RETOUR DE 1.’|LE D'ELBE
conservées et le conduisit sur la route de Vizillo au-devant de l’Empereur. La scène qui s’était produite peu de temps
auparavant, lorsque le bataillon du îir de ligne s'était mêlé à la troupe venue de l’ile d’Elbe, se reproduisit sur une plus grande échelle : le 7e de ligne et les soldats qui accompagnaient l’Empereur fraternisèrent aux cris répétés de vive i Empereur , vive la garde, et Napoléon, recevant le jeune colouel dans ses bras, lui dit: « Colonel, c’est vous qui me remettez sur le trône *. » Toutes ces troupes réunies, et formant à peu près trois mille hommes, continuaient leur marche sur Grenoble, escortées de plusieurs milliers de paysans. Le général Marchand, craignant que l’exemple donné par le colonel Labédoyère n’eutratnût le reste des troupes, avait fait fermer les portes de la ville. 11 avait fait prendre les armes à la garnison, et avait ordonné de charger les pièces en batterie sur les remparts. Quoique accablé de fatigue, Napoléon, qui connaissait les dispositions de la ville et celles de la troupe par les rapports du capitaine Dumoulin, qui l’avait rejoint à Lailrey, et par ceux du colonel Labédoyère, attachait un grand prix à y entrer le soir même. C’était la première grande cité qu’il rencontrait, une ville fortifiée ; Grenoble