‹ Histoire de la RestaurationChapitre 100 sur 256 · LJVRE XIV. — LA SESSION DE · texte numérisé non relu

LJVRE XIV. — LA SESSION DE

1826. Mais ils auront beau courir ainsi après Tavantgarde du parti, ils ne le rattraperont que le jour où ils se rejoindront au bord du précipice ^ »

YI. Charles X attachait au sacre une importance extrême. Louis XYIII, qui y en attachait moins, y aTait pourtant beaucoup songé, le différant d'abord a cause de Foccupation étrangère, puis de sa mauvaise santé. Charles X tenait à rétablir la ti^adition sur ce point et à plaire au parti religieux.

Toutefois il tenait aussi à ce que le sens de cette cérémonie fût nettement défini. L'archevêque de Reims Latil fit un mandement déclarant en termes exprès que le Roi tenait la couronne de ses ancêtres, et qu'en demandant la consécration de TÉglise, il voulait obtenir les grâces nécessaires pour remplir les devoirs que ses droits lui imposaient. La question de principe ainsi fixée, on régla les formules des divers serments, en supprimant Tancienne promesse d'extirper et d'exterminer Thérésie, et en y ajoutant celle d^ observer fidèlement la charte constitutionnelle. Il fut convenu que le Roi, qui prêtait serment comme grand maître des ordres du Saint-Esprit et de Saint- Louis, le prêterait encore comme grand maître de Tordre de la Légion d'honneur. Des maréchaux durent remplacer les grands vassaux de la couronne. Moncey, le plus ancien, dut porter Tépée de connétable ; Soult, Mortier et Jourdan, le sceptre, la main de justice et la couronne.

' DuvBAoïKA WL Uauranjik, t. VI II, p. 216, 217.

La cérëmonie, ainsi rëglëe, eut lieu le 29 mai dans la cathédrale de Reims avec un éclat extraordinaire qui surpassa tout ce qui s'était jamais vu. Les ambassadeurs étrangers y rivalisèrent de magnificence ; les princes y assistèrent avec de nombreuses députations des deux Chambres et les délégations de tous les grands corps de TÉtat.

Ce fut Toccasion d'une infinité de promotions dans les ordres royaux, de grâces de tout genre, et d'une amnistie pour beaucoup de condamnés politiques. Yillèle voulut que les ministres se tinssent efiEeicés et ne reçussent d'autres Saveurs qu'une simple promotion dans la Légion d'honneur.

Le lendemain 30 mai , le Roi procéda à la récep* tion solennelle des chevaliers de l'ordre du Saint- Esprit.

Grèce à ces précautions habiles, le sacre ne dut causer d'ombrage sérieux à aucun parti. Mais on ne put empêcher la presse opposante de l'exploiter, de le critiquer et de le dénigrer. Pendant que Lamartine et Victor Hugo le célébraient en vers inspirés, Béranger le chansonnait, et Chateaubriand, qui s'était fait autre* fois le promoteur de l'idée, mit dans sa mauvaise humeur une àpreté extrême à faire ressortir les contradictions du passé et du présent. L'effet ne fut donc pas aussi heureux qu'on l'eût voulu.

Le 6 juin, Charles X, revenant à Paris, y fit dans la voiture toute dorée du sacre une entrée solennelle. Malgré l'éclat et la solennité dont il s'entoura, malgré les fêtes de tout genre qui suivirent, il fut accueilli avec assez de fi^oideur. Les attaques répétées des jour-

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