l'upicrs itoUtii/iies de M. de filaca
2. l u passage de la uolc odleielle1 envoyée à madame la duchesse d'Augoulêuie cl aux puissances étrangères semble appuyer cette explication. • Dans la matinée du I î) mars, y est-fl dil. on sut qu'il n'y avait pas en axant de Paris un seul régiment sur lequel on pi'il compter. Ilicu ne pâmait donc arrêter l’onaparle, et il ne reslail plus au Uni qu’à se retirer avec sa maison militaire. » \Papicri politique» de M. de lilaeas, )
RETOCR DE L’iLE D’ELBE.
cacher jusqu'au bout la pénible nécessité à laquelle le Roi était réduit? Le 19 mars, à neijf heures du matin, le Roi, dont le parti était pris, lit appeler le duc de Uaguse qui avait le commandement général de sa maison militaire, et sans lui communiquer encore le but de sou voyage, lui remit un petit carré de papier sur lequel était écrit l’ordre de régler son départ à minuit, et de le transporter à Saint-Denis où il se réservait de lui donner ses ordres ultérieurs. Sur l’observation du maréchal que le Roi ne pouvait certainement songer à s’arrêter à Saint-Denis, et qu’il devait par conséquent étendre au delà le service de son escorte et la marche de sa maison, Louis XVIU1 écrivit, sur un autre carré de papier, l’ordre de le transporter de Saint-Denis à Beauvais, et le remit au maréchal. 11 se plaisait à conserver ainsi, au milieu de toutes les crises , cette régularité impassible de l’étiquette qui lui semblait faire partie de la dignité royale ; il ordonnait une fuite comme, quelques semaines avant, une promenade.
A midi, le Roi passa, au Champ de Mars , la revue de sa maison militaire. Il fut accueilli par les acclamations de ce corps d’élite, qui espérait encore combattre, et par celles de la population. Chose étrange et nouvelle peut-être sous le soleil de l’histoire pour laquelle il y a si peu de choses nouvelles! cette royauté malheureuse condamnée à fuir était saluée par les acclamations réservées d’ordinaire aux avènements. C’est qu’elle succombait, non sous l’hostilité de la population qui lui restait sympathique , mais sous la défection de l’armée entraînée par l’ascendant tout-puissant de son ancien chef. Le reste de la journée s’écoula en préparatifs troublés de quart d’heure en quart d’heure parles nouvelles qu’on recevait de l’approche de Bonaparte. Il fut décidé que les ministres suivraient le Roi : quelques-uns d’entre eux, en particulier le duc de Feltre, ayant une fortune personnelle trèsbornée, Louis XVII 1 lit payer par le trésor de la couronne cent