‹ Histoire de la RestaurationChapitre 103 sur 256 · LIVRE XIV. -- LA SESSION DE i8S5. Si · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. -- LA SESSION DE i8S5. Si

sait le contre-coup des ëvénements d'Espagne. Deux tentatives des absolutistes avaient eu lieu contre le roi Jean YI, avec la connivence de son fils don Miguel ; il y échappa, aidé par les Anglais et par les habiles eonseils du résident français, Hyde de Neuville, qui, ayant appartenu à Textréme droite, encourut pour ce motif les rancunes de son parti.

Un fait plus important pour la politique générale fut la reconnaissance de Findépendance du Brésil par la couronne de Portugal, le 29 août 1825. La scission était consommée depuis longtemps. Jean YI la consacra en donnant pour souverain au nouvel État son fik don Pedro, qui prit le titre d'empereur.

YIII. Les affaires d'Orient avaient remplacé celles d'Espagne dans les préoccupations publiques. Toute l'Europe s'intéressait à la guerre des Grecs contre les Turcs, guerre inégale où les Grecs, ces Yendéens du christianisme , suivant l'expression de madame de Duras, montraient un héroïsme à peu près inattendu, et où les Turcs commettaient des actes d'affreuse barbarie. Les esprits se passionnaient pour ce petit peuple ignoré, qui , luttant contre des forces très-supérieures avec une ténacité inébranlable, en dépit des divisions de ses propres chefe, rappelait au monde ses glorieux souvenirs vieux de plus de vingt siècles. En 1822 et en 1823, il avait chassé deux armées turques de la Morée; en 1824, il avait tenu en échec l'armée égyptienne d'Ibrahim, organisée et disciplinée par des officiers européens et des Français vétérans des guerres de l'Empire. Sur mer il prenait l'offensive avec

un succès presque constant, grâce à Texcellence et à la hardiesse de ses marins ; les brûlots des Canaris et des Miaulis incendièrent plusieurs fois des navires ottomans.

La cause des Grecs était devenue partout le thème fiEivori des poëtes et celui des orateurs à effet. Les comités philhellènes qui s'étaient formés dans tous les États enrôlaient et formaient des volontaires. Lord Byron avait donné un brillant exemple en consacrant à la Grèce son génie poétique et en lui sacrifiant les débris de sa fortune ; il était allé mourir à Missolonghi le 19 avril 1824. On citait parmi les aventuriers connus qui avaient mis généreusement leur épée au service de cette noble cause Santa-Bosa, fils du ministre piémontais, et le colonel Fabvier, épave des insurrections militaires du règne de Louis XVIIl.

Néanmoins Théroïsme des Grecs, réduits à euxmêmes, n'aboutissait qu'à prolonger une lutte meurtrière. Les Turcs avaient repris en 1822 Tlle de Chic, devenue célèbre par les massacres qu'ils y commirent; en 1824, Ibrahim reprit celle de Candie. Le sultan Mahmoud, repoussant les conseils des puissances, ne voulait entendre à aucune intervention de l'Europe entre la Porte et des sujets rebelles.

L'empereur de Russie ne cessait de répéter aux ambassadeurs des autres puissances qu'il était prêt à soutenir la cause de l'indépendance hellénique, mais qu'il n'agirait pas isolément. Il eût voulu recevoir de l'Europe la mission de pacifier l'Orient. Rebuté par les jalousies de rAutriche et de l'Angleterre, il se tournait par moments du côté de la France. II fit quelques

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