DÉPART DE NAPOLÉON POUR SAINTE-HÉLÈNE
blesse, il ne peut rien contre personne et l’on peut tout contre lui. Fouché le domine, Manuel le brave, La Fayette exige impérieusement son abdication, la Chambre des Cent-Jours, qui n’a rien certes de la sauvage énergie de la Convention, le menace de la déchéance , et ne lui donne qu’une heure pour abdiquer. Louis XVI n’a pas été plus désarmé, plus inerte, plus inactif contre ses ennemis ; seulement, à cette heure d’affaissement irrésistible, d’impuissance fatale, où la faiblesse humaine est écrasée par la force des situations , Louis XVI ne s’attache ni à la puissance , ni à la liberté, ni même à la vie ; il accepte avec calme de^ mains de Dieu sa destinée , il se fait une majesté nouvelle de sa résignation, et il domine Napoléon de toute la supériorité de la vertu sur le génie, du saint sur le grand homme. Qu’on ne dise pas à cela que Louis XVI n’avait point perdu la bataille de Waterloo; il avait perdu la bataille du dix-septième siècle contre le dix-huitième, de la monarchie contre la révolution , de la religion contre l’incrédulité. Louis XVI aussi était un vaincu; seulement, tandis que le vaincu de Waterloo se prépare à monter sur les hauteurs prestigieuses de Sainte-Hélène, où il va se transligurer dans une espèce d’apothéose poétique, le vaincu du 21 janvier avait trouvé à ses adversités un refuge plus sublime sur ce calvaire où tout chrétien doit monter, humble disciple, à la suite de l’Homme-Dieu.