‹ Histoire de la RestaurationChapitre 45 sur 325 · DÉPART DU COMTE D’ARTOIS POUR PARIS · texte numérisé non relu

DÉPART DU COMTE D’ARTOIS POUR PARIS

cheval établi à l'archevêché, que le prince remerciait cette garde de ses bons services, mais que ne connaissant pas d’une manière positive la durée de son séjour à Lyon, et ne voulant pas la fatiguer sans raison , il la priait de se retirer, évidemment le prince, qui avait pris la douloureuse résolution de partir la nuit même, ne voulait ni témoins du triste départ auquel le réduisait sa fortune, ni escorte de cavalerie, pour ne pas réveiller la ville au bruit du galop des chevaux. Le détachement, composé d’une douzaine d’hommes, se récria contre cet ordre bienveillant et persista à rester, en protestant que la garde nationale à cheval veillerait à la sûreté du prince tant qu’il serait dans les murs de Lyon. Après un intervalle de deux heures, vers minuit à peu près, un ordre itératif et cette fois formel fut apporté au capitaine commandant le poste ; il lui était prescrit de renvoyer immédiatement ses hommes chacun chez soi , sauf à les faire convoquer à domicile s’il lui était donné des ordres ultérieurs. Il fallut obéir. Les gardes nationaux à cheval se retirèrent la tristesse au cœur. A cinq heures du matin, le comte d’Artois monta en voiture pour partir. Un chef de bataillon de la garde nationale à pied qui n’avait pas reçu l’avis de se retirer avec sa troupe, M. Verdun, se trouvant là seul, monta à cheval et escorta le prince jusqu’au premier relai '.

t . Nous avons pu, après une minutieuse enquête faite à Lyon même, rétablir ces faits travestis par un historien qui a écrit l'histoire de celle époque, après une lecture assez complèlo des documents , mais sans aucun esprit critique , et au contraire avec le parti pris d’accepter toutes les versions favorables à l'Empire, défavorables à la monarchie. Or, en dehors det faits vrais du retour de l’ile d'Elbe, qui sont par eux-mêmes assez extraordinaires, il y a ce qu’on pourrait appeler la légende du retour de l'ile d'Elbe. Cette légende se compose de tous les faits apocryphes inventés par la politique do l'Empereur ou accrédités par l'esprit de parti des écrivains du temps. L'historiette des gardes natio naux à cheval refusant de fournir une escorte au comlc d'Artois est, on vient de le voir, complètement fausse. L'hislorlelle de la décoration donnée par l’Empereur au seul d'entre eux qui suivit le coude d’Artois est également controuvée. Aucun ne suivit le prince, parce qu’aucun ne put le suivre. M. Verdun qui l'accompagna, n’était pas, on l’a vu, dans la garde nationale à cheval. Il était chef n st de la Restaur. II. g

RETOUR DE I, ILE d’elbe.

Le maréchal Macdonald demeura quelques heures de plus dans la ville. 11 vint dans la matinée du 10 mars visiter les avant-postes qui étaient établis derrière une palissade élevée à l’entrée du pont de la Guillotière. Les ouvriers de la ville étaient mêlés en assez grand nombre aux soldats et fraternisaient avec eux. Le maréchal lit ajouter quelques planches à ce simulacre de défense; puis, comme on signalait l’avant-garde des hussards de la Vienne, qui avaieut quitté leur garnison pour venir rejoindre Napoléon, il se retira et quitta la ville vers midi, escorté par quelques dragons du 13' qui voulurent rendre ce dernier honneur à leur général. Le comte Roger de Damas, gouverneur de Lyon, ue quitta la ville qu’une demiheure après lui et courut de grands risques. Arrivé sur le quai de Pierre-Encise, il fut atteint dans sa retraite par l’avantgarde des hussards, qui s’étaient mis à sa poursuite pour le faire prisonnier. Le comte de Damas, le pistolet au poing, tantôt sc retournait pour les menacer, tantôt précipitait la course de sou cheval. On ne peut dire comment les choses

de bataillon de la garde nationale h pied, et il ne Tut pas décoré par l'Empereur, mais par I.ouis XVIII, à l'époque de la seconde Restauration, où il passa lieutenant-colonel. L’historiette des offres de service faites par la garde nationale à cheval à Napoléon après son entrée , et de la réponse faite par l'Empereur : « Nos institutions ne reconnaissent point la garde nationale à cheval, vous vous êtes si mal conduits d’ailleurs avec le comte d’Artois que je ne veux point de vous. • est une autre fahle destinée, à l'époque où les journaux bonapartistes la publièrent, à Huileries instincts démocratiques et à jeter le déshonneur sur les royalistes, moyens que la politique impériale nesc refusait pas, on le sait, contre ses adversaires. La véritC est que pas un garde national a cheval ne lit d’offre à Napoléon, et qu'il n'eut pas la peine de refuser ce qui ne lui fut pas offert. Il y a des gens, et M. de Vaulabelle est malheureusement du nombre, qui ne veulent pas comprendre que la France est asseï riche pour défrayer deux drapeaux de gloire et d’honneur, et qui oublient que , pendant que Desaix et Kléber étaient sous le drapeau tricolore, Cathelineau, Lescure et de La Roehejaquelein étaient sous le drapeau blanc. Jamais les fables que M. de Yaulabelle a accueillies n ont obtenu un moment de crédit à Lyon, où l'on avait vu les hommes et les choses de près, (.'est dans le tome II de son Histoire de ta Restauration , page 208 et suivant es que M. de Yaulabelle a consigné ces erreurs.

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