedi 29 avril, le comte de Blacas recevait la lettre suivante , discrètement apportée à l’hôtel qu’il habitait avec le Roi : « Arrivé ici depuis quelques heures, ma première prière est de vous conjurer de ne pas dire en voyant ma signature que je suis à Gand. Il importe fort au service du Roi, et peutêtre au bien de mon pays, que le président de la Chambre des députés soit ignoré et ne se trouve pas ici. Aussi bien ma des-