LIVRE XV. — LA SESSION DE 18J
vait satisfiEiire et qui lui devenait d'autant plus hostile que la feiblesse du cabinet s'accusait davantage. Il se trouvait dans une de ces situations où Thabileté et les ménagements ne suffisent plus ; l'abstention plus ou moins forcée à laquelle il se résigna ne fit qu'enveoimer le mal. Le pays, a dit Guizot un peu méchamment, mais non sans vérité, ne savait plus où on le menait, et Yillèle et son parti arrivaient à ne plus savoir comment vivre ensemble.
Donc les troubles religieux continuèrent. Les missions furent encore inquiétées à Lyon et à Brest (octobre). Partout où les missionnaires paraissaient, les libéraux, obéissant à un mot d'ordre, demandaient la représentation de Tartufe. A Brest, une répression sévère fiit nécessaire. A Paris, la mort deTalma, qui voulut être enterré civilement, donna Heu à une manifestation antireligieuse. Trente mille personnes, si l'on prend le calcul le plus modéré, suivirent son cercueil. Le public n'était plus occupé que des Jésuites et des incidents que la polémique religieuse soulevait journellement. On se passionnait pour les procès de presse, dont le nombre allait croissant. La magistrature prononçait des condamnations assez fréquentes ; mais son indépendance reconnue était exploitée par les libéraux, dont les journaux ne manquaient pas d'élever aux nues les plaidoyers des moindres avocats. C'était d'ailleurs pour le gouvernement une situation singulière que celle d'être perpétuellement discuté à la même barre où il citait ses adversaires.