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Histoire de la Restauration

J. Formation du ministère royaliste. Situation de Yillèle — II. Complot de Belfort. — III. Lois sur la presse et snr la police des jonmanx. Débats à la Chambre des députés. — IV. Débats ^ la Ckambre des pairs. Adoption de ces lois. — Y. Affaire de Saumur. — YI. Le budget de 1882. — YII. Élections partielles. Attitude de la droite. — YIII. Seconde session de 1822. Loi de douane. Loi sur les canaux. — IX. Propagande des carbonari dans les régiments. — X. Le budget de 1823. Débat sur le réquisitoire du procureur général de Poitiers. — XI. Procès des conspirateurs. Les quatre sergents de la Rochelle.

I. Dès que Louis XVIII eut entre les mains la démission de Richelieu et de ses collègues, il pressa le dénûment de la crise. Il appela pour former un nouveau cabinet Yillèle et Corbière, qui étaient restés à Técart, déplorant la conduite de leurs amis et ne s'y opposant pas. Les noms de Blacas, Chabrol, Pastoret furent mis en avant, puis écartés pour divers motifis, II. 1

et le 15 le ministère nouveau fut ainsi constitué : Corbière à rintërieur, Villèle aux finances, le maréchal de Bellune à la guerre, Glermont-Tonnerre à la marine, le Tieomte de Montmorency aux affaires étrangères, et Peyronnet à la justice. On ne nomma pas de président du conseil, mais Villèle eut en réalité la direction du cabinet.

Villèle était devenu par son esprit net et politique, son intelligence des afiaires et la confiance qu'il inspirait aux hommes de finance, Thomme nécessaire. Il arrivait au pouvoir, a dit Guizot, par le grand chemin. La droite, reconnaissant sa supériorité, Facceptait, quoiqu'il évitât de partager ses passions et de se compromettre avec elle. Il la sei'vait avec finesse et habileté, attentif aux difficultés qu'il cherchait plus souvent à éluder qu'à résoudre, fort occupé des intérêts matériels et de la bonne administration, ne parlant, ne rengageant que quand il le fallait, et aimant en toute chose la réalité plus que l'éclat. Corbière lui prétait le concours de son dévouement personnel, de sa grande honnêteté, de sa pratique des affaires, de sa parole exercée toujours prête et souvent incisive ; mais une certaine rudesse, le peu de soin qu'il mettait à plaire, même au Roi, le peu de goût qu'il avait pour l'administration et pour la conduite d'un ministère, le condamnaient au second rang. Montmorency avait été choisi à titre d'ami du comte d'Artois. Grand seigneur d'une honnêteté proverbiale, il avait l'âme élevée, mais l'esprit ardent et étroit. Jadis constituant enthousiaste, il était devenu un des grands ennemis de la Révolution^ et l'un des principaux membres de la congréga"

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