‹ Histoire de la RestaurationChapitre 289 sur 325 · NAPOLEON PAHLE ET LA OH A.MIIKE AGIT · texte numérisé non relu

NAPOLEON PAHLE ET LA OH A.MIIKE AGIT

pas, ue pouvait pas dire, lui qui s’était écrié : « J’ai été quinze ans le souverain de la France, je ne veux pas devenir le roi d’une Jacquerie. » L’année était trop loin pour jeter son poids dans la balance. Eut-elle été sous les murs de Paris, l’Empereur était moins sûr de son concours qu’il ne cherchait à le persuader à ses adversaires et même à ses amis. Les dispositions des généraux et des chefs étaient douteuses, comme le prouve une lettre écrite le lendemain à l’Empereur par le maréchal Soult : « Sire, disait le maréchal, j’ai prié M. le lieutenant général Dejean de se rendre immédiatement près de Votre Majesté pour l’instruire de la fermentation qui règne dans l’armée, surtout parmi les chefs et les généraux ; elle est telle qu’un éclat semble prochain, et l'on ne dissimule plus les projets anarchiques qu’on a conçus. Le général Pire disait aujourd’hui qu’avant quinze jours le gouvernement serait renversé. Cette opinion parait générale, et je suis persuadé que sur vingt généraux, il y en a dix-huit qui la partagent. Le général Piré est parti quelques heures après pour Paris avec une lettre du prince Jérôme , je ne lui eu ai pas donné l’autorisation. Le nom de d’Orléans est dans la bouche de la plupart des généraux et des chefs 1 . »

L’armée manquait donc à Napoléon comme tout, le reste. Les instruments se dérobaient sous sa main. Son activité se dépensait en vaines paroles, et le temps s’écoulait à l’Élysée en projets chimériquoment gigantesques et en agitations stériles.

Pendant qu’on s’agitait à l’Élysée, on agissait ailleurs. Le 21 juin, dès neuf heures du matin, les représentants étaient réunis dans le lieu de leurs séances. La foide assiégeait les tribunes et les couloirs, comme à l’approche d’un événement

* I. Lettre du maréchal Soult à l’Empereur, datée de Laon, le 22 juin 1816. On trouve cette lettre, in extenso, dans les Derniers Jours Je la rjranje arn.ie, tome II. page 603.

LES CENT-J0I ItS.

extraordinaire. L’affluence se faisait aux portes du palais Bourbon, le vide autour de l’Élysée, premier symptôme de la situation. Les députés se formaient en groupes animés dans l’hémicycle. Les nouvelles de la nuit circulaient ; les confidences douloureuses des aides de camp sur le caractère irrémédiable de la défaite, les paroles entrecoupées échappées au désespoir de l’Empereur, les détails les plus intimes de la délibération du conseil, circulaient de bouche en bouche. Il y avait moins de douleur que de colère sur les visages. La Chambre, sans se l’avouer à elle-même, recevait en quelque sorte comme une délivrance la nouvelle du désastre de Napoléon qui, en lui ôtant la crainte, l’affranchissait du respect. Dans les pensées qu’on échangeait et jusque dans la muette expression des visages, il y avait un sentiment qui dominait tout : « Malheur au vaincu ! »

A dix heures la séance s’ouvrit, Le général La Fayette était à la tribune. Il n’avait eu besoin de consulter personne sur la motion qu’il allait présenter; elle était trop conforme au courant des idées dominantes pour ne pas trouver concours et sympathie.

« Lorsque pour la première fois depuis bien des années, dit-il, j’élève une voix que les vieux amis de la liberté reconnaîtront encore, je me sens appelé à vous parler des dangers de la patrie que vous seuls à présent avez le pouvoir de sauver. Des bi uits sinistres s’étaient répandus, ils sont malheureusement confirmés. Voici le moment de nous rallier autour du vieux étendard tricolore, celui de 89, celui de la liberté, de l’égalité, de l’ordre public ; c’est celui-là seul que nous avons à défendre contre les prétentions étrangères et contre les tentatives intérieures. Permettez, Messieurs, à un vétéran de cette cause sacrée, qui fut toujours étranger à l’esprit de faction, de vous soumettre quelques résolutions préalables dont vous approuverez, j’espère, la nécessité :

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