I. Il n’arriva à Angers que le II mars
02 RETOUR DR L’iLE D'ELBE.
Cette proclamation, qui appelait les Chambres d’urgence, sauf à indiquer, dès que leurs membres seraient en nombre à Paris, le jour de leur réunion, avait pour objet d’apporter à la royauté la force morale dont elles disposaient. On n’avait point oublié les éléments d’opposition qui s étaient produits dans la session, mais on pensait que la gravité des circonstances rallierait toutes les nuances à la cause royale, et que cette preuve des intentions constitutionnelles du ministère, jusque-là révoquées en doute, lui concilierait les esprits. L’ordonnance de convocation des Chambres, arrêtée à l’iinanimité dans le conseil dès le 6 mars, était suivie d’une ordonnance qui, déclarant Napoléon Bonaparte traître et rebelle, enjoignait à tous les gouverneurs de province et commandants de la force armée de lui courir sus et de le traduire devant un conseil de guerre, et, son identité constatée, de lui appliquer les peines portées par la loi. Tous les adhérents de Bonaparte qui ne l’auraient pas abandonné sous huit jours étaient enveloppés dans les mêmes peines.
La violence des termes de cette ordonnance dénonce la violence de la passion politique qu’excitait l’entreprise du redoutable évadé de l’île d’Elbe, cette espèce d’indignation qui naît de la surprise causée par une agression inattendue, et aussi l’émotion qui fait élever la voix aux hommes et aux pouvoirs faibles quand ils se sentent menacés, comme si , se rassurant eux-mêmes au bruit de leurs paroles, ils se persuadaient, en parlant haut, qu’ils sont en état de frapper fort. Au début, l’aventure du retour de l’ile d’Elbe parut à tout le monde, amis ou ennemis, un acte de témérité, presque un acte de démence 1 ; et rien i/irrite comme ces coups de folie qui viennent
I . Le comte de La Valette dit dan» se» Mémoires que, lorsqu'il apprit la nouvelle, il marchait « comme un homme ivre, en sc répétant : — Est-ce possible ! N'cst-cc pas un rêve ou la plus cruelle des plaisanteries ! • Il continue ainsi :
• Je donnai au duc de Ylcence la nouvelle que je venais de recevoir. Mais lui ,