‹ Histoire de la RestaurationChapitre 44 sur 325 · I . Cité par M. de Vitrollcs dans au Uêmoirei inédits · texte numérisé non relu

I . Cité par M. de Vitrollcs dans au Uêmoirei inédits

mrroia de i.'îlf. léiant:.

Ce but fut encore manqué. En vain le comte d'Artois se montra-t-il attable, bienveillant, chaleureux. Les troupes gardèrent un silence glacial. Le prince ayant invité un vieux dragon à crier vive le Uoi , celui-ci lui répondit: « Non, Monsieur. ». A partir de cette revue , le comte d’Artois ne conserva plus aucun espoir. 11 rentra triste et découragé à l’archevêché, et la conviction déjà formée dans son esprit fut confirmée par les détails qu’on lui apporta sur la manière dont les troupes avaient passé la nuit précédente. L’argent qu’il leur avait fait distribuer après sa visite aux casernes avait été employé à acheter du vin, qu’on avait bu à la santé de l’Empereur hautement acclamé. Les illusions n’étaient plus permises ; il n’y avait plus à compter sur la coopération des troupes. La présence de Napoléon produisait sur elles l’effet d’un aimant, l’attraction augmentait à mesure qu’il devenait plus proche.

On passa la soirée du 9 mars à proposer et à abandonner successivement tous les partis. Il n’y en avait plus de praticable. On venait d’apprendre l’entrée de Napoléon à Grenoble. Maître de cette ville , il marchait à la tête de sa garnison sur Lyon, dont la garnison lui appartenait d’avance. Le vieux comte de l'récy, qui commandait les Lyonnais àl’époque du siège de leur ville par l’armée révolutionnaire, proposa de couper les ponts du Rhône pour arrêter les impériaux. On écarta cette proposition, que les troupes de la garnison n’auraient sans doute pas laissé mettre à exécution. La nuit était venue. On se sépara sans arrêter aucune résolution; chacun emportait la conviction intime que la partie était perdue et que Napoléon serait à Lyon dès le lendemain. Le comte d’Artois, qui partageait cette conviction , avait pris la résolution de quitter Lyon dans la nuit même, pour ne point tomber dans les mains de Bonaparte. Dès neuf heures du soir, un officier d'ordonnance du comte Des Cars vint de la part du prince avertir M. Aynard Jordan, capitaine cdtnmandant le détachement de la garde nationale à

Page 1