I. Himoirc* Inédits du baron do Vilrollea
RETOUR DE l’u.E D'ELBE.
tous les pouvoirs militaires dans les mains du maréchal. C’était une révolution de palais. Comme M . de Vitrolles se récriait contre un projet inadmissible en principe et qui n’aurait en fait pour résultat que de soulever les Chambres, d’indigner la famille royale, d’autoriser la défection de l’armée, le duc de Haguse lui répondit que la nécessité justifiait tout, et que ceux qui prendraient cette initiative seraient acceptés comme les sauveurs d’une cause désespérée.
Le spectacle des agouies politiques est triste. 11 arrive un moment où cette dissolution physique qui nous frappe dans les corps et soulève toutes nos répugnances se reproduit par analogie dans les choses morales. Parmi les généraux qui s’étaient chargés de défendre la royauté, il y en eut deux qui, alléguant le triomphe possible de Bonaparte et la ruine probable de leur famille, mirent à prix la continuation de leurs services , et tarifèrent leur dévouement à 200, 00Û francs. Ces 200,000 francs, dit M. de Vitrolles qui rapporte leurs noms, leur furent immédiatement comptés par le trésorier de la couronne ; la royauté, devenue taillable et corvéable à merci, payait ainsi sa rançon, sans se racheter d’une ruine inévitable. Les convoitises se hâtent auprès des règnes qui vont tinir. Un peu plus tarcT encore, et quand toutes les espérances militaires furent perdues, quelques hommes sinistres, prétextant l’ordonnance qui invitait tous les Français à courir sus à Bonaparte, se présentèrent : c’étaient des hommes de la première révolution, encore dégouttants de crimes, des aventuriers ardents à la curée, ou quelques hommes de passion politique. Aucun n’osa demander à faire sa proposition au l\oi ou au prince qui auraient repoussé jusqu’à l’idée d’un pareil dessein. Los ministres auxquels ils s’adressèrent refusèrent de les écouter '. Tout tenait cependant à 1a vie de celui