‹ Histoire de la RestaurationChapitre 129 sur 256 · LIVBE XV. — LA SESSION DE 1826. 26S · texte numérisé non relu

LIVBE XV. — LA SESSION DE 1826. 26S

choses ëtait souverainement dangereux pour le gou- Temement et même pour la religion. Il accusait donc ceux qu'il appelait les fanfarons de dévotion. Le seul moyen de salut ëtait, selon lui, de revenir aux articles de 1682 sans réserve aucune, et de maintenir ou de rétablir tous les anciens droits de TÉtat. Enfin il dénonçait formellement à la cour de Paris les congrégations religieuses et politiques qui s'étaient formées contrairement h la loi, rétablissement des Jésuites à Montrouge et les mandements de plusieurs évéques qui avaient loué leur institution, la doctrine ultramontaine développée par de Maistre et de Lamennais et soutenue dans une adresse signée de plusieurs prélats, Tomission de renseignement des quatre articles dans les écoles et les séminaires, outre une multitude d'envahissements ecclésiastiques particuliers dont il était prêt à fournir les preuves.

On peut juger quel orage souleva cette déclaration, émanant d'un royaliste qui se disait ami de la religion et du clergé. Elle fit éclater les polémiques les plus passionnées et les plus violentes. On remarqua dans cette bagarre Tattitude du journal le Globe, qui avait acquis une grande autorité, grâce au talent et au savoir de ses rédacteurs. Il soutint que la liberté des opinions devait être absolue, que l'ultramontanisme était une opinion ayant les mêmes droits qu'une autre, et il prétendit que les Jésuites devaient avoir la liberté d'écrire et d'enseigner.

Une consultation de quarante des principaux avocats de Paris, rédigée par Dupin, établit que l'Etat avait toujours le droit d'autoriser les associations ; que

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les doctrines ultramontaines étaient libres en tant qu'opinions, que les désirs ou les vues d'envahissement du clergé ne constituaient pas un délit, et qu^on ne pouvait poursuivre que les atteintes aux lois. Quant à l'observation des quatre articles, Tauteur de la pétition ne pouvait s'adresser qu'au gouvernement.

La cour royale délibéra le 16 août sur la proposition Montlosier. Le procureur général , Jacquinot de Pampelune (il avait récemment remplacé Bellart, mort à la tâche), conclut qu'elle devait déclarer son incompétence. Elle adopta ces conclusions, mais elle y ajouta, à la majorité de 40 voix contre 15, un considë* rant portant que l'état actuel de la législation s^opposait formellement au rétablissement de la Société dite de Jésus, sous quelque forme qu'elle se présentât ; que les principes sur lesquels étaient fondés les arrêts et édits qui la repoussaient étaient plus respectables encore avec la Charte constitutionnelle qu'avec les anciens gouvernements ; qu'enfin, avec la législation existante, il n'appartenait qu'à la haute police du royaume de dissoudre les établissements, agrégations ou associations formés au mépris des arrêts, édits, lois et décrets.

C'était mettre le gouvernement en demeure d'agir, ce qu'il ne voulait pas feire. Les ministres venaient de prendre (le 9 juillet) la résolution d'achever le projet de loi qu'ils préparaient contre la presse. Us jugèrent la niesure suffisante. Yillèle, assez découraçé, comme le prouvent les notes de son journal, se condamnait à une sorte de prudence passive. Il cherchai^ à ménager le parti religieux, que cependant il ne pou-

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