‹ Histoire de la RestaurationChapitre 80 sur 325 · Hémoira ini'dilt tlu baron de Vllrolt · texte numérisé non relu

Hémoira ini'dilt tlu baron de Vllrolt

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qui revenait en violant les traités et les lois, mais les ministres de la Restauration pensèrent qu’un gouvernement n’a que deux manières de se défendre : les lois ou les armes ; le guet-apens n’est pas un moyen, c’est un crime. •

À mesure que .Napoléon s’approchait de Paris, l’ébranlement qu’avait causé sa présence à toutes les troupes qu’il avait rencontrées se communiquait aux régiments réunis devant la' capitale. Dans la nuit du 18 au 19 mars, un détachement de gardes du corps, chargé de défendre le pont de Monlereau avec le concours d’un régiment de lanciers, se présenta aux T uileries. . A l’approche de l’Empereur, les lanciers, montant à l’ improviste à cheval , avaient chargé leurs auxiliaires sans défiance et s’étaient rendus maîtres du pont pour le livrer à Bonaparte, et ce n’était qu’après une retraite plusieurs fois troublée que le> gardes fidèles avaient pu atteindre Paris. En même temps, les nouvelles les plus alarmantes arrivaient de tous côtés. Le corps formé de la vieille garde, et qui était commandé par le maréchal de Bellune, s’était mutiné et avait méconnu la voix de sou chef bien-aimé ; la vie de celui-ci avait couru les plus grands dangers. Quelques officiers, envoyés au camp formé sous Villejuif, revinrent en disant que les soldats prenaient ostensiblement la cocarde tricolore, et parlaient de se mettre en marche pour aller au-devant de Bonaparte qui devait être à Fontainebleau. Les généraux en chef, interrogés, déclarèrent eux-mêmes qu’ils ne pouvaient répondre de leurs troupes, sur lesquelles ils n’avaient conservé aucun ascendant. La vérité apparaissait dans toute la lumière de l’évidence ; là où se présentait Bonaparte on ne pouvait compter sur la fidélité d’un seul régiment. 11 fallait donc accepter la situation telle qu elle était, et si l’on persistait à se défendre, on n’avait plus à opposer à l’armée que la maison du Roi et la population.

L’espèce de conseil qui se tenait en permanence chez M. de Blacas, et auquel assistaient les personnages les plus influents

RETOUR DE b'iLE D'ei.BE.

de l’ordre militaire et administratif, qui venaient, chaque jour, apporter ou chercher des nouvelles en ce lieu, n’adopta point ce parti qui parut désespéré. 11 était, cependant encore appuyé par l'autorité militaire du maréchid de Raguse et par celle du général de Bourmont, qui, arrivé de Lons-le-Saulnier dans la nuit du 18 au 19 mars seulement, insistait 9ur la possibilité de combattre , et développait ses idées à ce sujet dans le cabinet de Louis XVIII, le 19 mars, à sept heures du matin \ Quel que fût le résultat de cette résolution, elle était • . politiquement préférable à une retraite sans coup férir. 11 est beau de combattre, même avec la certitude de la défaite. On sauve souvent les causes en périssant pour elles, et tout valait mieux pour Louis XVIII qu’un départ clandestin qui devait laisser la capitale à Napoléon, sans que le Roi eût protesté en mêlant le sang des Bourbons à celui des Français, prêts encore à mourir pour leur cause. D’autres considérations prévalurent. On allégua les calamités qu’on pouvait attirer sur la capitale en acceptant la lutte contre l’armée, et ce motif, si puissant sur le cœur des Bourbons, décida Louis XVI II à partir, comme il avait décidé jadis Louis XVI à mourir.

Restait à choisir la route par laquelle on se retirerait et le

I . Notice pour servir à lu biographie de M. le maréchal comte de Bourmont. C«en, 1818. (Publiée par «on OU, M. Charles <le Bourmont. }

M. de Bourmont, au torlir de son audience, le 19 mars vers sept heures du matin, était occupé dans le cabinet du général Dessolle, commandant de la garde nationale, à tracer le plan le plus propre à défendre Paris conlre Bonaparte, lorsque M. de Vilrolles, alors ministre d'État, entra dans l'appartement et lui dit : • Toutes! fini, mon cher général; je quitte les princes. On ne pense pins qu’ii faire ses paquets; on a persuadé au Roi de partir, et S. M. quittera Paris la nuit prochaine. On empêche le Roi de tenler les chances d'un combat. ■ Ces quelques lignes, extraites de la uotice ci-dessus citée (pages 98-99), servent i tlxer d'une manière exacte le jour et l’heure ou la résolution de quitter Paris fut adoptée. M. de Bourmont avait été reçu pur le Roi à sept heures du matin le 19 mars; c'est deux heures après la lin de son audience que M. de Vltrolles lui tenait ce langage. C’est donc entre huit et neufheurcsdu malin, le 1 9 mars, que la résolution de quitter Paris fut prise.

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