I. Mémorial de Suiiite-Hélhie
Hitl. de la Rettaur. U. JS
fiyi LES CENT-iOUKS.
l'ennemi sur le sol national, s’écria-t-il, rendra, je l’espère, aux députés le sentiment de leur devoir. La nation les a envoyés, non pour me renverser, mais pour me soutenir. Je ne les crains pas. Quelque chose qu’ils fassent, je serai toujours l’idole du peuple et de l’armée. Si je disais un mot, ils seraient tous assommés. Le patriotisme de la nation, sa haine pour les Bourbons, sou attachement à ma personne nous offrent encore d’immenses ressources, notre cause n’est point désespérée. »
Il avait repris sou ascendant, il dominait encore une fois sou conseil par son génie. Fouché lui-méme, il eu convint plus tard, le sceptique Fouché eut des éblouissements pendant cette fougueuse harangue. « Eu vérité, disait-il le soir à un homme déjà initié aux affaires dans lesquelles il devait jouer un rôle important1, ce diable d'homme m’a fait peur ce matin. Eu l’écoulant, je croyais qu’il allait recommencer, mais heureusement qu’ou ne recommence pas. »
C’étaient, en effet, les derniers restes d’une ardeur qui s’éteignait. L’Empereur parlait d’agir, mais il n'agissait pas; il n’avait, répétait-il, qu’un mot adiré, mais ce mot restait sur ses lèvres. 11 cherchait en vain à faire illusion aux autres etàse faire illusion à lui-méme. L’inexorable réalité venait le saisir au milieu deces rêves d’action, de résistance, de guerre nationale. La réalité, c'était l’ascendant de la Chambre qui avait avec elle, contre Napoléon, la nécessité de la paix, la lassitude universelle, les répugnances de la bourgeoisie pour les partis désespérés, le concours de la garde nationale assuré à toute combinaison qui pourrait garantir l’ordre, la paix, la protection des personnes et des biens. Pour prévaloir contre ces obstacles, il aurait fallu lâcher la bride aux fédérés, et lancer les faubourgs contre la Chambre; c’était là le mot que l’Empereur ue voulait