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LIVRE XIV. — LA SESSION DE

naux libéraux avaient porté une atteinte sérieuse à sa première popularité.

yil. La session, qui avait été prorogée avant le sacre, fîit close définitivement le 13 juin 1825.

La grande préoccupation du ministère fut alors d^assurer Tezécution de la conversion et celle de la loi d'indemnité*

La conversion s^opéra lentement. Le délai de Top- Uon laissée aux rentiers avait été fixé au 5 août. Or les rentiers, mécontents et la plupart embarrassés du parti qu'ils auraient à prendre, se pressèrent peu. On aecusa aussi les banquiers, qui n'avaient pu foire accepter à l'État leurs services dans les conditions qu'ils auraient voulues, de peser sur les cours. Les journaux propagèrent l'incertitude et le mécontentement, et Chateaubriand prit à tâche de critiquer les opérations comme il avait critiqué la loi. Enfin le 5 août à minuit les registres furent clos. 30,688,000 livres de rente étaient converties.

Yillèle put triompher en constatant la réalisation de ses calculs, mais il ne fut pas déchargé des soucis que l'opération lui causa* Le 3 août, le 3 pour 100 était â 75 fr. 50 c. et le 5 à 102. Dès le lendemain les deux fonds commencèrent à baisser, et la baisse ne cessa de £aire des progrès jusqu'au mois de novembre, où le 3 tomba jusqu'à 60 fr. et le 5 à 90. Parmi les causes de cette baisse, causes multiples comme toujours, la principale parait avoir été l'effondrement du marché anglais sous le poids d'émissions trop considérables et de besoins d'argent excessifs.

la reconnaissance de Tindëpendance des colonies pagnoles par Georges lY ayant jeté Tindustrie et le commerce britanniques dans une série d^entreprises prodigieuses et démesurées. Il est certain que les fonds anglais baissèrent beaucoup plus que les fonds français. Néanmoins il n'est pas douteux non plus que la conversion d'une masse de rentes considérable pour le temps n^ait influencé la Bourse de Paris d*ane manière fâcheuse, qui perpétua le mécontentement, les polémiques, et ajouta une nouvelle cause d^ébranlement à celles contre lesquelles le ministère luttait déjà.

Villèle termina dans ce même temps, le 12 août, une négociation importante, la reconnaissance de la république de Saint-Domingue. Or la question de Saint-Domingue se liait à celle des colonies espagnoles qu'il faut reprendre de plus haut.

Ganning avait fait décider par le conseil de Georges lY, au mois de juillet 1824, que les questions relatives à TAmérique espagnole seraient réglées désormais par le cabinet anglais sans tenir compte des opinions ou des désirs soit des puissances continentales, soit de l'Espagne, mais uniquement en raison de la situation intérieure de chacun des États américains et en vue des intérêts britanniques. Il entra immédiatement en négociation avec Buenos-Ayres', et quelques mois après avec le Mexique et la Colombie.

C'était pour lui une revanche prise sur la France. « J'ai trouvé, dit-il au Parlement, une compensation pour l'invasion de l'Espagne, pendant que je laisse à la France un fardeau dont elle voudrait bien se débarrasser et qu'elle ne peut porter sans se plaindre. »

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